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Par Hélène Sallon et Abdulmonam Eassa
Publié aujourd’hui à 17h29, modifié à 18h18Article réservé aux abonnés
ReportageAlors que les prix de l’électricité flambent, la livre syrienne dégringole face au dollar, accentuant la perte de pouvoir d’achat et la colère des ménages contre le gouvernement d’Ahmed Al-Charaa, accusé de ne pas avoir de réelle politique économique.
Dans l’appartement de Fatima, dans le sud de Damas, seul le réfrigérateur fonctionne. La pièce qui fait office de salon, avec quelques matelas posés au sol, étouffe sous la chaleur de l’été syrien. Cette mère au foyer de 56 ans veille à consommer le moins d’électricité possible. Depuis la hausse des tarifs, en octobre 2025, elle n’ose plus aller récupérer ses factures auprès de la compagnie publique d’électricité, sachant qu’elle ne pourra pas les payer. « Une facture d’électricité pour deux mois équivaut au salaire de mon mari − 13 500 livres syriennes [SYP - environ 135 euros]. Avant l’augmentation, on payait 300 LS (3 euros) », explique Fatima (le prénom a été changé).
Fatima, 56 ans, dans le sud de Damas, le 27 juin 2026. L’électricité peut lui être coupée à tout moment. Et, avec l’installation prévue de nouveaux compteurs électriques fonctionnant par prépaiement, il ne sera bientôt plus possible d’être alimenté sans avoir payé à l’avance.
Fatima ne sait pas où elle va trouver l’argent. Son budget mensuel ne dépasse pas 200 euros entre le salaire de son mari, fonctionnaire, et l’argent que leur envoie leur fils de 26 ans, serveur en Irak. Propriétaires de leur logement, ils n’ont pas à se soucier du loyer. Ils doivent néanmoins compter chaque dépense : les transports du père et des deux filles, étudiantes à l’université, une bouteille de gaz, le pain, les médicaments, etc. Au total : 11 650 SYP. Ils mangent de la viande une fois par an et n’achètent plus de vêtements. Fatima s’est déjà endettée à hauteur de 450 000 SYP (soit environ 4 500 euros).
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