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À ce jour, plus de 700 membres de la Première Nation de Kashechewan ont été évacués, face à une infrastructure défaillante. Toutefois, la majorité des résidents attend toujours d’être prise en charge.
Cette communauté, accessible uniquement par voie aérienne, collabore actuellement avec les gouvernements fédéral et provincial pour coordonner l'évacuation des 2300 habitants.
Son directeur général, Tyson Wesley, déplore la lenteur des progrès concernant l’évacuation complète.
Les vols stagnent, malgré nos demandes d’accélération, précise-t-il.
M. Wesley ajoute que la communauté fait face à une épidémie gastro-intestinale depuis lundi, tout en manquant d’équipement pour analyser les échantillons de selles et identifier la source du mal.
Il ne peut confirmer si l'infection est virale ou liée à la consommation d'eau du robinet avant le déclenchement de l'état d'urgence, le 4 janvier, jour où une ordonnance de non-consommation d'eau a été instaurée.
Nous sommes inquiets pour notre communauté.
Un refoulement d'eaux usées a forcé l'évacuation de la clinique de soins infirmiers de la communauté le 7 janvier.
Si le personnel et l’équipement ont trouvé refuge dans une école à proximité, les services de santé sont lourdement perturbés : faute d'accès aux équipements de diagnostic, la clinique tourne au ralenti, n'assurant que 40 % de ses prestations.

Un refoulement d’égout a forcé les représentants de Kashechewan à déplacer d'urgence les services de santé de la clinique locale vers une école primaire dans la communauté.
Photo : soumise par Tyson Wesley
Eric Head, porte-parole de Services aux Autochtones Canada, a confirmé par courriel à CBC News que des analyses de la qualité de l'eau sont en cours parallèlement aux réparations de l'usine de traitement.
L’entreprise Northern Waterworks, dépêchée sur les lieux, a déjà installé des pompes de remplacement et achemine actuellement le matériel nécessaire pour finaliser la remise en état des infrastructures.
Supervisée par le Groupe Loomex, la phase initiale de l'opération a mené les évacués vers Timmins et Kapuskasing, puis Kingston.
60 jours dans des villes d’accueil
Le dirigeant du Groupe Loomex, Trent Gervais, indique que, lors de situations critiques comme celle vécue à Kashechewan, les plans d'accueil prévoient un séjour minimal de deux mois.
Si ça ne dure que deux semaines, c’est parfait. Mais l’ampleur de la planification nous impose de partir sur une base de 60 jours, avec une réévaluation constante dès la deuxième ou la troisième semaine, explique M. Gervais.
Il précise que l’entreprise Loomex collabore étroitement avec la province pour orchestrer les déplacements.
Loomex assure une prise en charge complète des évacués, incluant l’hébergement, les repas et les soins médicaux.
Environ 200 personnes devraient être accueillies à Kingston. Toutefois, la priorité demeure le transfert de 1700 autres membres de la communauté vers Niagara Falls, une destination offrant une plus grande disponibilité hôtelière.
Ce déploiement est jugé trop lent par le chef de Kashechewan, Hosea Wesley. Dans un communiqué cinglant, il a qualifié la réponse des gouvernements d’inadéquate face à l'urgence.
Nous avons sollicité l’intervention des Forces armées canadiennes pour accélérer l’évacuation des membres les plus vulnérables et assurer l’approvisionnement en eau potable. Faute d'engagement de leur part, notre population continue de souffrir. Nous espérons seulement qu'aucune tragédie ne surviendra avant qu'ils soient en sécurité, déclare-t-il.
Avec les informations de Jonathan Migneault, de CBC


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