En Ukraine, les oblasts de Zaporijia et de Dnipropetrovsk ont été visés, selon les autorités locales. Par ailleurs, le gouverneur de Saint-Pétersbourg, où se tient un forum économique international, a fait savoir que la ville avait « été la cible d’une attaque de grande ampleur menée par des drones militaires ».

Un soldat ukrainien observe le tir d’un lance-roquettes multiple BM-21 Grad sur les positions russes près de Kostiantynivka, dans l’oblast de Donetsk (Ukraine), le 4 juin 2026. - IRYNA RYBAKOVA/ARMÉE UKRAINIENNE VIA AP Un soldat ukrainien observe le tir d’un lance-roquettes multiple BM-21 Grad sur les positions russes près de Kostiantynivka, dans l’oblast de Donetsk (Ukraine), le 4 juin 2026. IRYNA RYBAKOVA/ARMÉE UKRAINIENNE VIA AP

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A Saint-Pétersbourg, le « Davos de Poutine » s’achève comme il a commencé, sous une pluie de drones ukrainiens

Par Benjamin Quénelle

A Saint-Pétersbourg, le grand forum de Vladimir Poutine s’est terminé comme il avait commencé : sous une salve d’attaques de drones ukrainiens. Très tôt, samedi 6 juin, ils ont ciblé des installations militaires et des infrastructures pétrolières proches de la ville natale du président russe. Dans l’ancienne capitale impériale, mercredi, le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (Spief), surnommé le « Davos de Poutine », s’était ouvert sous un ciel couvert d’un panache de fumées grises. Des drones ukrainiens avaient touché des sites militaires et énergétiques. Jeudi, au lendemain de la première attaque, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a envoyé une lettre à Vladimir Poutine lui proposant une rencontre en terrain neutre pour entamer des pourparlers de paix. Vendredi, à la veille de la seconde attaque sur Saint-Pétersbourg, le chef du Kremlin lui a répondu par une fin de non-recevoir.

Les riverains d’un site militaire évacués près de Saint-Pétersbourg sont rentrés chez eux, dit le gouverneur de l’oblast

Les 600 personnes évacuées en raison de l’incendie qui s’est déclaré sur un site du ministère de la défense russe pris pour cible par des drones ukrainiens à Bolchaïa Ijora, près de Saint-Pétersboug, ont pu regagner leurs foyers, a annoncé dans la soirée le gouverneur de l’oblast de Leningrad, Alexandre Drozdenko.

« Nous vous prions de bien vouloir, pour des raisons de sécurité, ne pas vous rendre dans la région de Bolchaïa Ijora dans les prochains jours », ajoute-t-il. Il avait auparavant fait état de quatre blessés, dont un a dû être hospitalisé. Cent quarante-quatre drones ont, selon lui, été interceptés samedi dans l’oblast, où les forces ukrainiennes disent avoir touché le 15e arsenal de la marine russe, Bolchaïa Ijora, et la base navale de Kronstadt, près de Saint-Pétersbourg, où s’achevait le Forum économique annuel.

Plus de 800 kilomètres de route équipées de filets antidrone depuis le début de l’année, selon le gouvernement ukrainien

Deux cent onze kilomètres de protection antidrone ont été mis en place le mois dernier sur les « routes logistiques » d’Ukraine, ce qui porte le total à 822 kilomètres depuis le début de l’année, selon le ministre de la défense ukrainien, Mykhaïlo Fedorov.

« Cela contribue à maintenir une logistique stable, un approvisionnement rapide en ressources nécessaires, l’évacuation des blessés et une circulation plus sûre des militaires, même sous la menace constante d’attaques de drones », souligne le ministre, ajoutant que 170 kilomètres de routes endommagées ont été réhabilités cette année, dont 115,5 en mai dans les régions de première ligne.

Un civil tué par des drones russes dans l’oblast de Mykolaïv, un autre dans celui de Zaporijia, selon les autorités locales

Des drones FPV russes ont coûté la vie à un homme âgé de 64 ans à Koutsouroub (🚩) et on fait quatre blessés à Horokhiv (🚩), dans l’oblast ukrainien de Mykolaïv, annonce Vitali Kim, chef de l’administration militaire régionale. Selon son homologue de l’oblast de Zaporijia, Ivan Fedorov, un chauffeur de taxi a été tué dans les mêmes circonstances à Kouchouhoum (🚩).

L’alimentation électrique externe de la centrale nucléaire de Zaporijia coupée pendant quinze heures, selon l’AIEA

L’alimentation électrique externe de la centrale nucléaire de Zaporijia a été rétablie ce matin après une coupure de quinze heures, durant laquelle le site a dû recourir à des générateurs diesel de secours pour assurer le refroidissement de ses six réacteurs à l’arrêt, annonce l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), sur X.

« Il s’agissait de la 18e coupure d’alimentation électrique externe depuis le début de la guerre et l’une des plus longues, ce qui met en évidence l’extrême fragilité du réseau électrique et l’urgence de procéder aux réparations des lignes électriques prévues sous la protection d’un cessez-le-feu négocié par l’AIEA », ajoute-t-elle, citant son directeur général, Rafael Grossi.

L’agence avait annoncé, vendredi, avoir négocié un « cessez-le-feu localisé » pour permettre « des réparations indispensables de la ligne électrique afin d’écarter la menace d’un accident nucléaire ».

Sur Le Monde aujourd’hui

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Le président russe a « laissé passer sa chance », déplore le chef de la diplomatie ukrainienne

« En refusant la proposition (…) d’entamer des pourparlers de paix directs, [Vladimir] Poutine a laissé passer sa chance de se sortir de cette guerre vouée à l’échec », écrit le ministre des affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, sur X, évoquant la lettre ouverte que lui a adressée son homologue, Volodymyr Zelensky.

