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Des milliers de patients infectés par un parasite qui déclenche une sorte de gastro-entérite « XXL » : la cyclosporose explose aux États-Unis, où les autorités sanitaires semblent dépassées.
La rédaction - Aujourd'hui à 11:39 | mis à jour aujourd'hui à 16:45 - Temps de lecture :
Un « laitue-gate » frappe les États-Unis : les autorités sanitaires font face à une impressionnante épidémie de cyclosporose, due à un parasite intestinal. Avec des milliers de cas déjà déclarés et une origine encore discutée, la propagation de la maladie relance les critiques sur la baisse des contrôles de l'industrie agroalimentaire, due entre autres à la diminution des crédits voulue par l'administration Trump.
Les États-Unis ont déjà recensé plus de 11 000 cas de cyclosporose - et ce nombre ne cesse d'augmenter. Au total, neuf des 50 États américains affichent une explosion du nombre de cas, en tête desquels le Michigan. Mais la maladie est désormais endémique dans le pays : aucun État n'est épargné.
À quoi la cyclosporose est-elle due ?
La cyclosporose est une maladie causée par un parasite intestinal, cyclospora cayetanensis. Ce protozoaire, qui peut être transmis par certains aliments, voire par l'eau, est susceptible d'entraîner des toxi-infections alimentaires, comme la cyclosporose. Cette maladie est à déclaration obligatoire en France, où elle est relativement peu fréquente, selon l'Anses. Depuis 1990, une soixantaine d’épidémies de cyclosporose d’origine alimentaire (et trois d’origine hydrique) ont été rapportées, la plupart aux États-Unis. L'Anses insiste sur celle de 2013, qui avait infecté 643 personnes dans 25 États. Soit nettement moins que les milliers de malades recensés cette année...
Quels sont les symptomes ?
Cyclospora cayetanensis entraîne surtout des diarrhées explosives, des vomissements, et des crampes d'estomac très douloureuses. Ces symptômes peuvent durer seulement quelques jours ou réapparaître pendant plusieurs semaines. De la fièvre, une perte de poids, des maux de tête et une importante déshydratation sont aussi fréquemment associés à une infection à ce parasite.
Non létale, la maladie est, en somme, une gastro-entérite « XXL ». Une hospitalisation peut être nécessaire pour les malades les plus atteints. C'est une affection relativement longue : les symptômes durent de 10 à 30 jours, avec une moyenne de 17,5 jours. La maladie peut se déclarer 15 jours après la contamination.
D'où vient ce parasite ?
L'épidémie actuelle semble causée par la présence du parasite dans des laitues de type iceberg. L'entreprise Taylor Farms, avec ses exploitations situées au centre du Mexique, est au cœur du scandale : elle fournit notamment la chaîne de fast-food Taco Bell dans l'Indiana, le Kentucky, le Michigan, l'Ohio et la Virginie-Occidentale. Du persil et de la coriandre, vendus par d'autres fournisseurs, seraient aussi concernés. Habituellement, lorsque la source de contamination a pu être identifiée, les aliments mis en cause sont essentiellement des végétaux issus d'une zone touchée - à commencer par les framboises, le basilic, les salades, et les pois mange-tout, selon l'Anses. Le parasite, rejeté dans les matières fécales, peut se propager aux aliments aussi bien pendant la récolte qu'au stade de leur transformation, par l'eau d'irrigation ou contact avec du matériel souillé.
S'en débarrasser n'est pas simple : la congélation a une action limitée, une désinfection à base de chlore se montre inefficace, quand la cuisson à 70 °C ou plus permet d'éliminer le parasite. Une solution inadaptée, s'agissant de salades et autres crudités...
Pourquoi les autorités sont-elles dépassées ?
La Food and drug administration (FDA) se montre formelle quant à l'origine du parasite... mais ne dispose d'aucun échantillon positif pour l'affirmer, et ignore l'origine de la contamination. Par précaution, elle a fait retirer - tardivement - les lots incriminés du marché.
Mais face aux coupes budgétaires qui affectent l'administration américaine depuis le début du second mandat de Donald Trump, les autorités sanitaires sont débordées. Elles se révèlent incapables de mobiliser suffisamment de personnel pour effectuer le long et minutieux travail de remontée des informations alimentaires et sanitaires. Le programme FoodNet, plus particulièrement en charge de la détection et de l'endiguement des toxi-infections alimentaires, a vu ses missions et son budget réduits. La cylosporose n'étant pas « à déclaration obligatoire » aux États-Unis, seuls les États volontaires disposent d'informations fiables. Et aucun n'est tenu de les faire remonter au niveau fédéral...
Que répond le ministère de la Santé ?
Le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a tenté de calmer l'inquiétude de l'opinion publique, mais ce nouveau scandale réveille les critiques sur l'amputation du budget de la santé publique et les licenciements massifs imposésen 2025 par l'administration Trump dans les agences fédérales de santé, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). À tel point que des responsables de la FDA estiment que leur pays serait aujourd'hui incapable de faire face à une épidémie d'un pathogène plus grave, le cas échéant.


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