Cela faisait longtemps qu’on n’avait plus vu une proposition de cinéma aussi décalée. Il faut dire que la tradition surréaliste semblait s’être éteinte d’elle-même ces dernières années, si l’on excepte son versant absurdiste incarné par Quentin Dupieux. Qu’elle refasse surface à travers la première fiction d’un cinéaste originaire de Sion jusqu’ici cantonné dans le documentaire (Combat de reines, 2011; Above and Below, 2016) ne peut que surprendre. Formé en Allemagne, Nicolas Steiner y est retourné pour porter à l’écran le premier scénario de la romancière Bettina Gundermann, Sie glauben an Engel, Herr Drowak? Par quel miracle il est tombé dans son escarcelle nous échappe, mais le résultat est là: un film visuellement épatant, réalisé en noir et blanc avec des moyens conséquents et des acteurs de premier plan, de l’Autrichien Karl Markovics à l’Allemand Lars Eidinger en passant la jeune Zurichoise Luna Wedler.
Dans une ville étrange, composite d’architectures frappantes, celle-ci incarne Lena, une fille originale et positive qui décroche au culot un job pour le Bureau de la Paix et de l’Ordre. Elle va devoir tenir un atelier d’écriture pour un seul participant, chez lui: un certain Hugo Drowak (Markovics), alcoolique misanthrope qui s’est barricadé dans son appartement rempli de bouteilles vides et qui est menacé d’expulsion s’il n’obtempère pas. Entre la pimpante jeune femme et le vieil homme récalcitrant, un courant finit par passer, qui rallume sa créativité. Mais réveiller ses souvenirs d’un grand amour ne sera pas sans dangers…


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