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Affichant avec fierté sa qualité de «milliardaire» et se disant «très concentré sur le business», l’homme d’affaires conservateur de 52 ans a défendu, devant une commission d’enquête sénatoriale, ses deux structures philanthropiques, le Fonds du bien commun et le projet Périclès.
Cette fois-ci, Pierre-Édouard Stérin a répondu à la convocation de la représentation nationale. Ce jeudi en fin de matinée, l’homme d’affaires de 52 ans s’est plié à l’exercice de l’audition parlementaire, devant la commission d’enquête sénatoriale sur les mécanismes de financement des politiques publiques par des organismes, sociétés ou fondations de droit privé. Et ce, un an après avoir refusé une convocation en présentiel d’une autre commission d’enquête de l’Assemblée nationale. À distance mais bien présent, Pierre-Édouard Stérin a répondu méthodiquement aux questions, posées par des sénateurs de tous bords confondus, sur le montage financier de ses activités, et du caractère philanthropique et politique de celles-ci.
Revenant sur son parcours personnel et professionnel, le milliardaire conservateur a expliqué comment il en était arrivé à créer deux structures de philanthropie, le Fonds du bien commun et le projet Périclès, qu’il qualifie de «métapolitique». S’il a présenté la première structure comme le moyen de «soutenir des projets qui sont au service de l’intérêt général» dans des domaines aussi larges que la culture, l’éducation ou le handicap, et ce, «sans aucun caractère politique dans les actions menées et décisions prises», il a en revanche expliqué que la seconde structure vise bien «à diffuser et populariser en France des idées libérales conservatrices». Avec l’objectif non dissimulé d’aboutir, «nous l’espérons», à des votes permettant «d’avoir en France une politique de droite libérale conservatrice», dans les «prochains mois» ou les «prochaines années».
Un statut d’exilé fiscal assumé
Affichant avec fierté sa qualité de «milliardaire», se disant «très concentré sur le business», Pierre-Édouard Stérin a pour autant assuré ne pas chercher l’enrichissement personnel. Sa fortune, il la doit aux dividendes reversés par l’entreprise qu’il a créée en 2003, Smartbox, ainsi qu’aux autres investissements réalisés «dans des entreprises de différents secteurs». Aujourd’hui, il a assuré vouloir «donner un sens différent» à sa vie, en continuant «à faire de l’argent pour faire le bien». «Je ne le fais pas par intérêt» mais pour «être utile», a-t-il martelé, estimant consacrer seulement «10% de son temps» à ces activités philanthropiques.
«Je préfère de loin la vie des affaires», a poursuivi celui qui souhaite mettre à profit son «principal talent» qui est, en toute modestie, de «faire de l’argent». Pierre-Édouard Stérin se présente d’ailleurs comme un «exilé fiscal» en Belgique, pays grâce auquel il a précisé «économiser entre 100.000 et 200.000 euros par an». Soit «2 à 3 millions d’euros» depuis qu’il a quitté la France en 2012, sous la présidence de François Hollande. Un président qui selon lui «n’aime pas les riches». «Et moi je n’aime pas les socialo-communistes, c’est ce qui m’a donné l’opportunité de partir», s’est-il ainsi exprimé.
«En faveur de la remigration»
Assez transparent sur ses idées ainsi que sur ses ambitions personnelles, il a été en revanche bien moins disert sur le montage financier qui lui permet de financer son Fonds du bien commun et son projet Périclès. «J’ignore tout des raisons techniques qui font que les choses ont été faites de cette façon-là», a-t-il seulement précisé, promettant aux sénateurs que des réponses leur seront apportées sur ce sujet précis.
En revanche, le quinquagénaire a lourdement insisté sur le fait que le Fonds du bien commun et Périclès étaient «deux projets différents», orchestrés via «des véhicules juridiques différents», et avec «une ambition et une politique différentes». Des structures «complètement indépendantes» selon lui, qui n’auraient pour seul point commun que celui d’avoir Pierre-Édouard Stérin comme principal actionnaire. Interrogé plus précisément sur le fait que certains projets soutenus par le Fonds du bien commun pouvaient être parfaitement en lien avec ses «idées libérales conservatrices», l’homme d’affaires a refusé de rentrer dans une quelconque polémique, répétant à l’envi qu’il n’y avait «aucune collusion des genres».
Enfin, s’il s’est dit «souvent caricaturé» politiquement parlant, il a affirmé se situer «au centre de la droite». Mais n’hésite pas à se décentraliser en fonction de sujets qui lui tiennent à cœur : «en faveur de la remigration des étrangers délinquants, sans papiers ou au chômage depuis plus de douze mois», il est donc de facto «à droite de l’extrême droite» sur ce point, mais a estimé «par contre» se situer «à l’extrême gauche de l’extrême droite sur les sujets économiques». Il a par ailleurs estimé «utile» de «contribuer à l’amélioration et au renouvellement du personnel politique français».


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