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En ligne ou dans les lieux publics, les actes anti-LGBT+ en hausse, selon le rapport annuel de SOS Homophobie

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Dans son rapport annuel, l’association pointe une hausse inquiétante des violences touchant les personnes LGBTI.

Par Charlotte Arce avec AFP

EN BREF SOS Homophobie alerte sur une hausse des violences LGBTIphobes en 2025, avec 1 771 témoignages recueillis. Les agressions se produisent en ligne, en public ou encore en famille.
Les guets-apens homophobes via des applis de rencontres sont en augmentation.
Julia Torlet, présidente de SOS Homophobie, souligne le manque de volonté politique pour appliquer les lois existantes.

Sur internet, dans les lieux publics ou au sein de leur propre famille, les personnes lesbiennes, gays, bis, trans ou intersexes sont de plus en plus victimes de paroles et d’actes haineux. C’est ce que met en lumière le rapport 2026 que SOS Homophobie consacre aux LGBTIphobies et rendu public ce lundi 11 mai.

Au total, plus de 1 700 cas de violences et de discriminations sociales ont été signalés à SOS Homophobie en 2025 en France, qui pointe un « climat de plus en plus anxiogène et délétère ».

Dans son rapport de près de 200 pages, SOS Homophobie dit avoir récolté l’an dernier 1 771 témoignages de LGBTIphobies (insulte, harcèlement, menace, discrimination, agression physique…) via ses dispositifs d’écoute et de soutien aux victimes (ligne téléphonique, chat, mail). Ces chiffres, en hausse par rapport aux 1 571 témoignages reçus en 2024, « ne sont évidemment pas exhaustifs » compte tenu des personnes concernées qui « taisent leur souffrance par peur ou résignation », souligne l’association, qui publie son rapport à l’approche du 17 mai, Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie.

Augmentation des guets-apens homophobes

Dans le détail, les témoignages recueillis concernent en premier lieu des actes subis dans des lieux publics (13 %), en ligne (11 %), ainsi qu’au sein de la famille et de l’entourage proche (10 %). Les LGBTIphobies se manifestent sous différentes formes. Si le rejet (42 % des cas), les insultes (36 %) et le harcèlement (17 %) en sont les principaux vecteurs, il arrive aussi qu’elles se muent en violence physique.

Ainsi, en 2025, SOS Homophobie a recensé 4 % de pièges homophobes. Ce mode opératoire, facilité par les applis et sites de rencontres, est utilisé par des agresseurs pour piéger des utilisateurs lors d’un rendez-vous. Lorsqu’elles se présentent, les victimes sont souvent passées à tabac en raison de leur orientation sexuelle.

Dans son rapport, l’association donne la parole à des victimes de ces guets-apens homophobes. Parmi elles, Yassine, qui rapporte avoir été agressé chez lui par plusieurs personnes après avoir fait la rencontre d’un homme sur une appli. En plus des insultes - « sale pédophile », « T’as cru qu’on était comme toi ? » -, Yassine est bousculé, frappé, plaqué contre le mur. « Mon salon, mon espace, ce lieu où je me sentais en sécurité, devient soudain une cage où je suis leur proie. », a-t-il raconté à SOS Homophobie. Yassine ajoute dans son témoignage avoir porté plainte, mais que la police n’a pas retenu le caractère homophobe de l’agression.

Un manque de moyens et de volonté politique

Comme le rappelle auprès de l’AFP la présidente de SOS Homophobie Julia Torlet, ce qui est arrivé à Yassine est loin d’être un cas isolé. « Les lois qui protègent les personnes LGBTI + et qui condamnent l’homophobie et la transphobie existent mais il y a un manque de volonté politique pour leur mise en œuvre », relève Julia Torlet, qui déplore également un « manque de moyens ».

Les témoignages qui égrènent le rapport annuel de l’association mettent par ailleurs en lumière de nombreuses difficultés pour les victimes : difficulté d’accès à des soins spécialisés adaptés, disqualification ou minimisation de leur parole, aggravation des troubles sous l’effet des violences, et vulnérabilité économique accrue corrélée au handicap. « Ainsi, les LGBTIphobies ne relèvent plus seulement d’atteintes symboliques ou verbales, mais peuvent compromettre la stabilité psychique, l’accès aux soins et les conditions matérielles d’existence », note le rapport.

« On est sur une ligne de crête, on sait que tout peut basculer dans un an avec l’élection présidentielle, dans un sens comme dans l’autre : soit les pouvoirs publics agissent pour une mise en œuvre effective de l’arsenal législatif soit à l’inverse on continue sur la pente glissante, vers de plus en plus de violences et de moins en moins de vivre ensemble », prévient Julia Torlet.

Dans l’attente d’une réponse politique, quatre applications de rencontres - Grindr, Tinder, Bumble et Happn - ont signé la première charte d’engagement pour la prévention des violences et la sécurité des personnes LGBTI. Elles s’engagent notamment à délivrer des messages de prévention après des utilisateurs dès la création du compte. « Nous espérons que ce premier pas vers une prévention des guets-apens homophobes portera ses fruits, et c’est avec une grande attention que nous nous intéresserons aux bilans annuels de la Dilcrah (délégation interministérielle de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, ndlr) à ce sujet », écrit SOS Homophobie.

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