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Une réforme des enveloppes budgétaires du ministère de l’Éducation est bien accueillie par la directrice d’une école de Québec. Elle affirme que l’allégement de la paperasse lui donne plus de temps pour être présente auprès des élèves et du personnel.
L’annonce qui avait été décrite comme une « petite révolution » a permis la redistribution de 261 enveloppes budgétaires dans 37 catégories. La directrice de l’école internationale de Saint-Sacrement, Caroline Blais, s'en était aussitôt réjouie.
Enfin, ils nous font confiance, s’était-elle alors dit.
La mesure a pourtant suscité de l’inquiétude dans le milieu du livre, mais aussi dans le milieu de l’éducation. Or, la directrice de l’école de 340 élèves constate que la simplification des budgets lui permet d'être plus sur le terrain et de plus comprendre la réalité de [son] milieu.
Le ministère de l'Éducation précise que les organismes scolaires ont l’obligation d’appliquer les règles budgétaires, mais qu'ils ont la possibilité de décider du niveau et du rythme d’appropriation des mécanismes d’assouplissement prévus par la réforme.
À ce jour, le Ministère n’a reçu aucun refus d’application du nouveau régime budgétaire et des nouveaux regroupements, affirme le porte-parole Bryan St-Louis par courriel.
Déjà un exemple
Depuis la rentrée, l’école a organisé une activité où tous les élèves du primaire ont fait une randonnée en montagne, explique Mme Blais. Quand est venu le temps de motiver la dépense, les effets du changement se sont concrétisés.
Est-ce que c'est une sortie culturelle? Est-ce que c'est une sortie sportive? Comment, où, on la situe exactement? Je n'avais plus de questionnement. J'ai le budget. [...] Je viens de sauver du temps, illustre-t-elle.

Caroline Blais accueille favorablement la réforme des enveloppes budgétaires des écoles.
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
Auparavant, les sommes non dépensées des dizaines d’enveloppes dites protégées étaient récupérées par Québec au lieu de servir à une autre mission.
Mme Blais prévoit déjà pouvoir dépenser davantage cette année pour des activités culturelles ou sociales et pour l’achat de livres pour la bibliothèque, car son école bénéficie d’activités sportives gratuites offertes par la Ville de Québec ou des organismes.
Je n'ai pas à utiliser la mesure d'activité sportive parce qu'elle est gratuite maintenant pour moi, mais ça n'empêche pas que je mets de l'avant les activités sportives, explique-t-elle.
Craintes pour la culture
Deux enseignantes de l’école ont le sentiment d’être soutenues par la direction lorsque leurs classes ont besoin de ressources.
Elle trouve toujours des solutions, affirme d’emblée l’enseignante en éducation physique Marie-Eve Couture. Elle ne craint pas de perdre des ressources en raison de la nouvelle distribution des enveloppes.
Elle ne va pas tout mettre dans le même panier, donc elle va vraiment s'assurer que notre besoin est comblé, qu’on trouve une solution pour [avoir] les sous pour faire nos activités.

Le budget requis pour les activités physiques à l'école internationale de Saint-Sacrement est moindre cette année en raison d'activités gratuites offertes par des organismes et la Ville de Québec.
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
L'enseignante spécialisée en musique Valérie Magnan fait également confiance à sa direction, mais aurait préféré que les dépenses culturelles soient protégées par une enveloppe distincte.
Ça m'inquiète sur un plan plus général parce que, dans certains milieux, on sait que l'argent pourrait être dévié vers autre chose que la culture. On sait que, souvent, la culture, c'est le parent pauvre dans notre société, s'inquiète l'enseignante qui compte une trentaine d’années d’expérience.
Elle s'inquiète particulièrement des conséquences de la mesure dans les régions où l'accès aux sorties culturelles peut être plus difficile et cher.
Moins de ventes dans une librairie de quartier
Les ventes de livres aux écoles pour le mois de septembre 2026 sont en baisse de 30 % comparativement au mois de septembre 2025, constate la propriétaire de la librairie Le Mot de tasse à quelques mètres de l’école internationale de Saint Sacrement.
Trente pour cent, c'est beaucoup, mais je ne panique pas non plus. [...] Sur un mois, je ne fais pas trop de grosses tendances, affirme sereinement Chantal Savoye.
Je fais confiance aux directions d'écoles et au personnel enseignant. Je sais qu'ils savent l'importance d'avoir des livres dans les classes, explique-t-elle.

Chantal Savoye fait confiance au personnel d'école pour assurer l'achat de livres malgré le changement des enveloppes budgétaires.
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
Toutefois, elle constate que les achats de livres par les collectivités risquent d’être dorénavant moins prévisibles, car il y a des moments où ils vont probablement acheter moins de livres pour favoriser autre chose, reconnaît-elle.
Cette incertitude l'inquiète, car, selon une étude de l'Association des libraires du Québec, le bénéfice net moyen des librairies est d’environ 3 % de leur chiffre d’affaires.
C'est faible, c'est très faible, affirme Mme Savoye. Elle explique que, chez elle, les achats des écoles représentent environ 35 % de son chiffre d'affaires. En plus des achats de livres pour les bibliothèques d'écoles, les enseignants ont également un budget de 300 $ par année pour leur classe.


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