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Depuis novembre dernier, un nouveau service de travail de rue fait sa marque dans l'arrondissement Desjardins de Lévis. Un « besoin » aux yeux de ses artisans alors que le nombre de personnes en situation d'itinérance s'est multiplié dans la ville ces dernières années.
On a vu une augmentation du nombre de personnes en situation d'itinérance, mais aussi un effritement du tissu social, un appauvrissement de la population, témoigne le directeur général du Centre aide et prévention jeunesse (CAPJ).
Les plus récentes statistiques disponibles, issues du dénombrement de 2022, confirment l'impression de Jean-Philippe Gagnon : le nombre de personnes en situation d'itinérance visible avait alors crû de 16 % en quatre ans. Des données du CISSS de Chaudière-Appalaches révélaient également que c'est à Lévis que se trouvait 56 % de la population itinérante de la région.
Considérant la croissance démographique de Lévis et le coût de la vie toujours élevé, rien n'indique que le portrait s'est amélioré depuis.
Un développement rapide, c'est très positif pour une ville [...] Par contre, ce développement-là, il a un envers de la médaille. Plus de monde, plus de difficultés, plus de personnes qui vivent un écart ou une désaffiliation sociale.

Jean-Philippe Gagnon, directeur général du Centre aide et prévention jeunesse (CAPJ).
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
La difficulté de trouver des logements non seulement abordables, mais aussi permissifs et compréhensifs à l'égard des personnes marginalisées, contribue à ce phénomène, ajoute-t-il.
Deux intervenantes à temps plein
Dans ce contexte, le CAPJ est parvenu à obtenir le financement nécessaire pour déployer deux intervenantes à temps plein dans l'arrondissement Desjardins ces derniers mois. Si du travail de rue était déjà accompli ailleurs dans la ville, il s'agit d'une première dans ce secteur.
L'objectif, c'était vraiment d'élargir les possibilités pour rejoindre les personnes qui ne le sont pas déjà avec la multitude de services qui existent, explique Jean-Philippe Gagnon.
Dans l'ombre, Angélique Fillion est l'une des deux personnes qui accomplissent ce travail. Radio-Canada a pu l'accompagner, elle et sa collègue, lors d'une soirée de travail sur le terrain.
Son itinéraire typique se compose d'endroits identifiés comme souvent fréquentés par la population itinérante, comme des conteneurs. Certains ont pris l'habitude de se réfugier pour la nuit, en quête d'un peu de chaleur.
Si on remarque quelqu'un là-bas, on appelle la Ville, puis [ses employés] vont déposer un collant sur le conteneur pour que la personne ne soit pas en danger la journée que les éboueurs passent, indique-t-elle.

L'équipement porté par les intervenantes de rue sur le terrain.
Photo : Radio-Canada / Frederic Vigeant
Après seulement quelques mois, Angélique Fillion assure être rapidement parvenue à se faire connaître et à créer un lien de confiance avec la clientèle marginalisée de l'arrondissement. Pour ce faire, elle et sa collègue ont notamment assuré une présence près des maisons de chambres, des centres d'achat et des banques.
Ils savent qui on est et ils se sentent plus à l'aise aussi de venir vers nous. Ils savent qu'on n'est pas contre eux, qu'on ne les oblige pas à changer.
Lors de certaines soirées, les sorties sur le terrain des deux intervenantes se concluent sans avoir rencontré de personnes dans le besoin.
Je pense que c'est un peu ça notre but aussi de se fondre un peu dans le milieu, puis de se faire voir même si nous on ne les voit pas nécessairement, poursuit Angélique Fillion.
Prolonger le projet
Accordé pour un an seulement, le financement de l'initiative devra être renouvelé dans les prochains mois pour que le travail mis en place à Lévis se poursuive. Jean-Philippe Gagnon se veut toutefois optimiste de parvenir à une entente avec un bailleur de fond.
Les résultats sont là, puis on voit aussi les bénéfices que ça donne d'avoir une équipe comme ça dans notre communauté, soutient-il.
Quant à la suite pour la lutte contre l'itinérance sur la Rive-Sud de Québec, le CAPJ compte miser sur les relations de confiance qu'elle continue de bâtir avec sa clientèle.
On ne peut pas tirer sur une fleur pour qu'elle pousse plus vite, on peut juste arroser, mettre des éléments autour et être patient. À terme, ça fait toujours des belles fleurs, illustre Jean-Philippe Gagnon.
Avec les informations de Marika Wheeler


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