À retenir
- Des pales mises en drapeau sous un seuil de vent ont réduit la mortalité nocturne des chauves-söuris de 44 % à 93 % à Casselman.
- La perte annuelle de production reste inférieure à 1 % de l’électricité du parc.
- Une synthèse de 10 études en 2013 conclut à une baisse d’au moins 50 % de la mortalité en relevant le seuil de démarrage.
Sommaire
Casselman, 25 nuits et 12 éoliennes à l’arrêt ou presque
En laissant les pales immobiles quand le vent souffle à peine, des chercheurs ont réduit la mortalité nocturne des chauves-souris de 44 % à 93 % sur un parc éolien de Pennsylvanie. L’étude, signée Edward Arnett et ses collègues de Bat Conservation International et de l’Université de Floride, a été publiée en ligne fin 2010 dans Frontiers in Ecology and the Environment. Le site s’appelle Casselman et se trouve dans le comté de Somerset.
Le coût sur l’année : moins de 1 % de la production d’électricité.
Le protocole est d’une simplicité presque déroutante. Une éolienne de ce parc démarre d’ordinaire quand le vent atteint 8 à 9 mph. Les chercheurs ont repoussé ce seuil à environ 11 mph sur certaines machines et à 14,5 mph sur d’autres, pendant que le reste du parc tournait normalement. Sous le seuil, les pales étaient mises en drapeau, c’est-à-dire tournées pour ne plus prendre le vent, et le rotor restait à l’arrêt ou presque.
Une éolienne figée en fin de journée alors qu’une brise légère agite encore les arbres peut passer pour une panne. À Casselman, c’était le réglage voulu.
Des mortalités 5,4 et 3,6 fois plus élevées aux machines actives
Une tour et des pales à l’arrêt ne tuent pas de chauves-souris.
Les auteurs ont donc ciblé la fin de l’été et le début de l’automne, des mois de vent faible où l’activité des chauves-souris et les mortalités sont à leur plus haut. Au total, 12 des 23 éoliennes du parc ont été suivies pendant 25 nuits, en 2008 puis en 2009.
Les résultats se lisent en deux rapports. Aux éoliennes fonctionnant normalement, la mortalité observée était en moyenne 5,4 fois plus élevée qu’aux éoliennes à l’arrêt en 2008, puis 3,6 fois plus élevée en 2009. D’une nuit à l’autre, la baisse de mortalité allait de 44 % à 93 %, et c’est cette borne haute qui a fait le titre.
La matière première reste modeste. Les équipes ont retrouvé 32 carcasses fraîches en 2008 et 39 en 2009 sur les 12 éoliennes suivies, des comptages corrigés des biais de terrain, comme les carcasses qui disparaissent avant d’être trouvées. Le rapport de 5,4 de 2008 s’accompagne d’un intervalle de confiance qui court de 2,08 à 14,11, une fourchette large. Les auteurs reconnaissent eux-mêmes qu’il faudrait comparer d’autres tailles de turbines, d’autres régimes de vent et d’autres habitats.
Moins de 1 % de production perdue, mais pour un seul parc
La perte de puissance annuelle reste sous 1 % de la production totale à Casselman. Ce chiffre vaut pour ce parc, et les pertes augmentent avec le réglage à 14,5 mph, plus exigeant que celui à environ 11 mph. Le vent faible produit peu d’électricité, ce qui explique que le manque à gagner soit limité.
Dix études, un même ordre de grandeur : 50 % de baisse au minimum.
Ce constat vient d’une synthèse de 10 études d’atténuation, datée de 2013. Elle conclut à une réduction d’au moins 50 % de la mortalité en relevant le seuil de démarrage de 1,5 m/s. Une synthèse nord-américaine de 2024 affine le tableau en chiffrant l’effet à environ 33 % de baisse par mètre par seconde de seuil supplémentaire, ce qui confirme que l’ampleur exacte varie d’un site à l’autre.
Les auteurs de Casselman ne demandent pas de brider toutes les éoliennes. Leur recommandation vise les parcs situés dans des zones où la conservation des chauves-souris pose problème, pendant les périodes où les animaux actifs sont les plus exposés.
Sources : tethys.pnnl.gov | energy.gov | ncbi.nlm.nih.gov


3 hour_ago
37



























.jpg)






French (CA)