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À Espaly-Saint-Marcel, des signalements de SOS Racisme et du Mrap et une nouvelle plainte ont conduit la justice à ouvrir un second volet d’enquête.
Par Anne-Fleur Andrle avec AFP

BENOIT TESSIER via REUTERS
Une seconde enquête pour injures racistes, confiée au commissariat du Puy-en-Velay, a été ouverte après de nouveaux éléments et signalements d’associations.
Dimanche 19 avril, à Espaly-Saint-Marcel en Haute-Loire, un homme de 65 ans a tiré à la carabine à proximité d’un groupe d’enfants. La scène s’est déroulée près de son domicile. Lors de sa garde à vue, le sexagénaire a expliqué qu’il s’entraînait au tir dans son garage et a évoqué un coup parti « en l’air », qu’il a présenté comme accidentel, après s’être agacé du bruit.
Aucun blessé n’a été constaté mais un enfant de 10 ans a affirmé avoir senti un projectile passer à proximité. Entendus dans la foulée, ni l’enfant, ni ses proches, ni les témoins n’ont, selon le Parquet, fait état de propos racistes. L’homme est néanmoins poursuivi pour « violences avec arme » et convoqué devant le tribunal correctionnel début juillet.
Quelques jours plus tard, l’affaire connaît un nouveau tournant. Mercredi 22 avril, le père de l’enfant est retourné au commissariat et y a déposé une nouvelle plainte, cette fois pour « injures à caractère raciste ». Il a également transmis un certificat médical faisant état de trois jours d’incapacité totale de travail pour son fils, en raison du choc émotionnel, un document qui n’avait pas été versé au dossier initial.
Ouverture d’une seconde enquête
Dans le même temps, des témoignages relayés par la presse locale et des signalements d’associations, dont SOS Racisme et le Mrap, évoquent des propos racistes qui auraient été tenus au moment des faits. Une vidéo est également mentionnée.
Sur la base de ces nouveaux éléments, le parquet du Puy-en-Velay a ouvert ce jeudi une seconde enquête pour injure publique « en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Elle s’ajoute à la procédure déjà engagée pour les tirs.
SOS Racisme affirme que plusieurs témoins disent avoir évoqué des propos injurieux lors de leurs auditions, sans que ceux-ci n’apparaissent dans les premiers éléments transmis à la justice. L’association questionne « les conditions de traitement des signalements » et « la prise en compte de la dimension raciste ».
L’affaire a rapidement dépassé le cadre local. Plusieurs responsables politiques ont réagi, certains dénonçant « une véritable chasse à l’enfant de couleur ». La ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a indiqué que « si le motif raciste devait être confirmé, il serait d’une gravité inouïe » et appellerait « à un sursaut collectif ».
Un rassemblement est prévu à 14 h 30 ce samedi 25 avril dans la commune, en soutien aux enfants et pour dénoncer le caractère raciste présumé des faits. L’enquête devra désormais déterminer précisément les circonstances du tir et établir si des propos racistes ont été tenus au moment des faits.


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