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Le Manitoba subit de plein fouet des inondations, des tornades et des tempêtes de poussière à répétition. Pour protéger les cultures contre ces aléas climatiques, l’organisme Alternative Land Use Services (ALUS) incite les producteurs à miser sur les forces de la nature. Ce modèle allie la conservation des sols à la rentabilité économique.
La semaine dernière, ALUS a rassemblé une centaine d’intervenants venus de tout le Canada à Steinbach. Cette conférence nationale visait à présenter des initiatives concrètes capables de minimiser les ravages des intempéries exceptionnelles.
Les agriculteurs sont les meilleurs gardiens de la terre , soutient la PDG d'ALUS, Jordan Sinclair. Selon elle, les producteurs s'avèrent les mieux placés pour mener des projets de conservation répondant aux attentes de la société et des gouvernements.
[Les agriculteurs] sont les mieux placés pour répondre aux attentes de la société et des gouvernements en matière de projets de conservation sur les terres privées.

Jordan Sinclair, présidente-directrice générale d’ALUS, présente les initiatives de conservation de l'organisme lors d'une tournée sur le terrain au Manitoba.
Photo : Radio-Canada / Christopher Gareau
La ferme Marsh River Farms, établie à l’est de Morris dans la municipalité rurale de Montcalm, constituait l'un des arrêts clés de ce parcours.
Son propriétaire, Harold Janzen, qui vient de célébrer le centenaire de son exploitation familiale, affirme n'avoir jamais vu une tempête de vent comparable à celle de mai dernier. Les rafales ont projeté d'importantes quantités de poussière de limon sur ses terres avant d'obstruer les fossés.
Également conseiller municipal à Montcalm, M. Janzen rappelle que sa municipalité et plusieurs secteurs voisins de la vallée de la rivière Rouge ont dû déclarer l’état d’urgence local lorsque cette poussière s'est transformée en boue dans les canaux de drainage.
De nombreux producteurs ont perdu des tonnes et des tonnes de terre arable, déplore-t-il. ALUS propose des programmes pour vous aider, que ce soit contre le vent ou l’eau. Cela aide à préserver votre ressource la plus précieuse [qui est] votre terre.
Un modèle de pair-à-pair qui s'étend au pays
Si l’organisme a choisi le Manitoba pour son rassemblement annuel, c’est que son histoire a débuté ici même il y a deux décennies, sur une unique exploitation. Aujourd’hui, le programme collabore avec 2400 fermes réparties dans six provinces. Selon Mme Sinclair, cette approche participative, dirigée par et pour les agriculteurs, demeure le secret de sa réussite.
Quand un producteur discute avec ses collègues au café du coin et qu'il entend parler d'une nouvelle zone humide ou d'une bande riveraine aménagée, il s'interroge, souligne la dirigeante. Lorsqu'ils voient une solution qui fonctionne, ils sont prêts à s'inscrire et à faire de même, observe-t-elle.
Harold Janzen abonde dans ce sens. Pour lui, les exploitants s'avèrent impatients d'aménager des haies brise-vent, des bassins de rétention d'eau ou de planter des graminées indigènes dès qu'ils en saisissent les bénéfices.
L’objectif consiste à concentrer les efforts de protection sur les parcelles les moins productives, optimisant ainsi la rentabilité des meilleures terres.
On ne renonce pas à sa terre. En fait, on la préserve et on l'assainit, précise le producteur, qui a découvert l'initiative par l'entremise d'un partenaire local, le Seine Rat Roseau Watershed District.

Une haie brise-vent et des plantes indigènes aménagées par ALUS le long de la rivière Marsh permettent d’atténuer l’érosion sur la ferme de M. Janzen.
Photo : Jordan Popowich/JP Media Works
Le retour de la biodiversité au cœur des cultures
C'est également grâce à ce réseau que Royden Loewen a choisi d'implanter une haie brise-vent d’arbres indigènes sur environ un kilomètre et demi le long d’un fossé de drainage, afin de bloquer les rafales et de retenir le sol.
Depuis sa mise en place au sud de Steinbach, ce projet a donné naissance à un véritable écosystème.
Aujourd'hui, les papillons et les insectes pollinisateurs s'activent dans les champs de sa ferme, Millview Grain. La sauvagine et divers petits animaux y ont aussi élu domicile, et des traces d'ours y sont régulièrement observées. Pour l'agriculteur, ce retour de la faune et de la flore représente bien plus qu'une simple barrière climatique.
Nous adorons regarder les fleurs et les différentes herbes pousser, se réjouit M. Loewen. Nous avons l'impression d'avoir créé un petit coin de paradis ici.
Avec les informations de Christopher Gareau


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