Le soir du drame, le 7 septembre 1996, Las Vegas accueille le grand retour sur le ring du boxeur Mike Tyson. Dans le public se trouvent de nombreuses stars, dont Tupac Shakur, 25 ans. Il est accompagné de Suge Knight, le puissant et très controversé patron du label Death Row Records. Tupac a rejoint son label peu après être sorti de prison, où il purgeait une peine pour abus sexuel au premier degré.
Après le match, la situation dégénère dans les couloirs du casino. L’équipe du rappeur croise Orlando Anderson, un jeune membre d’un gang rival de Compton, une banlieue chaude de Los Angeles. C’est le neveu d’un certain Duane Davis, surnommé «Keefe D». Une violente altercation éclate. Tupac et ses proches se jettent sur Anderson et le frappent au sol, devant les caméras de sécurité.
Lire aussi: Trente ans après son meurtre nébuleux, le mythe Tupac Shakur continue de captiver les espritsPour comprendre cette violence, il faut saisir le contexte de 1996. Le rap américain est déchiré par une guerre fratricide. D’un côté, la côte Ouest, représentée par le label californien Death Row Records de Suge Knight et Tupac. De l’autre, la côte Est, incarnée par le label new-yorkais Bad Boy Records, fondé par Sean Combs – alias Puff Daddy – et représenté par The Notorious B.I.G. Dans un contexte de guerre de gangs, le label de P. Diddy utilisait pour sa sécurité en Californie un gang rival, les South Side Compton Crips, auquel appartenait justement Orlando Anderson. Par ailleurs, Tupac avait survécu en 1994 à une fusillade à New York, qu’il attribue à P. Diddy et Bad Boy Records.
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