Le 24e rejet d’eau traitée de la centrale de Fukushima Daiichi est en cours depuis le 5 octobre 2026 et doit s’achever le 23. Selon le point publié le 27 août 2026 par le ministère japonais de l’Économie, environ 172 729 m³ ont rejoint le Pacifique depuis le 24 août 2023. Dans les cuves du site, environ 1 234 591 m³ restaient stockés au 13 août 2026.
Trois ans de rejets pèsent 14 % du stock actuel.
À retenir
- 172 729 m³ ont rejoint le Pacifique depuis le 24 août 2023
- Environ 1 234 591 m³ restaient stockés au 13 août 2026
- Environ 60 tonnes d’eau contaminée se forment chaque jour
Sommaire
Un tunnel de 1 km et un plafond de 1 500 becquerels
L’eau rejetée n’est pas l’eau contaminée brute des débuts de la catastrophe. Elle a d’abord traversé le système ALPS, qui retire la plupart des éléments radioactifs mais pas le tritium. L’AIEA parle de 62 radionucléides éliminés par ce dispositif.
Avant le rejet, cette eau est diluée avec de l’eau de mer, jusqu’à moins de 1 500 becquerels de tritium par litre. Elle gagne ensuite le large par un tunnel sous-marin d’environ 1 km. Pour le 24e lot, l’AIEA a analysé elle-même des échantillons sur place et confirmé, le 5 octobre 2026, une concentration très inférieure à cette limite opérationnelle. Chaque rejet porte sur environ 7 800 m³, ce qui correspond au programme de l’exercice 2026 : 8 rejets pour environ 62 400 m³.
Le gouvernement japonais avait approuvé le principe de l’opération le 13 avril 2021, pour une durée d’une trentaine d’années. Le premier rejet a eu lieu le 24 août 2023, et l’AIEA a pris soin de rappeler que la décision appartient au gouvernement du Japon : son rapport n’est ni une recommandation ni un aval. Ses experts restent présents sur le site tant que l’eau est rejetée, selon l’engagement de son directeur général, Rafael Mariano Grossi.
Pourquoi les cuves refusent de se vider
Les relevés du ministère dessinent une pente très douce : 1 280 828 m³ au 10 avril 2025, 1 254 012 m³ au 15 janvier 2026, puis 1 234 591 m³ au 13 août 2026. Entre les deux dernières dates, la baisse n’atteint que 19 421 m³ en près de sept mois. L’AIEA comptait déjà environ 1 000 cuves pour quelque 1,3 million de m³ en juin 2022, avec un espace de stockage proche de la saturation. Le stock actuel reste du même ordre de grandeur.
Environ 60 tonnes d’eau contaminée se forment chaque jour, selon l’agence Kyodo.
Cette eau a trois origines que l’AIEA détaille : l’eau injectée pour refroidir le combustible fondu, les infiltrations de nappe phréatique sur le site et la pluie qui tombe dans les bâtiments des réacteurs et des turbines. Au contact du combustible fondu et des débris, elle se charge en radioactivité, puis repart vers le système ALPS. À 60 tonnes par jour, le calcul donne environ 21 900 tonnes par an, soit plus du tiers du programme de rejets de 62 400 m³ prévu en 2026. Cet ordre de grandeur dépend évidemment du débit réel, qui varie avec les pluies.
Pour se représenter les volumes, une piscine olympique contient environ 2 500 m³. Les 172 729 m³ rejetés équivalent donc à 69 piscines, quand le stock restant en remplirait près de 494.
Embargo chinois, ruée sur le sel et mesures en mer
Le rejet avait fait scandale en 2023. La Chine a étendu son embargo sur les produits de la mer japonais, et la Corée du Sud comme la Chine ont connu une ruée sur le sel. Plus de 80 % des Sud-Coréens interrogés s’opposaient au projet.
TEPCO a pourtant lancé le rejet malgré l’opposition des exploitants de pêche, rapporte Kyodo.
En juillet 2025, l’autorité chinoise de l’énergie atomique a annoncé que ses propres analyses d’eau de mer et d’organismes marins ne montraient aucune anomalie. Côté sud-coréen, l’institut de recherche marine et halieutique de l’île de Jeju fait état, pour 2026, de 383 contrôles de radioactivité sur des produits de la mer sans aucun radionucléide détecté, et de 63 recherches de tritium sans trace non plus. Ces chiffres, relayés début octobre par le quotidien Financial News, concernent des poissons de Jeju, pas l’ensemble du Pacifique.
Jusqu’en 2051, une cuve à la fois
Vider les cuves n’est pas une fin en soi : selon Japan Today, le Japon a choisi le rejet pour démanteler des réservoirs et libérer de la place à une installation destinée à retirer les débris de combustible fondu. Selon Kyodo, l’exploitant vise la fin des rejets en 2051, en phase avec le démantèlement de la centrale. Au troisième anniversaire, le 24 août 2026, TEPCO comptait 22 rejets cumulés, soit un stock en recul de 7,6 %, et 17 cuves vidées puis démantelées sur environ 1 000. Après l’actuel, il reste 2 rejets au programme de l’exercice, qui se termine en mars 2027.
Une division suffit à situer l’échelle : 1 234 591 m³ écoulés à raison de 62 400 m³ par an, cela prendrait près de 20 ans, avant même d’ajouter l’eau qui continue de se former chaque jour.
Sources : ncbi.nlm.nih.gov | tepco.co.jp | en.fnnews.com


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