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Jacques Demers n’est pas surpris de voir le Canton de Hatley forcé de retirer l’asphalte d’une de ses routes pour y mettre du gravier, faute de financement.
Selon le président de la Fédération québécoise des municipalités, c’est au moins 80 % des demandes d’aide financière pour la voirie qui ont été refusées par le gouvernement en 2026.
Au Canton de Hatley, la municipalité a dû prendre la décision de retourner au gravier sur le chemin de l’Université à cause de l’un de ces refus. Des fonds de 2 M$ auraient été nécessaires pour effectuer les travaux, alors que la municipalité ne dispose que d'un budget total d'environ 5 M$ par année.

La municipalité du Canton de Hatley est forcée de remplacer l'asphalte par du gravier sur le chemin de l'Université.
Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies
C'est un problème majeur. On sait que nos infrastructures, dans bien des cas, sont en retard. Les municipalités veulent investir dans un domaine où les coûts explosent. En même temps, notre partenaire, le gouvernement provincial, est de moins en moins présent pour nous aider, soulève Jacques Demers.
Le président de la FQM raconte que plusieurs municipalités ont dû faire le choix dans le passé de retourner au gravier, et que d’autres continueront à le faire. C’est souvent plus facile que de réparer des nids-de-poule. On passe la niveleuse. […] Mais après ça, on va parler de poussière, on va parler d'autres problèmes, évidemment.
Jacques Demers demande plus de prévisibilité de la part du gouvernement. Des infrastructures routières peuvent avoir une durée de vie de 10 à 20 ans, à condition de recevoir un entretien minimal, fait-il valoir. Et actuellement, le financement varie beaucoup d’une année à l’autre.

Jacques Demers est le président de la Fédération québécoise des municipalités. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alexandre Painchaud
On serait capables de mieux gérer nos infrastructures si on savait que l'argent est là, et à quelle vitesse, chaque année. On serait capables de faire des plans de gestion.
Ce qu'on demande, particulièrement en période électorale, c'est de voir avec les partis de quelle façon on peut devenir de vrais partenaires.
Les résidents mécontents
Plusieurs résidents du chemin de l’Université se sont rendus à la séance du conseil municipal du Canton de Hatley, mardi, d’après une citoyenne rencontrée dans le secteur.
Judith Gervais raconte que, comme elle, les citoyens présents souhaitent faire entendre leur mécontentement. Ils s’inquiètent que la décision de faire une route de gravier empire les conditions de circulation.

Judith Gervais aimerait que la municipalité revienne sur sa décision.
Photo : Radio-Canada
On ne voit pas vraiment de problème avec notre route actuellement. Ils disent qu’elle est en terrible condition et tout, mais personnellement, je trouve qu’elle est vraiment en meilleure condition que toutes les routes en chemin de terre qui sont autour. Des fois, les chemins de terre ici, on n’est même pas capables de passer en saison de dégel, témoigne Judith Gervais.
Elle aurait souhaité plus de transparence de la part de la municipalité.


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