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Sans même parler d’acheter un logement, en louer un devient de plus en plus difficile en Colombie-Britannique, et plusieurs villes font partie des plus chères au Canada à cet égard, avec Vancouver en tête de liste. Or, la crise du logement n’a été que brièvement abordée lors de la campagne électorale provinciale.
Le loyer mensuel moyen demandé pour un appartement de deux chambres en 2026, selon les données de Statistique Canada, est de 3030 $ à Vancouver, de 2650 $ à Toronto et de 2640 $ à Victoria.
Si les loyers sont montés en flèche dans des régions comme Montréal, leur coût n’arrive (heureusement) pas encore à la cheville de ceux dans certaines villes de la province.
Personnes au revenu moyen
Il y a 25 ans, je payais le tiers de ce que je paye maintenant, indique Marie Arcand, artiste et locataire de longue date à Vancouver.
Le duplex qu’elle occupe depuis toutes ces années près du quartier de Mount Pleasant doit d’ailleurs être démoli à terme, car le propriétaire, Wesgroup Properties, prévoit notamment de construire un édifice à appartements de six étages dans le secteur.

Marie Arcand vit dans son appartement de deux chambres depuis 25 ans.
Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance
C’est un immense stress, parce que toute ma vie est ici. [...] Je ne veux pas déménager.
Il y a des artistes qui se retrouvent à dormir dans les studios de création qu’ils louent; d’autres finissent simplement par quitter des villes comme Vancouver, explique Alannah Clamp, directrice artistique et générale de l’organisme Eastside Arts Society (EAS).
Et c’est sans compter les espaces de création eux-mêmes qui disparaissent sous la pression du développement immobilier. Au cours des 10 dernières années, plus de [37 000 m2] d’espaces d’ateliers et de production ont été perdus, et ce chiffre ne cesse d’augmenter, ajoute Alannah Clamp, qui aimerait que les gouvernements revoient la façon dont sont taxés ces espaces.
Besoin de logements abordables
Dans le milieu artistique, mais aussi de façon générale, se loger devient de plus en plus difficile pour les personnes qui n’ont pas de hauts revenus.

Marie Arcand, aussi massothérapeute, a déjà été évincée de son studio de création.
Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance
On entend parler des loyers qui baissent, on attend toujours de le voir.
Le salaire minimum est à 18,25 $ de l’heure en Colombie-Britannique.
Si t’es chanceux, tu as un appartement d’une chambre à Vancouver pour 2000 $. Si ton revenu varie autour de 2500 $, ça veut dire qu’il te reste 500 $ chaque mois pour te nourrir, tes transports, tes soins; c’est juste impossible. Et pour les familles, c’est encore plus difficile, poursuit Cécile Revaux.
Il est assez surprenant que cette campagne électorale n’ait pas beaucoup abordé la question du logement, souligne de son côté Robert Patterson, avocat en droit du logement pour le Centre de ressources et de conseil aux locataires de la Colombie-Britannique (TRAC).
Il est également décevant, mais peut-être pas si surprenant que cela, que la plupart des discussions et des promesses formulées par les partis politiques au sujet de la crise du logement portent sur la construction de logements dans le secteur privé, ajoute-t-il.

Le marché de l’habitation de Vancouver est de plus en plus axé sur l’aménagement de logements locatifs. Les appartements locatifs ont représenté environ 60 % des mises en chantier en 2026, contre moins de 20 % en 2016, selon la SCHL.
Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance
On oublie peut-être qu’il y a des gens pour qui les loyers du marché restent tout simplement hors de portée. Et cela concerne en réalité la plupart des travailleurs de la Colombie-Britannique. Ceux qui occupent un emploi rémunéré au salaire minimum, les personnes à revenu fixe, les aînés et d’autres, il n’y a pratiquement rien pour eux sur le marché.
Il faut penser aux logements sociaux, insiste l’avocat, créés et gérés par les pouvoirs publics afin d’être réellement abordables pour les personnes qui en ont besoin. D'autres pistes : le gel des loyers et de meilleures protections pour les locataires, d'après Cécile Revaux.
Car, ce qui s’est passé en Espagne avec Maricarmen, ça arrive ici tous les jours.


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