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Originaire de Gisors (Eure), l'enseignante qui a par ailleurs assumé la fonction de directrice d'école revient sur 42 ans de carrière au service de plusieurs générations d'élèves.
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Par Nicolas Pelouas Publié le 20 août 2026 à 5h46
Après une vie entière à enseigner et une carrière à voir défiler les générations au sein de l’école-collège privée Jeanne-d’Arc de Gisors (Eure), Anne Chaillan ne retrouvera pas le chemin des classes pour la première fois en cette rentrée 2026. Au terme de 42 ans de carrière, celle qui a aussi assuré les fonctions de directrice d’école revient son ancrage auprès des élèves de Gisors, avant de définitivement quitter le tableau noir.
À l’heure où elle remplissait ses cartons dans son bureau, Anne Chaillan s’apprêtait à quitter son poste de directrice, après 42 ans de carrière au sein de l’établissement privé catholique Jeanne-d’Arc de Gisors.
Elle y a surtout été professeure des écoles. Véritable vocation, elle déclare :
« Je n’ai aucun regret. Si c’était à refaire, je referai pareil ».
À 63 ans, la nouvelle retraitée originaire de Gisors dresse le bilan de sa carrière, non loin de son tableau à ardoise.
« Au début, je voulais être partout sauf à Gisors »
Pour elle, enseigner était une évidence. Avec sa première suppléance à 18 ans dans une école à Thiberville entre Lisieux et Bernay (Eure), elle enchaîne avec trois années de formation à Hérouville-Saint-Clair, en banlieue caennaise.
« Dès le départ, j’ai voulu être institutrice, professeure des écoles. Et même si je suis de Gisors, j’ai commencé par demander en 1985 à être partout, sauf à Gisors ».
Par un concours de circonstances, elle a fini par atterrir dans sa commune natale.
« À l’époque, la ville était plus petite. Sur le coup, je n’étais pas très satisfaite d’être là. Mais au final, c’est une école avec une bonne ambiance. »
Avec les années, son avis a bien changé. Le bilan est aujourd’hui plus que positif pour celle qui a principalement eu des classes du CE2 au CM 2.
Elle a ainsi vu passé beaucoup d’élèves par ses salles de classe.
« C’est important de vivre dans son époque, de discuter avec les élèves, les parents. »
S’adapter face aux changements
Au fil des décennies, le métier s’est transformé, mais Anne Chaillan a su prendre le pli :
« Les élèves ont beaucoup évolué. Avant, ils étaient absorbés par ce qu’on leur disait. Maintenant, il y a plus d’échanges, ils sont plus actifs. Ça demande de l’adaptation. Il ne faut surtout pas rester figé. »
Scolairement aussi, les apprentissages ont bien changé pour les professeurs avec les décennies.
« Je ne compte plus les programmes, le nombre de ministres de l’Éducation nationale qui se sont succédé ».
Elle en a connu 23 tout au long de sa carrière.
Au niveau pédagogique, la Gisorsienne a aussi vu l’arrivée de nombreuses technologies allant de l’ordinateur aux portables, en passant par les polycopieuses, les rétroprojecteurs et les vidéoprojecteurs.
Dans son parcours d’enseignante, « il n’y a pas d’événement qui m’a plus marqué qu’un autre. Le positif est un peu partout, présent tous les jours. »
Elle a tout de même été marquée par sa remise de la médaille du mérite diocésain à Louviers le 7 juillet 2026.
Avec une cérémonie qui a récompensé son action en tant que laïque auprès de l’institution catholique.
Le nombre d’élèves a doublé en 40 ans
De la rentrée 1985 jusqu’en juin 2008, Anne Chaillan a été enseignante à plein temps, avant de passer en mi-temps au mois de septembre de la même année, avec la prise en fonction de la direction de l’école primaire du groupe scolaire privé.
Tout au long de sa carrière, elle a vu l’établissement « beaucoup évoluer ». Et d’ajouter :
« Il y avait 400 élèves à mon arrivée en 1985. Ils sont aujourd’hui 800 ».
En observant la cour par la fenêtre de son bureau, elle se rappelle :
« J’ai vu beaucoup de constructions se faire ici. »
Dans une école établie à la fin du XIXe siècle, la jeune retraitée tient quand même à rappeler avec une pointe d’humour :
« J’ai travaillé sur deux siècles, pas trois. »
Cette dernière année, elle a dédié tout son emploi du temps à la gestion administrative de l’école qui compte actuellement 12 classes et un Unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS).
Une vie au rythme des sonneries
Si la professeure s’était habituée à l’horaire scolaire, son agenda sera bien différent à la rentrée.
« En tant que directrice, et même en tant qu’enseignante, on passe beaucoup de temps ici, au fil des années », constate la nouvelle retraitée qui va quelque peu regretter sa profession et va devoir changer de vie.
« J’ai rencontré tellement d’élèves, de parents, d’enseignants… J’ai eu la chance de côtoyer des personnes très différentes. »
Elle garde de bons souvenirs de son expérience ici, même si « l’esprit de l’école a été un peu ébranlé par moments. Mais on a toujours su rebondir. Il y a ici quelque chose en plus, une ambiance particulière, une belle osmose. »
Avec la retraite, c’est un nouveau rythme qui l’attend.
« Je vais prendre le temps d’abord, je n’ai plus d’horaire, ni de sonneries pour rythmer mes journées. »
C’est un nouveau programme qui s’ouvre à elle, loin des bancs de l’école sur laquelle elle gardera tout de même un œil toujours bienveillant.
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