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EVARS : les parents ne sont pas convaincus ? On va leur expliquer pourquoi ils ont tort

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Derrière les affiches rassurantes de « Sans filtre », plusieurs organisations déjà engagées pour l’EVARS poursuivent leur offensive.

« Sans filtre » : une campagne pour faire accepter l’EVARS

Depuis le 6 octobre 2026, le collectif Droit à l’EVARS déploie une campagne nationale à destination des parents d’élèves. Son nom, « Sans filtre », promet une communication transparente. Une promesse intéressante quand on sait que l’opération est portée par des organisations qui militent précisément pour le développement de cet enseignement.

Le calendrier n’a rien d’anodin. La campagne a été lancée à l’occasion des élections des représentants des parents d’élèves. Une période idéale pour tenter de convaincre les familles encore réticentes.

Trois affiches, trois vidéos et un dépliant pédagogique composent notamment cette opération de communication. Parmi les questions présentées figurent celles du consentement, de l’intimité et de la diffusion de photographies intimes entre adolescents.

Pour Anaïs Saint-Gal, chargée de plaidoyer chez Sidaction, l’EVARS doit constituer un espace de dialogue « en complément, et non en substitution, des parents ».

Une intention rassurante sur le papier. Mais entre affirmer que les parents conservent leur place et leur garantir une participation réelle aux décisions, il existe une différence que les familles concernées connaissent désormais parfaitement.

Planning familial, Sidaction, syndicats : qui porte cette campagne ?

Derrière « Sans filtre », on retrouve dix organisations membres du collectif Droit à l’EVARS. Parmi elles, le Planning familial, Sidaction, SUD éducation, le syndicat SNICS-FSU ou encore la Fédération nationale Solidarité Femmes.

Ce regroupement ne cache pas son objectif : obtenir une application plus large du programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

Le collectif avait déjà publié, en novembre 2023, un livre blanc présentant 46 recommandations aux pouvoirs publics.

Cette fois, il ne s’adresse plus seulement aux décideurs politiques. Il cible directement les parents.

La stratégie est compréhensible : quand un programme suscite des oppositions, il faut convaincre ceux qui les expriment. Mais peut-on réellement parler d’information neutre lorsque les documents sont conçus exclusivement par les défenseurs du dispositif ?

Autre interrogation : combien coûte cette campagne et qui la finance exactement ? Des soutiens de fondations privées sont mentionnés publiquement autour de sa réalisation, notamment le Mediterranean Women’s Fund et la Fondation AD Education. En revanche, aucun budget global détaillé n’a pu être établi à partir des informations consultées.

Une transparence financière serait pourtant bienvenue pour une opération nationale consacrée à un sujet aussi sensible.

Les parents priés de faire confiance, sans nécessairement pouvoir décider

Cette campagne intervient quelques jours après une décision particulièrement révélatrice.

Le 8 octobre 2026, le Conseil d’État a rejeté une demande de la Confédération nationale des associations familiales catholiques visant à renforcer la place des parents dans l’organisation des séances EVARS.

Comme nous l’expliquions dans notre article consacré à cette décision, aucune obligation générale n’impose de recueillir l’accord des familles sur les modalités des séances ou le choix des intervenants extérieurs.

Le contraste mérite d’être savouré : d’un côté, une campagne explique aux parents qu’ils sont indispensables ; de l’autre, la justice rappelle qu’ils ne disposent pas d’un droit de veto sur l’organisation de cet enseignement.

On les veut informés, rassurés, convaincus. Décisionnaires ? Beaucoup moins.



De la maternelle au lycée, un programme qui mérite un examen attentif

Depuis la rentrée 2025, l’Éducation nationale applique un programme national distinguant l’EVAR, consacré à la vie affective et relationnelle à l’école primaire, de l’EVARS, qui inclut explicitement la sexualité au collège et au lycée.

Le ministère prévoit au moins trois séances annuelles obligatoires. Il présente notamment ces enseignements comme des moyens de prévenir les violences, le harcèlement et les discriminations.

Des objectifs auxquels peu de parents pourraient raisonnablement s’opposer. Mais l’adhésion à ces principes n’interdit pas de discuter des supports pédagogiques, de l’âge auquel certaines notions sont abordées ou des qualifications des intervenants.

En août dernier, nous avions notamment examiné le livret officiel EVAR destiné aux enfants de moins de quatre ans. Un document qui mérite d’être lu directement, plutôt que présenté uniquement à travers des slogans favorables ou hostiles.

Les familles peuvent également consulter les programmes et ressources pédagogiques publiés par le ministère.

Car informer les parents ne devrait pas signifier leur demander d’applaudir. Cela devrait commencer par leur permettre d’examiner les contenus, de poser des questions et d’obtenir des réponses précises.

Avec « Sans filtre », les associations espèrent manifestement réduire les résistances. Reste une question que les affiches ne régleront pas : pourquoi faudrait-il convaincre les parents plutôt que leur donner davantage de prise sur les décisions concernant leurs enfants ?

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