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Faire un pas vers les communautés autochtones à Cacouna

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À la pointe de Cacouna, plusieurs membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk ont accueilli les visiteurs afin de souligner la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Cette année, le public était invité à vivre une immersion en réalité virtuelle dans un pensionnat et à se mettre dans la peau de William, un jeune Autochtone de cinq ans.

La journée du 30 septembre, symbolisée par le port du chandail orange, vise à commémorer les victimes des pensionnats et les enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux. À Cacouna, le drapeau Every Child Matters, ou Chaque enfant compte battait au vent en solidarité avec les autres communautés autochtones.

D’après la coordonnatrice à la culture pour la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, Caroline Pigeon, cette expérience permet de mieux comprendre ce que les enfants autochtones ont pu vivre dans le système des pensionnats, coupés de leur famille et de leur culture.

Caroline Pigeon porte le chandail orange de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Caroline Pigeon, coordonnatrice à la culture pour la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Le visionnement de toutes les capsules, avec un casque de réalité virtuelle, dure une trentaine de minutes. Il y en a qui sont très bouleversés par cette expérience, mais je pense que [ça permet] de comprendre réellement ce qui s'est passé. Ça amène une meilleure sensibilité, une plus belle réflexion peut-être, et de vouloir en apprendre davantage sur les cultures, explique Mme Pigeon.

Elle estime que cette approche d’éducation devrait se dérouler tout au long de l’année, pas seulement à l’occasion du 30 septembre. Caroline Pigeon rappelle que les communautés autochtones vivent encore des répercussions de ces blessures du passé.

Un passé encore méconnu

L’histoire dramatique des pensionnats au pays est encore méconnue, selon la chargée de cours en culture autochtone à l’Université du Québec à Rimouski et Innue de Mashteuiatsh, Marie-Émilie Lacroix.

Les différences entre les pensionnats que les Québécois ont vécus et les pensionnats que les Autochtones ont vécus sont énormes. Il y avait un but spécifique avec les pensionnats autochtones : c’était de tuer l’Indien chez l’enfant. C’était de tuer la culture, mais pas chez les Québécois. On ne tuait pas la culture et on ne brisait pas les familles. Je trouve ça très, très important à faire savoir, a souligné la chargée de cours en culture autochtone à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Marie-Émilie Lacroix, au micro d’Info-Réveil, mercredi.

Elle invite la population à faire un pas vers les communautés autochtones, tout comme la cheffe des gardiens du Wolastokuk, Caroline Morais. Celle-ci estime qu’il est important d’aller à la rencontre des Premières Nations le 30 septembre pour ouvrir la discussion et s’engager vers une véritable réconciliation.

[Il faut] se souvenir, porter une réflexion sur les pensionnats, sur les enfants qui sont allés en pensionnat, les survivants aussi, puis aussi les traumatismes intergénérationnels que ça a pu laisser dans toutes les communautés des Premières Nations qui l'ont vécu.

Caroline Morais porte le chandail orange de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

La cheffe des gardiens du Wolastokuk, Caroline Morais, à Cacouna

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk n’ont pas été touchés directement par le drame des pensionnats autochtones. Ils ont toutefois vécu, eux aussi, une forme d'assimilation culturelle. En 1870, la communauté a perdu la terre de la réserve de Viger. Ses membres ont été dispersés un peu partout au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Avec les informations de Raphaëlle Ainsley-Vincent

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