A l'annonce du décès du procureur chargé de la très délicate « enquête russe » qui a empoisonné le début du premier mandat de Donald Trump, ce dernier s'est réjoui : « Robert Mueller vient de mourir. Bien. Je suis content qu'il soit mort ».

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 08:27 - Temps de lecture :

Robert Mueller en 2019. Photo Sipa/Shutterstock Robert Mueller en 2019. Photo Sipa/Shutterstock

L'Américain Robert Mueller, ancien directeur de la police fédérale (FBI), connu pour son rôle de procureur chargé de la très délicate « enquête russe » qui a empoisonné le début du premier mandat de Donald Trump, est mort à 81 ans.

Nommé procureur spécial en 2017, cet ancien Marines a supervisé pendant près de deux ans l'enquête sur une possible collusion entre Moscou et le candidat Donald Trump lors de la campagne de 2016.

Homme taciturne et discret, il avait supervisé cette enquête dans le plus grand secret et avait rendu, en avril 2019, ses conclusions dans un pavé de plus de 400 pages. Il y décrivait les efforts russes pour aider Donald Trump en 2016, mais ajoutait ne pas avoir rassemblé de preuves d'un complot entre Moscou et l'équipe de campagne du milliardaire républicain.

Il souffrait de la maladie de Parkinson

Son décès vendredi soir a été annoncé dans le week-end par sa famille dans un communiqué mentionné notamment par le New York Times. Le journal avait fait état en 2025 d'une déclaration de la famille indiquant que Robert Mueller avait été diagnostiqué de la maladie de Parkinson.

Le président américain, de retour à la Maison Blanche depuis début 2025, a très rapidement réagi sur sa plateforme Truth Social : « Robert Mueller vient de mourir. Bien. Je suis content qu'il soit mort. Il ne va plus pouvoir faire du mal à des innocents ».

Dans son rapport de 2019, le procureur détaillait une série de pressions troublantes exercées par le locataire de la Maison Blanche sur son enquête et se disait incapable de le blanchir des soupçons d'entrave à la justice.

Né en août 1944, Robert Mueller n'avait que deux ans de plus que Donald Trump. Comme lui, il était républicain, né dans une famille aisée du Nord-Est américain, et a fréquenté des écoles prestigieuses. Mais la comparaison s'arrête là. Autant le président est flamboyant, voire outrancier, omniprésent dans les médias, autant Robert Mueller affichait une austérité calculée.

Directeur du FBI durant le 11-Septembre

A la tête de l'enquête russe, il a toujours pris soin de rester dans l'ombre, s'exprimant par l'entremise de documents judiciaires largement protégés par le secret.
Conscient du grand respect qu'inspirait Robert Mueller, le président Trump s'était gardé de l'attaquer frontalement, mais n'a cessé de dénoncer une injuste « chasse aux sorcières ».

Nommé à la tête de la puissante police fédérale américaine (FBI) une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001, Robert Mueller a menacé de démissionner trois ans plus tard si le président républicain George W. Bush persistait avec un programme d'écoutes extra-judiciaires controversé.

Ce dernier s'est dit samedi sur X « très attristé » par la disparition de celui qui a été le sixième directeur du FBI, et qui « a dédié sa vie au service public ».

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