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Le robot rêvé par Éric Zemmour devra visiblement apprendre un métier, mais peut-être aussi reconnaître les passeports.
Éric Zemmour a une nouvelle solution pour se passer de l’immigration : remplacer les travailleurs immigrés par des robots. pic.twitter.com/iJ4X5e5MT0
— AJ+ français (@ajplusfrancais) September 15, 2026
« Plus de robots, moins d’immigrés » : la nouvelle équation d’Éric Zemmour
Lors de la rentrée politique de Reconquête au Port-Marly, le 13 septembre 2026, Éric Zemmour a placé l’intelligence artificielle et la robotique au cœur de son discours. Il a assuré que l’IA associée aux robots permettrait de régler la question de ceux qu’il appelle les « prétendus immigrés indispensables ». Il a notamment évoqué les chauffeurs de taxi, les livreurs, les maçons, les maraîchers ou encore certains emplois dans les Ehpad.
L’idée n’est d’ailleurs pas sortie de nulle part pendant ce discours. Le 25 juin 2026, Éric Zemmour publiait déjà une vidéo entièrement consacrée au remplacement de l’immigration de travail par les robots. Il a également résumé sa position par une formule particulièrement facile à retenir : « plus de robots, moins d’immigrés ». Son modèle revendiqué est notamment le Japon, pays qu’il présente comme capable de conjuguer modernité technologique et limitation de l’immigration.
C’est tout le paradoxe de la proposition. Une politique migratoire peut établir des règles différentes selon la nationalité ou le statut administratif d’une personne. Une technologie d’automatisation, elle, fonctionne selon une logique beaucoup plus froide : peut-elle effectuer la tâche à un coût et avec une efficacité jugés intéressants ? Si la réponse est oui, l’origine du salarié devient totalement secondaire. Une machine capable de remplacer un livreur immigré est, techniquement, une machine capable de remplacer un livreur français.
Le Japon, modèle un peu moins simple que le slogan
Le cas japonais rend l’histoire encore plus intéressante. Éric Zemmour cite régulièrement le Japon comme exemple d’un pays ayant privilégié la robotisation plutôt que l’immigration. Pourtant, les deux phénomènes ne s’excluent pas. Selon les chiffres publiés en janvier 2026 par le ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, le Japon comptait 2 571 037 travailleurs étrangers à la fin octobre 2025, soit un record et une augmentation de 11,7 % en un an.
Autrement dit, l’un des pays les plus associés dans l’imaginaire collectif à la robotique continue lui aussi de recruter massivement des travailleurs venus de l’étranger. Cela montre simplement que l’équation « un robot égale un immigré en moins » est beaucoup plus compliquée dans l’économie réelle. Un pays peut automatiser ses usines tout en manquant d’infirmiers, d’ouvriers, de personnels de restauration, de techniciens ou d’aides à domicile.
Après les immigrés, les Français ?
C’est ici que l’ironie devient difficile à éviter. Éric Zemmour présente les robots comme une manière de préserver la France du recours à l’immigration de travail. Mais si les technologies qu’il souhaite développer deviennent réellement suffisamment performantes pour conduire des véhicules, livrer des colis, construire des murs, récolter des fruits ou assister des personnes âgées, elles ne demanderont pas à leur concurrent humain son lieu de naissance avant de prendre sa place.
Le fameux « plus de robots, moins d’immigrés » pourrait donc finir par rencontrer une petite difficulté de programmation. Il faudrait inventer le premier robot patriote de l’histoire industrielle : une machine capable de reconnaître le travailleur étranger, de prendre immédiatement son poste, puis de s’éteindre poliment lorsqu’un Français se présente. Pour l’instant, les ingénieurs n’ont pas encore annoncé cette option.
La question posée par l’automatisation dépasse donc largement l’immigration. Si l’intelligence artificielle et la robotique deviennent aussi puissantes que l’espère Éric Zemmour, le vrai sujet ne sera peut-être bientôt plus de savoir comment remplacer les travailleurs immigrés. Il sera de savoir quelle place restera au travail humain, comment seront répartis les gains de productivité et quels métiers continueront d’exiger une présence humaine. Sur ce terrain-là, le robot ne fait ni assimilation, ni préférence nationale, ni contrôle aux frontières. Il exécute simplement le programme.


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