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La flambée des prix de l'énergie réveille de mauvais souvenirs. Pour l'instant, la hausse reste contenue si on la compare au choc historique de 2022. Mais prudence! Les crises énergétiques peuvent parfois s'installer rapidement dans l'économie et les budgets des ménages et entreprises. Face à ce risque, le gouvernement belge semble avoir choisi une stratégie simple : attendre.
Cette prudence peut se comprendre. Les marchés restent extrêmement volatils. Intervenir trop vite pourrait conduire l'État à prendre des mesures coûteuses qu'il faudrait ensuite retirer, au prix d'une nouvelle confusion politique.
Reste que la prudence ne doit pas se transformer en paralysie. Depuis plusieurs jours, chaque parti de la majorité avance sa propre recette : cliquet inversé sur les carburants, report de la hausse des accises sur le gaz, blocage des prix ou extension du tarif social. Ce foisonnement d'idées traduit moins une réflexion collective qu'une cacophonie politique. Le contexte budgétaire, il est vrai, est particulièrement contraint. Inutile de rappeler ici la délicate situation de nos finances publiques que le comité de monitoring devrait douloureusement rappeler la semaine prochaine. En outre, les mesures prises lors de la précédente crise énergétique ont coûté plusieurs milliards. Bart De Wever ne veut pas revivre un "quoi qu'il en coûte" énergétique. On le comprend. Mais gouverner ne consiste pas seulement à arbitrer des dépenses. C'est aussi anticiper les chocs, même si à très court terme, les caisses de l'État se garnissent en recettes fiscales revigorées par la hausse des prix. À plus long terme, c'est une autre histoire.
Le prix maximum du litre de diesel supérieur à 2 euros ce jeudiLa première urgence n'est pas forcément de dépenser davantage, mais de préparer les décisions. Plusieurs mesures existent qui ne pèseraient guère sur les finances publiques : accélérer le déploiement des compteurs intelligents au niveau régional ou simplifier les contrats énergétiques. Pas mal de leviers réglementaires pourraient soulager les consommateurs sans creuser le déficit. Surtout, le gouvernement doit parler d'une seule voix, dès la sortie du conseil des ministres de ce vendredi. La crise pourrait ne pas passer d'elle-même. Le gouvernement devrait au moins commencer par prendre en compte ce scénario. La mobilisation sociale de ce jeudi rappelle que le climat social est inflammable. Un choc énergétique pourrait être l'étincelle de trop.
La Belgique ne va pas puiser dans ses réserves de pétrole pour le momentPour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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