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La jeune fille de 14 ans atteinte du spectre de l’autisme, qui avait été portée disparue pendant plus d’une semaine à Toronto, a été retrouvée jeudi. Cette situation, qui a mobilisé la communauté pendant plusieurs jours, ravive le débat sur la sécurité des enfants autistes. Devrait-il y avoir des alertes Amber spécifiquement destinées aux enfants atteints de ce trouble? Les avis sont partagés.
Les enfants autistes sont 160 [fois] plus susceptibles de mourir de noyade que les enfants non autistes du même âge, explique la directrice de la Ontario Autism Coalition, Ashley Ferreira. Selon elle, les enfants atteints de ce trouble ont davantage tendance à se diriger vers l’eau, la circulation ou d’autres environnements dangereux.
Le système actuel ne reconnaît pas ces types de risques, et c’est le problème qu’on essaie de régler depuis des années.
La directrice de la coalition milite depuis des années pour l’implantation d’un système d’alerte régionalisé et ciblé pour les enfants et les adultes autistes nécessitant le soutien continu d’un proche.
Le gestionnaire du site web de défense des droits End The Wait Ontario , qui milite pour les droits des enfants autistes en Ontario, ainsi que le père d’un jeune garçon autiste, Spencer Carroll, croit que toute mesure proactive pour retrouver un enfant porté disparu constituerait un énorme progrès.
Il souhaiterait voir un système conçu pour les enfants autistes ayant des besoins élevés, particulièrement ceux qui sont non verbaux.
Enlever les « étiquettes » d’autisme
Toutefois la Dre Kara Dymond, enseignante et conférencière à l’Université de Toronto, et titulaire d’un doctorat en éducation, estime qu’un système d’alerte ne devrait pas se concentrer uniquement sur les enfants atteints du spectre de l’autisme.
Nous devons agir rapidement face à chaque disparition d’enfant. Tout le monde peut avoir des vulnérabilités accrues, qu’il s’agisse de compréhension, de communication ou de résolution de problèmes.
Dre Dymond privilégie plutôt un système axé sur les facteurs de risque. Par exemple, il pourrait signaler que l’enfant a des difficultés à parler lorsqu’il est stressé ou qu’il a besoin d’une médication quotidienne.

Kara Dymond est enseignante et conférencière à l’Université de Toronto.
Photo : Avec l’autorisation d'Ashley Ferreira
Diagnostiquée autiste tardivement à l’âge adulte, elle explique qu’un système d’alerte réservé uniquement aux enfants et aux adultes autistes ne serait pas représentatif, puisque chaque situation est différente.
Certaines personnes qui ne sont pas diagnostiquées autistes pourraient tout de même présenter des difficultés susceptibles de leur nuire en cas de disparition.
Des vulnérabilités invisibles
Au-delà des risques environnementaux, les enfants atteints du spectre de l’autisme peuvent aussi faire face à des dangers invisibles
Les risques qu’un enfant autiste fugue sont très élevés. Leurs troubles de communication les empêchent parfois de s’identifier ou d’indiquer comment retrouver leurs parents.
Mme Ferreira ajoute qu’ils sont souvent incapables d’identifier les dangers.
Avec les informations de Jérémie Bélanger


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