La petite équipe de Sami Abu Shehadeh, candidat disqualifié mais toujours en campagne, le suit comme un seul homme entre les étals de vêtements bariolés de ce marché de Galilée, au nord d’Israël. Lunettes de soleil opaques, filmé en continu par ses communicants, le politicien louvoie entre les stands et multiplie les échanges avec les potentiels électeurs arabes de la «Joint List», alliance de trois (Balad, Hadash et Ta’al) des quatre partis arabes du pays en vue des législatives du 27 octobre.
Les juges de la Cour suprême israélienne ont conseillé son retrait du scrutin, s’appuyant sur des accusations – portée par l’extrême droite au pouvoir — d’encensement de l’attaque du Hamas, sous la forme d’un article publié le lendemain du 7-Octobre. Abu Shehadeh y avait qualifié l’opération du parti islamiste d’«événement historique important.» Quelques jours avant la décision de la Haute Cour, il assumait dans une tribune rédigée par ses soins «l’entière responsabilité du choix du moment de publication» et déclaré avoir écrit «en tant que commentateur extérieur à l’horreur» qui l’avait lui-même choqué.


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