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Face aux violences policières contre les lycéens, les adultes invités à venir faire barrage aux forces de l’ordre

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France 05/10/2026 17:55 Actualisé le 05/10/2026 21:47

Plusieurs lycéens ont été grièvement blessés par les forces de l’ordre depuis le début du mouvement de contestation, jeudi 17 septembre.

Un lycéen déguisé en requin fait face à une rangée de policiers devant le lycée Gustave Eiffel de Bordeaux, le 5 octobre 2026.  Photo by Christophe ARCHAMBAULT / AFP

CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Un lycéen déguisé en requin fait face à une rangée de policiers devant le lycée Gustave Eiffel de Bordeaux, le 5 octobre 2026. Photo by Christophe ARCHAMBAULT / AFP

EN BREF • Plusieurs lycéens ont été blessés par les forces de l’ordre lors des manifestations, suscitant l’indignation des syndicats et politiques.
• Des appels sont lancés pour que les adultes protègent les lycéens en manifestant à leurs côtés avec des casques blancs.
• La CGT et la FCPE soutiennent cette initiative pour prévenir les débordements.

« Se faire arrêter, c’est une chose, se faire tabasser, c’en est une autre. » Ces quelques mots, recueillis vendredi 2 octobre par l’AFP auprès d’une professeure du lycée Guillaume-Budé à Limeil-Brévannes, font écho aux voix, de plus en plus nombreuses, qui s’élèvent pour dénoncer la violence de la répression policière mise en place lors de la mobilisation lycéenne qui continue ce lundi 5 octobre.

Jeudi 1er octobre, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, rapportait sur France 2 que 170 élèves et 65 membres du personnel avaient subi des blessures depuis le début du mouvement, dont certains grièvement.

C’est le cas d’un lycéen de 15 ans qui a eu la main arrachée ce lundi 5 octobre lors d’une manifestation à Lens. L’adolescent aurait voulu ramasser une grenade de désencerclement lancée par les CRS. Jeudi 1er octobre, un jeune de 16 ans a perdu l’usage de son œil alors qu’il participait au blocage de son établissement à Tours. Il aurait reçu une grenade lacrymogène en plein visage. Une enquête a été ouverte et sa famille a déposé une plainte. Quelques jours plus tôt, le 28 septembre, un adolescent aurait quant à lui été touché par un tir de lance-grenades à bout portant, qui lui aurait cassé plusieurs dents et aurait entraîné une double fracture de la mâchoire.

Des violences policières qui indignent, notamment les syndicats et l’aile gauche de la scène politique. Le député écologiste Pouria Amirshahi a appelé, samedi 3 octobre, « tous les adultes, les parents » à venir manifester aux côtés des lycéens, « casque blanc sur la tête », pour montrer « que nous refusons la répression de ces manifestations pacifiques ».

Une idée reprise quelques heures plus tard par Jean-Luc Mélenchon. « J’invite les adultes et les parents à se mettre un casque ou un brassard blanc et à entourer les manifestations. On a un devoir de protection à leur égard. Si on le fait, je pense que ça aidera à ce que ça se passe bien », a déclaré le candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle de 2027, en marge de la Pride.

« Bien sûr, on est favorable à cette proposition, mais au-delà de la couleur portée, on demande surtout à tous les secteurs de venir nous soutenir et nous défendre », assure au HuffPost Éloïse Lefebvre Milon, secrétaire générale de l’Union étudiante (UE).

Un message entendu par la CGT. « Les militants et les militantes seront là pour protéger les lycéens et les lycéennes parce que nous avons été scandalisés de ce que nous avons vu depuis 10 jours et de cette répression inédite que le gouvernement a organisée », a annoncé Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat, ce lundi 5 octobre sur le plateau de TF1.

La Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques a également annoncé sa présence dans les cortèges pour « éviter tout débordement et toute violence policière disproportionnée ».

« Ils observent et font barrage »

Une stratégie qui aurait déjà montré ses preuves, mais qui a commencé bien avant l’appel des politiques, rappelle Éloïse Lefebvre Milon. Elle cite notamment Lille en exemple, où une coordination avec la LDH et la FCPE est en place depuis plusieurs jours.

« Via des groupes WhatsApp, les parents d’élèves ou des membres des syndicats se passent le mot sur les lycées où les tensions sont les plus fortes. » Une fois sur place, les adultes jouent un rôle de médiation et de vigies face aux forces de l’ordre. « Ils filment les policiers, ils rappellent aux lycéens leurs droits et ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire. Ils observent et font barrage », explique-t-elle.

Dans les Pyrénées-Orientales aussi, les parents sont invités à se mobiliser ce mardi 6 octobre et à servir, « dans la mesure du possible, d’interlocuteurs entre les lycéens et les forces de l’ordre », précise Corinne Pansier, secrétaire générale de la FCPE 66, au micro d’Ici. Elle évoque la peur des bavures des forces de l’ordre. « Nous avons vu la semaine dernière les violences et les débordements policiers ».

Au micro de RMC, Djamila Senoussi, présidente de la FCPE de Haute-Savoie, parle elle aussi de la crainte des violences et relaie l’appel en s’appuyant sur l’expérience vécue vendredi 2 octobre à Annecy. « J’étais avec une autre maman sur place. Nous avons essayé d’interpeller les émeutiers. Nous avons pu les identifier. On a peur, en tant que parents, qu’il y ait des dérives. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de l’ensemble des parents sur le terrain. »

Sabrina, mère de deux lycéens, interrogée à ce sujet par la station de radio, sera elle aussi dans la rue mardi. « C’est comme pour toutes les manifestations : plus on est nombreux, plus on y arrive. En tant que parents d’élèves, il faut mettre en place des choses et essayer d’offrir le maximum à ces jeunes-là. »

Pour l’heure, le gouvernement ne semble pas disposé à changer sa politique de maintien de l’ordre et continue de dénoncer les débordements commis aux abords des établissements scolaires, lesquels ne sont parfois pas le fait des lycéens eux-mêmes.

Sur X, dimanche 4 octobre, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a réfuté toutes violences, affirmant que les forces de l’ordre « ne répriment pas la jeunesse mais protègent et encadrent les élèves et étudiants qui veulent porter pacifiquement leurs revendications. » Après les casques bleus de l’ONU, bientôt des casques blancs devant les lycées ?

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