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Les deux dirigeants traversent une nouvelle période de tensions. Pourtant, les alliés doivent soigner leur relation, en raison de leur dépendance mutuelle.
« Israël rejette le plan en 15 points. » Benjamin Netanyahu a rejeté, il y a quelques jours, la deuxième phase du plan pour Gaza, proposé par Donald Trump. Cette décision pourrait avoir des conséquences négatives sur leur relation. Pourtant, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, ces alliés historiques ne peuvent se le permettre. Israël et les États-Unis ont besoin l’un de l’autre sur les plans géopolitique, économique et militaire.
Pour entretenir une proximité avec le président des États-Unis, le Premier Ministre israélien le brosse dans le sens du poil en permanence. Benjamin Netanyahu a notamment envoyé une lettre au Comité du prix Nobel et proposait Donald Trump pour le prix de la paix, en juillet 2025.
Israël a besoin des États-Unis, et ne peut se permettre une confrontation avec le dirigeant américain. « Si vous avez des désaccords avec Donald Trump, il bloquera toutes les institutions américaines par rapport à vous », relève Adel Bakawan, directeur de l’European Institute for Studies on the Middle East and North Africa pour qui « il faut absolument cacher par tous les moyens ses désaccords avec ce président ».
Une relation qui a ses limites
La stratégie de Benjamin Netanyahu fonctionne. En échange, Donald Trump aide son allié, que ce soit concernant des affaires internes à Israël, ou sur la scène internationale. Par exemple, les États-Unis ont imposé des sanctions contre la Cour Pénal internationale (CPI). Cette offensive vise à répondre à l’émission par la CPI, en 2024, de mandats d’arrêt internationaux contre Benjamin Netanyahu et son ex-ministre de la défense Yoav Gallant pour crimes contre l’humanité commis à Gaza.
Mais cette relation a ses limites. La guerre en Iran a marqué un tournant. Les deux dirigeants décident de partir en guerre ensemble, mais avec des stratégies différentes. Le conflit a notamment débouché sur une conversation téléphonique houleuse, révélée par le média Axios, en juin dernier.
À cette époque, l’Iran et les États-Unis négociaient un accord de paix. En parallèle, Israël menait sa guerre dans le sud Liban et suggérait de bombarder Beyrouth, la capitale. L’Iran a alors menacé de quitter la table des négociations, en raison de l’offensive de l’État hébreu Donald Trump a appelé son homologue israélien, et lui aurait crié dessus : « Tu es cinglé ! Qu’est-ce que tu es en train de faire putain ? ! ».
Des échéances électorales à passer
Concernant la deuxième phase du plan de paix pour Gaza, Benjamin Netanyahu ne pourra pas l’accepter avant les élections législatives israéliennes, prévues le 27 octobre. « Il ne veut pas donner l’impression de faire des concessions au Hamas », selon Yossi Mekelberg, expert de la politique israélienne au groupe de réflexion londonien Chatham House.
Donald Trump se rapproche lui aussi d’une échéance importante : les élections de mi-mandat, qui se tiendront en novembre prochain aux États-Unis. Les électeurs sont appelés à choisir de nouveaux élus au Sénat et à la Chambre des représentants. Les candidats républicains affronteront des démocrates, dont beaucoup défendent les droits des Palestiniens et qualifient de génocide la guerre à Gaza. Si le parti du président perd, toute la deuxième partie de son mandat sera bien compliquée.
« Il faut faire très attention à ne pas blesser l’autre, ne pas entrer dans un moment de rupture tout en démontrant qu’on est en désaccord avec l’autre », conclut Adel Bakawan, qui n’exclut pas une future confrontation entre les deux hommes.


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