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Le 27 septembre, les citoyens sont appelés à se prononcer sur une initiative populaire de la droite souverainiste visant à sanctuariser une neutralité plus stricte, qui empêcherait par exemple Berne de sanctionner un pays belligérant, comme la Russie.

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Le drapeau présidentiel russe brandi devant le Parlement suisse avant une manifestation des partisans de l’initiative populaire « Préserver la neutralité suisse », à Berne, le 29 août 2026. Le drapeau présidentiel russe brandi devant le Parlement suisse avant une manifestation des partisans de l’initiative populaire « Préserver la neutralité suisse », à Berne, le 29 août 2026.

Hans-Ueli Läppli aurait mieux fait de ne rien écrire, à condition bien sûr que Hans-Ueli Läppli existe. Sous ces prénom et patronyme fictifs, un individu qualifié de « chroniqueur suisse régulier » régale régulièrement de sa prose géopolitique les lecteurs du site allemand RT DE, émanation de l’ancien Russia Today, un média de propagande financé par le Kremlin.

Fin août, dans une langue curieuse et maladroite, confondant hochdeutsch (l’allemand classique) et différentes déclinaisons des dialectes suisses alémaniques, l’homme enjoignait à la droite nationaliste helvétique de calquer sa campagne sur les méthodes des partis d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) ou le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), en inondant TikTok et les réseaux sociaux dans le but de « capter la jeunesse ». Las, la manœuvre était si grossière que la main d’un opérateur russe balourd a aussitôt été repérée derrière l’argumentaire du « chroniqueur indépendant ».

Au creux de l’été, l’ingérence de Moscou dans les affaires politiques suisses ne s’était même pas embarrassée d’un quelconque souci de dissimulation. Dans une tribune publiée le 5 août par le quotidien libéral Neue Zürcher Zeitung (NZZ), la porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, Maria Zakharova, a accusé la Suisse d’avoir choisi son camp et de facto tourné le dos à sa neutralité historique : « D’un point de vue juridique, la “neutralité flexible” [pratiquée actuellement par Berne] signifie l’absence totale de neutralité. »

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