Un anesthésiste de 63 ans était jugé vendredi dans l'Eure pour avoir commis par violence, menace, contrainte ou surprise des actes de pénétration sexuelle sur deux de ses patientes et d'attouchement sur une troisième. Il a été condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont quatre avec sursis.

La rédaction avec AFP - Hier à 22:07 | mis à jour hier à 22:23 - Temps de lecture :

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Un anesthésiste normand, déjà radié de l'Ordre des médecins, a été condamné vendredi par la cour criminelle de l'Eure à cinq ans d'emprisonnement, dont quatre avec sursis, pour viols et agression sexuelle sur trois patientes en juin 2020. Dans un procès à huis clos, l'ex-praticien de 63 ans, était jugé depuis mercredi pour avoir commis par violence, menace, contrainte ou surprise des actes de pénétration sexuelle sur deux de ses patientes et d'attouchement sur une troisième, commis par une personne abusant de l'autorité de ses fonctions. Il a été reconnu coupable de tous les chefs d'accusation.

Le tribunal a également prononcé une interdiction définitive d'exercer une profession médicale à l'égard du condamné, qui pourra effectuer la partie ferme de la peine de prison à domicile, avec un bracelet électronique. Il devra aussi obligatoirement suivre des soins. Le parquet avait requis huit ans de prison ferme.

Interrogé par l'AFP, l'avocat des parties civiles s'est dit « un petit peu déçu » par la décision. « Il y a trois victimes qui ont véritablement émis tous leurs traumatismes et la douleur que cela avait pu leur causer ». « La peine de prison ferme aurait pu être plus élevée », a-t-il aussi dit.

Des pratiques non pertinentes selon différents médecins interrogés

Durant l'enquête, les plaignantes ont toutes déclaré avoir été agressées le 18 juin 2020 à l’hôpital privé Pasteur à Évreux (Eure), où le médecin exerçait en libéral. Ces trois femmes ont dénoncé des faits de pénétration digitale ou de palpation de l'anus ou du vagin, au prétexte d'une recherche d'hémorroïde ou un taux de protéines trop élevé. Ces pratiques n'étaient pas pertinentes pour une consultation d'anesthésie selon différents médecins interrogés durant l'enquête.

Les déclarations concordantes des plaignantes, leur état de choc, et un syndrome post-traumatique « massif » sur au moins l'une d'entre elles ont permis au juge d'instruction de considérer leurs accusations comme crédibles. L'Ordre des médecins l'a radié en septembre 2025 au motif qu'il s'était « livré à des gestes gynécologiques et proctologiques qui portent atteinte à l’intégrité physique et à la dignité de plusieurs patientes ».

Devant la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Normandie, l'homme avait évoqué « sa première journée de consultations post-confinement » dans le « contexte exceptionnel » de la pandémie de Covid-19 pour justifier ses actes. Placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer seul en 2022, le médecin avait été suspendu sur tout le territoire national par l'Agence régionale de santé (ARS) Normandie en juin 2025. Sollicité par l'AFP, l'avocat de la défense n'a pas souhaité réagir à l'issue du verdict.

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