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Publié le 31/01/2026 10:33
Temps de lecture : 4min - vidéo : 3min
Avec la multiplication de l'activité humaine dans l'espace, de plus en plus de débris finissent par retomber, parfois sur des habitations. Si leur évolution peut être suivie grâce à des radars disposés dans le monde entier, les débris spatiaux sont aujourd'hui un véritable enjeu de sécurité et de propreté de l'espace.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Elle a traversé le plancher après avoir transpercé le toit d'une maison en Floride (États-Unis). Une batterie usagée de la Station spatiale internationale (ISS). Le bruit de la chute a été capté par la vidéosurveillance. Ces 700 grammes de métal issus d'une palette de déchets spatiaux n'ont pas fait de blessés. Régulièrement, ces débris tombés du ciel font la une de l'actualité. De gros morceaux de fuselage comme au Canada ou en Caroline du Nord (États-Unis), retrouvés après une chute depuis leur orbite ou l'explosion d'une fusée au décollage. L'impressionnant processus de combustion ne suffit pas toujours à désintégrer la totalité de la carlingue, suscitant un danger croissant pour la population.
Dans la baie de San Francisco (États-Unis), une société s'est spécialisée dans le suivi de ces débris spatiaux. "Ce que vous voyez sur l'écran, ce sont 24 heures d'activité en orbite basse. Vous voyez qu'il y a des satellites et des débris spatiaux qui volent dans tous les sens. Si on regarde la France, à Paris par exemple, vous avez des milliers d'objets volants par heure qui passent au-dessus de votre tête", explique Daniel Ceperley, fondateur de la société "LeoLabs". Cette technologie fonctionne grâce à d'immenses radars déployés à plusieurs endroits dans le monde. Ils repèrent chaque objet d'au moins 10 cm volant en orbite à près de 30 000 km/h.
25 000 sont déjà répertoriés, dont une moitié de satellites et une moitié de déchets spatiaux dont l'origine peut être multiple. "Certains satellites explosent, une batterie qui surchauffe, du carburant périmé qui prend feu. Parfois, les satellites se rentrent dedans ou sont ciblés par des tirs de missiles dans le cadre de tests", souligne Daniel Ceperley.
Ce suivi des trajectoires permet de prévenir les accidents. En 2021, les astronautes de la Station spatiale internationale sont réveillés par ce message d'alerte : "Bonjour, désolé pour cet appel matinal. Nous avons été informés de la menace d'un satellite cassé". L'ISS doit alors dévier de sa trajectoire pour éviter une possible collision avec un morceau de satellite mis hors service dix ans auparavant.
Alors, comment éviter que l'espace ne devienne un dépotoir ? L'Agence spatiale européenne mise par exemple sur une pince géante capable de récupérer des morceaux entiers de fusée. À Los Angeles (États-Unis), Thibaud Talon, un ingénieur français, a trouvé une autre solution avec un aspirateur à débris : "On va injecter de l'azote dans notre structure qui va permettre de déployer le sac. Ensuite on a un système de caméra qui va pouvoir positionner le sac autour du débris. On va injecter le débris à l'intérieur". Le débris récupéré sera ensuite relâché pour une redescente contrôlée dans l'atmosphère. Cette version a été testée par l'ISS. Une autre, plus grande, est en cours d'expérimentation et pourrait bientôt être opérationnelle.
Mais pour éviter la prolifération des débris dans notre ciel, il faudra aussi multiplier le recours aux fusées réutilisables. Pour limiter les risques sur Terre, mais aussi dans les airs. Il y a quelques jours, l'aviation civile américaine a alerté les compagnies aériennes sur la dangerosité de ces débris incontrôlés venus de l'atmosphère.


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