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France 15/04/2026 16:15 Actualisé le 15/04/2026 16:38
L’enfant est toujours hospitalisé et présente « une carence d’hygiène importante » a annoncé le procureur.

JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
La police a retrouvé l’enfant dans une camionnette à Hagenbach dans le Haut-Rhin, le lundi 6 avril après l’alerte d’une habitante.
Le lundi 6 avril, un jeune garçon de neuf ans a été retrouvé nu et dénutri dans une camionnette à Hagenbach dans le Haut-Rhin. Le procureur de la République de Mulhouse a tenu une conférence de presse ce mercredi 15 avril, au cours de laquelle il a notamment donné des nouvelles du garçonnet mais aussi évoqué son quotidien. Il avait été installé « dans la camionnette à la fin du mois de septembre 2024 », il avait alors sept ans.
Le père de l’enfant, âgé de 43 ans, a été mis en examen pour « séquestration aggravée et privation de soins » et placé en détention provisoire pour une durée d’un an. Il encourt jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle. Sa compagne, qui conteste les faits, a quant à elle été mise en examen pour « non-assistance à mineur de moins de 15 ans en danger et non dénonciation de mauvais traitements, privations, agressions ou atteintes sexuelles », rapporte BFMTV. Elle risque jusqu’à 7 ans de prison.
· Un état de santé très dégradé
Le procureur de Mulhouse a décrit un enfant retrouvé dans un état extrêmement préoccupant, marqué par une grande faiblesse physique et des signes de dénutrition après une longue période d’enfermement.
Au moment de sa prise en charge, le garçon était incapable de se déplacer normalement, conséquence directe d’une immobilisation prolongée dans un espace confiné. Son état général a immédiatement nécessité une prise en charge médicale à l’unité d’accueil pédiatrique mineurs en danger (UAPED). Il fait désormais l’objet d’un suivi attentif, tant sur le plan physique que psychologique.
Un examen pratiqué par un médecin légiste a mis en évidence « une carence d’hygiène importante » et « l’absence de lésion traumatiques récentes, mais aussi, l’absence de lésion traumatique au niveau génital ou anal ».
· Des conditions de vie particulièrement insalubres
L’enfant vivait dans une camionnette dans des conditions décrites comme extrêmement dégradées par le procureur, entouré de déchets et sans accès à des installations sanitaires normales. « Il disposait d’un baluchon de vêtements et il devait uriner dans des bouteilles vides », a indiqué le procureur. « Son père vidait régulièrement les déchets. L’enfant indiquait que son papa ne lui lavait plus ses vêtements et qu’il n’avait plus de pyjama. »
L’enfant a dit aux enquêteurs que son père « lui apportait de l’eau et de la nourriture deux fois par jour, en général des aliments froids ». Le jeune garçon a indiqué que son père « lui apportait de l’eau chaude et l’été de l’eau fraîche » et que sa dernière douche datait de la fin de l’année 2024.
Selon le magistrat, l’enfant dormait sur un matelas « et ne disposait plus de brosse à dents ». Il a également souligné qu’il n’avait pas bénéficié de soins ni d’une hygiène régulière, ce qui a contribué à l’aggravation de son état de santé.
· Une justification contestée et une enquête en cours
Le père aurait expliqué avoir agi par crainte d’une prise en charge médicale ou psychiatrique, une version non étayée à ce stade par des éléments concrets selon le procureur. « Aucun des éléments médicaux n’étayaient la réalité des problèmes psychiatriques de l’enfant », selon les premiers éléments recueillis, a-t-il annoncé. L’enfant a aussi expliqué avoir de très mauvais rapports avec la compagne de son père, qualifiée de « méchante » et de « pire ennemie ».
Les investigations se poursuivent désormais pour comprendre précisément les circonstances de cette séquestration et déterminer les responsabilités, y compris au sein de l’entourage. L’affaire soulève également des questions sur les éventuelles défaillances ayant permis qu’une telle situation perdure sans être détectée.
La mère, qui n’avait pas la garde, dit avoir contacté en vain une association pour exercer ses droits. « Elle apprenait que sa fille était scolarisée en sixième, mais l’école primaire » de la commune « lui indiquait cependant ne pas avoir d’enfant scolarisé au nom de son fils ».


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