Plusieurs milliers de personnes ont rendu hommage mardi soir à Banja Luka, capitale de l’entité serbe de Bosnie, à l’ex-chef militaire serbe bosnien Ratko Mladic. Ce dernier est mort fin août alors qu’il purgeait une peine de prison à vie, notamment pour génocide.
Ratko Mladic est décédé jeudi, à l’âge de 84 ans, à la Haye (Pays-Bas), où il purgeait sa peine dans un centre pénitentiaire de l’ONU.
Il avait été condamné en 2017 à la perpétuité par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité pendant la guerre de Bosnie, un verdict confirmé en appel en 2021. Ce conflit a fait près de 100 000 morts de 1992 à 1995.
Lire aussi: La justice internationale confirme la condamnation de Ratko MladicDes personnes qui ont répondu à l’appel de l’association d’anciens combattants serbes de Banja Luka se sont d’abord rassemblées sur la place principale du centre-ville, a rapporté la chaîne publique de l’entité serbe de Bosnie (RTRS).
Livre de condoléances
Elles ont ensuite défilé sur le principal boulevard, derrière une banderole sur laquelle était écrit «Commandant, merci pour tout!» et un drapeau long de plusieurs dizaines de mètres d’une ancienne unité d’élite au sein de l’état-major de l’armée serbe de Bosnie à l’époque du conflit.
Lire aussi: La mémoire de Srebrenica vient de nouveau déchirer la Bosnie-HerzégovineArrivés au pied d’un monument dédié aux militaires serbes morts pendant la guerre, dans le centre de Banja Luka, les participants ont allumé les bougies et ont patienté dans une longue queue pour écrire un message dans un livre de condoléances posé devant une photo encadrée de Ratko Mladic en uniforme et une gerbe de fleurs.
Massacre de Srebrenica
Officier de l’armée yougoslave avant l’éclatement de la fédération au début des années 1990, le général Ratko Mladic a été pendant la guerre de Bosnie le chef de l’état-major des forces serbes.
Lire aussi: Srebrenica, trente ans plus tard: «On ne peut pas oublier»Il a été reconnu coupable par le TPIY notamment pour le massacre de Srebrenica dans lequel ses forces ont tué en juillet 1995 environ 8000 hommes et adolescents bosniaques, crime qualifié de génocide par la justice internationale.
Des hommages similaires ont été organisés ces derniers jours dans plusieurs localités de l’entité serbe de Bosnie, et les tensions sont montées d’un cran dans ce pays des Balkans où la lecture de la guerre diverge selon l’appartenance aux communautés serbe, bosniaque et croate.
Le lieu et la date des funérailles de Ratko Mladic n’ont pas encore été annoncés. Selon certains médias, il devrait être enterré à Belgrade.


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