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Environ 1500 séjours depuis l’ouverture du refuge de Rimouski

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Le centre d’hébergement pour personnes en situation d’itinérance de Rimouski a accueilli des gens dans le besoin chaque soir, sans discontinuer, depuis son ouverture en septembre. Cela représente environ 1500 nuitées en un peu moins de huit mois, signe que les besoins étaient grands.

Par ailleurs, le portrait des utilisateurs de ce service d’urgence, appelé le 95, se précise. La clientèle est constituée en très grande proportion, d’hommes de 40 ans et plus, remarque Luc Jobin, directeur de l’organisme En tout C.A.S., qui gère le refuge.

Évidemment qu’on a eu quelques femmes, mais je dirais que c’est un ratio qui est d’à peu près 90 % pour des hommes, détaille M. Jobin.

Il ajoute qu’il y a un désarroi plus visible chez les hommes et que l’itinérance chez les femmes est encore souvent cachée. Les femmes sont les bienvenues chez nous, puis on est organisés en conséquence, alors il n’y a pas de femmes qui devraient tolérer des situations difficiles en matière d’hébergement.

Selon Luc Jobin, la durée moyenne d’un séjour est d’environ une dizaine de jours. Si certains y ont séjourné une seule nuit, d’autres y ont passé près de deux mois.

Le 95 ouvre ses portes entre 17 h 00 à 9 h 00. Il n'est toujours pas question à ce moment-ci d’ouvrir le centre pendant la journée, sauf en cas d’exception.

Les heures d’ouverture pourraient être prolongées lors de période de canicule, par exemple. On est en train d’organiser ça. Quelle forme ça prendra ? On ne le sait pas encore, souligne M. Jobin.

Portrait de Luc Jobin devant l'entrée principale du centre d'hébergement pour personnes en situation d'itinérance de Rimouski.

Luc Jobin est directeur de l’organisme En tout C.A.S., qui gère le refuge pour personnes en situation d'itinérance.

Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger

Comme le centre d’hébergement n’a toujours pas soufflé sa première bougie, le responsable avoue qu’il ignore encore à quoi il faut s’attendre pour la saison estivale. Est-ce qu’on aura des gens qui vont vouloir dormir ici ? Vont-ils préférer aller dormir dans des tentes, etc. ? On ne le sait pas.

L’offre de service va toujours être en fonction de vraiment répondre à un besoin précis.

L’organisation compte reproduire ce qui a été fait à environ 10 reprises au cours de l’hiver, lorsque le froid était particulièrement mordant. On restait ouverts toute la journée, mis à part quelques heures pour permettre aux gens de faire l’entretien, mentionne Luc Jobin.

De son propre aveu, l’endroit est relativement exigu, mais les bénéficiaires ont été heureux de pouvoir demeurer au chaud. Ce n’est pas facile quand il y a une tempête et que tout est fermé autour. Où est-ce qu’ils vont ces gens-là ?

Financement à revoir

Le 95, qui a une capacité d’accueil d’un maximum de 16 personnes par nuit, reçoit un financement récurrent de 447 000 $ annuellement. 347 000 $ provient du Plan d’action interministériel en itinérance et le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent ajoute 100 000 $ par an.

Si la somme peut sembler généreuse, elle est en réalité insuffisante. Il en manque un peu selon Luc Jobin pour que le personnel du refuge travaille en binôme en tout temps.

On essaye de faire en sorte que notre personnel soit doublé le plus possible pour des questions de sécurité évidentes, explique-t-il.

Il arrive qu’un veilleur de nuit soit seul, mais la situation n’est pas idéale lorsqu’il y a plus de six personnes hébergées simultanément. D’autant plus qu’il y a parfois des admissions nocturnes. À l'occasion, ce sont même les policiers qui amènent une personne dans le besoin au refuge.

Il nous manque à peine quelques dizaines de milliers de dollars, tout au plus.

Le directeur de l’organisme En tout C.A.S. indique que des représentations en ce sens ont été faites. Il se dit d’ailleurs optimiste quant à la suite des choses.

Le bâtiment abritant le centre d'hébergement d'urgence de Rimouski se trouve sur la rue de l'Évêché Ouest.

Environ 90 % de la clientèle du 95 est composée d'hommes. Ceux-ci ont généralement 40 ans et plus.

Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger

Et la cohabitation ?

Dans la foulée de la mise en place du service destiné aux personnes en situation d’itinérances, la Ville de Rimouski, propriétaire du bâtiment, a créé le Comité Vivre-Ensemble.

L’objectif était d’ouvrir le dialogue avec les propriétaires des bâtiments voisins du centre. Les membres du comité se sont rencontrés à quelques reprises au cours des derniers mois. Ma foi, on n'a pratiquement rien eu comme écueil, lance M. Jobin.

Il note quelques situations qui se sont résorbées après discussion, selon lui.

Au moment de publier ces lignes, la Ville de Rimouski n'avait pas donné suite à notre demande d’entrevue.

Luc Jobin avance même que les travailleurs de rue sont moins surchargés depuis l’ouverture du 95. Maintenant, on peut les diriger [vers le centre] plutôt que d’essayer de trouver une place chez un ami, peut-être fournir une tente, peut-être payer une nuitée à l’hôtel dans certains cas. Ça a vraiment facilité leur travail.

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