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En Israël, une démocratie verrouillée

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Publié le 18 août 2026 à 20:20. / Modifié le 18 août 2026 à 20:26. 2 min. de lecture

Lors d’élections, il y a ceux qui se font élire. Et il y a ceux dont la place est réservée. A quelques semaines d’élections législatives cruciales, voilà l’inquiétante leçon de démocratie que Benyamin Netanyahou vient d’offrir à son pays.

Elle est infligée avant tout à son parti, le Likoud. Alors que des primaires s’y tenaient lundi, le comité électoral a dû, pour la première fois de son histoire, réserver neuf places à des politiciens qui seront choisis personnellement par le premier ministre. Ce dernier a aussi fait changer le règlement interne pour qu’Almog Cohen, un politicien d’extrême droite auparavant fidèle à Force juive, puisse être élu au Likoud. Ce qui contribue à écarter les voix qui critiquent Netanyahou, comme celle de l’ancien maire de Jérusalem Nir Barkat.

Une stratégie de verrouillage interne pour un premier ministre israélien en mauvaise posture. Le Likoud compte aujourd’hui 32 sièges sur les 120 du parlement; il pourrait n’en rafler que 22 à 24 lors des législatives d’octobre. Et pour l’instant, sa coalition est moins forteque celle de l’ancien chef de l’armée Gadi Eisenkot – 50 sièges contre 58. Alors, à quelques semaines du premier scrutin que connaîtra Israël depuis 2022, le Likoud bataille tous azimuts. Y compris en menaçant de poursuites une organisation américainequi veut rapatrier certains des 500 000 électeurs israéliens à l’étranger pour leur permettre de participer, l’Etat hébreu interdisant le vote à distance.

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Le verrou qui cadenasse les partis arabes

L’intensité de la bataille s’explique aussi par l’enjeu du scrutin. Le 27 octobre, ce sera la première fois que ce pays votera depuis qu’il est engagé dans la plus longue et la plus étendue des guerres de son histoire. Et les divisions sont très profondes. Le président, Isaac Herzog, a d’ailleurs mis en garde contre la violence politique et les ingérences. Elles sont redoutéespar 72% des Israéliens juifs et près de 60% des Israéliens arabes.

Fin octobre, chaque voix comptera pour les deux blocs en compétition qui devront obtenir au minimum 61 sièges sur 120 pour gouverner. Chaque voix, oui. Y compris celle des «Arabes». Ces 21% de Palestiniens citoyens d’Israël sont crédités des 10 à 12 sièges dont l’opposition a besoin pour permettre à ce pays de changer de direction, peut-être un jour. Encore faudrait-il les considérer pour ce qu’ils sont. Ni des figurants ni des victimes, mais de véritables acteurs dignes de considération. Le voilà, l’autre verrou. Il cadenasse plus sûrement encore l’avenir démocratique d’Israël.

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