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Erasmus+ Cameroun : trois projets retenus, l’UE veut mieux

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Trois. C’est le nombre de projets camerounais retenus l’an dernier dans le cadre d’Erasmus+ Cameroun. Un chiffre jugé trop faible par la délégation de l’Union européenne, qui veut inverser la tendance. Le 15 octobre, à Yaoundé, une journée de promotion a réuni responsables ministériels, universitaires et partenaires. Franchement, trois projets pour un pays de cette taille, ça pose question.

Une session pour convaincre les universités

La rencontre s’est tenue au bureau national de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) à Yaoundé, dans le cadre des Erasmus Days 2026. Y étaient présents des représentants du ministère de l’Enseignement supérieur, du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation, du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, ainsi que de l’Université de Yaoundé I.

La délégation de l’UE a détaillé les volets du programme : enseignement supérieur, formation professionnelle, jeunesse. Au-delà de la mobilité étudiante, Erasmus+ finance la coopération entre institutions pour renforcer les curricula et les capacités dans des secteurs-clés comme l’énergie, le digital, les transports, l’agriculture et la migration.

Julien Abratis, adjoint au chef des partenariats à l’UE, a résumé le diagnostic. « On souhaite qu’il y ait plus d’organisations camerounaises qui puissent bénéficier des opportunités. » Il a aussi rappelé que ce soutien s’inscrivait dans la Stratégie Global Gateway de l’UE, qui nécessite des compétences locales adaptées.

Le Pr Sigismond Hervey Mvele, point focal national Erasmus+, a pointé le vrai blocage : « Il y a des fonds mis à disposition pour l’Afrique subsaharienne, mais l’information n’est pas véritablement partagée. »

Le problème, c’est l’information

C’est simple. Les fonds existent, les candidats potentiels aussi, mais le message n’arrive pas.

Le Pr Mvele plaide pour des sessions d’information dans chaque université, afin de former les équipes qui montent les dossiers. Difficile de ne pas y voir un aveu : si trois projets seulement passent le cap, ce n’est pas faute d’enseignants compétents, c’est faute de savoir comment candidater. Monter un dossier européen demande une méthode que beaucoup d’établissements n’ont pas encore.

Et l’AUF avance ses pions. Kebirou Mohamadou, représentant le Directeur régional en mission, a lié Erasmus+ au programme international de mobilité et d’employabilité francophone, qui doit bientôt entrer en phase pilote avec des mobilités courtes et professionnalisantes. L’AUF se dit « ouverte à des collaborations avec l’Union européenne » autour d’objectifs communs : qualité de la formation, innovation pédagogique, transformation numérique, employabilité des jeunes.

Reste à voir si ces annonces se traduiront en candidatures. On ne sait pas encore combien d’universités déposeront un dossier lors du prochain appel.

Le prochain appel dira si la session du 15 octobre a porté ses fruits. Si le chiffre de trois projets ne bouge pas, l’argument de l’information insuffisante ne suffira plus.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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