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Quatre administrateurs de la Coopérative de solidarité et de développement social et économique de Mont-Saint-Pierre ont démissionné le 21 août dernier, lors de l’assemblée générale annuelle (AGA) de la Coopérative.
Selon un document présenté lors de la réunion, dont Radio-Canada a obtenu une copie, une résolution a été adoptée pour rendre effective la démission de Jean-Sébastien Cloutier, président, Katia Normand, vice-présidente et secrétaire, Steeven Bernatchez, trésorier, et Charles-Alexandre Lépine, directeur général, à compter du 21 août.
Ce même document indique qu’une résolution autorisant la cession des biens de la Coopérative conformément à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité et mandatant la firme Raymond Chabot Grant Thornton à entreprendre les démarches nécessaires a également été adoptée.
Joint au téléphone, le président de la Coopérative, qui est également responsable de la Station de montagne sur mer, Jean-Sébastien Cloutier, a refusé d’accorder une entrevue à ce sujet. Il a ajouté ne pas souhaiter commenter en raison de la dissolution du conseil.
La vice-présidente, Katia Normand, n’a pas non plus souhaité accorder d’entrevue. Elle considère que tout a déjà été dit.
Portes closes
Des citoyens de la Haute-Gaspésie ont rapporté à Radio-Canada s’être fait refuser l’accès à l’AGA, tenue à l’édifice municipal de Rivière-à-Claude, le 21 août dernier. Radio-Canada s’est également fait refuser l’accès à la séance, dont les portes ont été verrouillées dès le début de la réunion.
Marie-Pier Bédard, résidente de Mont-Saint-Pierre, affirme qu'elle était sur la liste des membres lorsqu'elle est arrivée à la rencontre, bien qu’elle ait tenté d’annuler son adhésion en 2024.
En 2024, je n’avais jamais eu de retour à mon courriel, raconte-t-elle. J’étais effectivement sur la liste des membres, donc je comptais encore comme membre, mais quand j’ai nommé ça à la porte, on m’a dit : "Puisque vous ne voulez plus être membre, vous n’assisterez pas à l’assemblée générale annuelle.
Je crois qu’il y avait une certaine crainte de la part des administrateurs que ça tourne mal.
Elle a finalement suivi la rencontre dans le stationnement de l’édifice municipal, via un lien de visioconférence, en compagnie de plusieurs autres citoyens, sans possibilité de poser de questions au conseil d’administration.

Marie-Pier Bédard, résidente de Mont-Saint-Pierre, n'a pas pu assisté à la rencontre. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre
Le député d'Orford, Gilles Bélanger, résident de Rivière-à-Claude depuis deux ans, souhaitait assister à l’assemblée générale annuelle pour accomplir son devoir de citoyen. Il trouvait aussi que le projet de la Station de montagne sur mer avait le potentiel d’être porteur pour la municipalité de Mont-Saint-Pierre.
M. Bélanger, n’étant pas membre de la coopérative, a tenté de le devenir à la porte. Cependant, il dit s’être fait expliquer que l’assemblée était destinée aux membres déjà établis.

Gilles Bélanger réside à Rivière-à-Claude depuis deux ans, mais il est également député de la circonscription d'Orford, en Estrie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Je n’ai pas voulu argumenter. Je respectais leur décision parce que je n’étais pas tout seul. Quelqu’un m’a dit qu’on pouvait y assister [en ligne]. C’est ce qu’on a fait. On est restés dehors et on y a assisté, relate-t-il.
Sur la défensive
Tant Mme Bédard que M. Bélanger ont déploré le ton adopté par les administrateurs lors de la séance, qu’ils ont suivi à distance. Gilles Bélanger le qualifie de défensif.
On n’est plus au moment où il faut chercher un coupable et blâmer. Il faut être constructif.
Il ajoute que, selon lui, la sélection d’un lieu à Rivière-à-Claude plutôt qu’à Mont-Saint-Pierre n’est pas anodine. Il y avait peut-être un enjeu que ça ne se tenait pas dans la municipalité où le projet a été développé. Je pense qu’il faut être prudent au niveau de la méfiance. Il faut être plus constructif, affirme M. Bélanger.

L'assemblée générale annuelle s'est déroulée dans une salle de l'édifice municipal de Rivière-à-Claude. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Pour lui, la situation ne devrait pas être à l’étape des blâmes, mais plutôt à celle de trouver une solution.
Marie-Pier Bédard souligne avoir constaté beaucoup de récriminations envers la municipalité lors de la réunion. C’est comme si on perdait de vue qu'à la base, en 2024, il y avait des choses qui ne fonctionnaient pas dans le plan financier, affirme-t-elle.
Je ne peux pas m’empêcher de trouver un peu ironique le fait que la Coopérative reproche à la Municipalité son manque de communication, son manque d’écoute et la difficulté d’avoir des rencontres avec elle parce qu’en tant que membre de la Coopérative, c’est exactement ce que j‘ai vécu tout au long de ce projet-là.
Elle aurait souhaité que l’assemblée générale annuelle soit plutôt le théâtre d’une réflexion collective.
J’aurais aimé qu’on s’empare de ce morceau-là qui n’a pas fonctionné et qu’on se demande comment on a pu, en tant que village, se faire un peu avoir par de gros rouages structurels en tourisme qui sont inatteignables et qui ne fonctionnent pas, lance-t-elle.
Elle pointe du doigt la façon générale de réfléchir les projets touristiques au Québec.
C’est là-dessus que j’aimerais qu’on mette notre colère au lieu de s’entre-déchirer dans le village.
Le maire de Mont-Saint-Pierre, Magella Émond, a indiqué à Radio-Canada vouloir s’entretenir avec le conseil municipal avant de commenter le dossier.


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