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Et si les plantes devenaient les nouvelles alliées de la chirurgie esthétique ?

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Dans l'Antiquité, il n'y avait que les plantes pour traiter les blessures. Il fallait trouver des substances qui désinfectent, qui calment la douleur, favorisent la cicatrisation, qui éloignent les mouches, et qui protègent le patient par des pansements ajustés. C'est ainsi que sont parvenus jusqu'à nous la connaissance ancestrale des plantes qui sont des anti-inflammatoires, des antioxydants, des antimicrobiens végétaux, et des inducteurs de régénération tissulaire. 

Comment s'effectue la cicatrisation? 

La cicatrisation comporte plusieurs phases après une plaie. 

  • Phase 1 : l'hémostase s'effectue par l'apparition d'un bouchon croûteux qui arrête le saignement, qu'on appelle un caillot sanguin et qui est lié essentiellement à l'activité de substances présentes dans le plasma sanguin et aux plaquettes sanguines qui sont les ouvriers primitifs de l'obturation de la plaie
  • Phase 2 : c'est la période inflammatoire avec l'arrivée de cellules qu'on appelle les macrophages, des fibroblastes musculaires qui amènent et répartissent le nouveau collagène, sorte de briques primitives qu'il faut fabriquer pour pouvoir consolider le fond de la plaie. Ce n'est qu'à ce moment que l'épiderme, qui est la couche cellulaire de surface, pourra proliférer pour rejoindre d'un bord à l'autre les berges de la plaie. 
  • Phase 3 : lorsque tous les éléments nécessaires pour la cicatrisation sont réunis, un riche réseau sanguin se développe, les nouveaux vaisseaux capillaires permettent d'amener les protéines nécessaires à la cicatrisation et à l'amoncellement du collagène de type 1, 2, 3 et 4. Les abords de la plaie sont rouges, un peu douloureux, témoignant d'une activité locale intense.
  • Phase 4 : celle-ci commence trois semaines après la production de la plaie, elle consiste en une maturation des tissus profonds, élimination des croûtes, et début de l'épidermisation, c'est-à-dire le resurfaçage de la plaie, non pas à l'identique, mais au début par une cicatrice très fine qui va s'épaissir avec le temps, pouvant parfois mettre deux ans avant de devenir mature. 

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À tous les stades, les éléments dangereux à considérer sont l'apparition d'une infection microbienne ou par des champignons microscopiques, voire la colonisation par des larves de mouches, pas forcément inutiles car elles ont aussi la propriété de digérer les tissus morts ou nécrosés ; parfois, cela a même été une solution thérapeutique. 

De toutes les plantes utilisées depuis l'Antiquité, il y en a deux qui restent encore très employées :

Longtemps cantonnées à la phytothérapie, certaines plantes suscitent aujourd'hui l'intérêt des chirurgiens et des chercheurs pour optimiser les suites opératoires. Sans se substituer aux traitements médicaux, elles pourraient contribuer à améliorer le confort et la récupération des patients après une intervention esthétique. © AB, IA tous droits réservés 

  • L'aloe vera : c'est une plante cultivée à cet effet de cicatrisation, notamment dans les îles Canaries. Qu'il s'agisse d'extraits ou de tranches gélatineuses des feuilles, appliquées directement sur la plaie, l'aloe vera a l'avantage de distribuer localement de l'eau, des vitamines et des polysaccharides
  •  L'arnica : en provenance du continent américain, cette plante avec des petites fleurs jaunes comporte des éléments chimiques intéressants mais qui, ingérés par la bouche, peuvent aussi entraîner des vomissements. Les effets de l'arnica sont d'être anti-inflammatoires et de diminuer localement les douleurs. Son utilisation est réclamée par les patients pour diminuer les hématomes post-opératoires, et le gonflement inflammatoire post-opératoire. Toutefois, il n'y a pas de preuve absolue de l'efficacité scientifique de l'usage de l'arnica, il n'y a qu'une tradition millénaire. 

Bien d'autres plantes ont été utilisées par les sorciers guérisseurs, tel le thym, le millepertuis et la Centella asiatica qui augmente le collagène de type 1, et qui est à la base du madecassol, un médicament basé sur la culture de cette plante à Madagascar. 

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Mais, en réalité, il ne suffit pas d'appliquer ces plantes pour guérir une plaie ; le médecin ou le chirurgien doit pratiquer les soins quotidiens ou pluriquotidiens : nettoyer la plaie, changer les pansements, irriguer, sécher, éponger et éviter de faire macérer par des pansements trop occlusifs. Ces soins que l'on ne peut pas sous-estimer car ils sont fondamentaux, presque aussi importants que tous les médicaments ou les plantes appliquées sur une plaie. Cela concerne aussi les brûlures dont le traitement efficace varie en fonction du degré de la brûlure. 

La mise au point des antibiotiques locaux et généraux a révolutionné le traitement de l'infection des plaies. 

Mais si les tissus sont morts, le seul traitement de la nécrose est leur ablation chirurgicale. 

Enfin, récemment, des traitements par ventouse aspirative de l'exsudat, c'est-à-dire des humeurs secrétées par la plaie, pleines de substances nocives et de cellules mortes, ont permis de remarquables progrès de cicatrisation plus rapide des plaies. 

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En ce temps où il y a des guerres partout dans le monde avec des blessures graves, il est intéressant de comprendre que le traitement de la plaie reste du domaine de la chirurgie réparatrice et nécessite une très grande connaissance de gestion immédiate et quotidienne de la plaie par des praticiens médecins formés à cet effet, sans oublier la tradition de l'usage des plantes, mais qui reste marginale dans ce domaine plus dramatique des blessures de guerre.

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