« La situation ne fera qu’empirer pour la Russie. Les pertes sur le champ de bataille continueront de s’alourdir. Les revers deviendront de plus en plus humiliants. L’économie s’enfoncera davantage dans la récession. De nouveaux emplois seront supprimés, les impôts augmenteront et l’inflation frappera les plus vulnérables », promet-il.

« Il n’y a déjà plus aucun endroit sûr en Russie qui puisse échapper aux sanctions à longue portée de l’Ukraine, mais leur intensité ne cessera de croître », assure le chef de la diplomatie, selon lequel la Russie finira bien par devoir accepter une solution diplomatique dont les conditions seront, selon lui, « bien pires » que celles qu’elle aurait pu obtenir à ce stade.

Douze drones ukrainiens lancés en direction de Moscou depuis le début de la journée, selon le maire

Douze drones lancés en direction de Moscou ont été interceptés depuis le début de la journée, selon les multiples messages du maire de la ville, Sergueï Sobianine. Les autorités russes ne signalent pratiquement jamais d’impact, laissant entendre qu’aucun drone ukrainien n’échappe à la défense aérienne.

L’OTAN se renforce en Finlande et en Suède

De nouveaux effectifs terrestres de l’OTAN ont entamé leurs opérations en Finlande et en Suède, samedi, afin de « garantir la sécurité de l’Arctique et du Grand Nord, notamment au regard de l’activité militaire russe et de l’intérêt croissant de la Chine pour cette région », a annoncé le général américain Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces de l’Alliance en Europe.

Après le lancement de l’offensive russe à grande échelle en Ukraine, les deux pays nordiques ont renoncé à des décennies de neutralité pour adhérer à l’OTAN. La Finlande y a fait son entrée en 2023 et la Suède, en 2024.

« Cette région est l’une des zones les plus importantes sur le plan stratégique », avec un environnement parmi les plus difficiles au monde, a souligné M. Grynkewich.

Les Forces terrestres avancées de l’OTAN en Finlande sont composées d’un groupement tactique suédois à Boden, en Suède, et d’un état-major multinational à Rovaniemi, en Finlande. Leur création a été décidée en 2024 par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation, lors du sommet de Washington.

L’armée ukrainienne dit avoir touché deux sites militaires voisins de Saint-Pétersbourg et une raffinerie dans le kraï de Krasnodar

Les forces ukrainiennes ont touché dans la nuit le 15e arsenal de la marine russe et la base navale de Kronstadt, près de Saint-Pétersbourg, ainsi que la raffinerie de pétrole d’Oust-Labinsk, dans le kraï de Krasnodar, annonce le Service de sécurité d’Ukraine.

Des incendies se sont déclarés sur les trois sites, précise-t-il, ajoutant qu’à la raffinerie d’Oust-Labinsk, plusieurs explosions se sont produites et trois réservoirs de carburants sont en feu.

Plus de 140 drones ont été interceptés dans l’oblast de Léningrad, selon son gouverneur, Alexandre Drozdenko. « Saint-Pétersbourg a été la cible d’une attaque de grande ampleur menée par des drones militaires », a, quant à lui, déclaré le gouverneur de la ville, Alexandre Beglov, qui a invité les habitants à « rester chez eux ». L’aéroport international de Poulkovo, au sud de la ville, a annoncé une interruption temporaire du trafic.

« La nuit dernière, nos drones ont parcouru environ 1 000 kilomètres jusqu’à la région de Saint-Pétersbourg, jusqu’aux arsenaux de la marine ennemie et à la base de Kronstadt, et nos sanctions à longue portée ont parcouru environ 500 kilomètres jusqu’à la région de Krasnodar et ont frappé un site pétrolier », écrivait dans la matinée le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sur les réseaux sociaux.

« La Russie doit mettre fin à sa guerre et cesser de s’en prendre à la vie des gens. Toute manifestation d’injustice contre l’Ukraine donnera lieu à une réponse appropriée. Je remercie nos soldats pour leur précision », ajoutait-il.

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En Ukraine, des attaques de drones russes ont fait au moins trois morts samedi

En Ukraine, dans l’oblast de Zaporijia, une attaque de drones russes contre des « infrastructures essentielles et industrielles » a fait deux morts, selon le chef de l’administration militaire locale, Ivan Fedorov.

Dans celui de Dnipropetrovsk, visée « près de 30 fois avec des drones et de l’artillerie », une personne a perdu la vie et trois ont été blessées dans le district de Kryvy Rih, a expliqué le chef de l’administration militaire régionale, Oleksandr Hanja, sur Telegram.

Les services de secours ukrainiens ont également fait état d’attaques de drones sur la ville d’Odessa, sans faire de blessé.

En Russie, 86 drones ont été interceptés près de Saint-Pétersbourg

Les forces russes ont intercepté 86 drones dans la région autour de Saint-Pétersbourg, ville où se déroule un important forum d’investissements, a annoncé le gouverneur régional samedi. « Quatre-vingt-six drones ont été abattus au-dessus de la région de Leningrad. Les opérations de combat se poursuivent », a écrit sur Telegram le gouverneur, Alexandre Drozdenko.

« Saint-Pétersbourg a été la cible d’une attaque de grande ampleur menée par des drones militaires », a expliqué de son côté sur le même réseau social le gouverneur de la ville de Saint-Pétersbourg, Alexandre Beglov. « Je demande aux habitants de Saint-Pétersbourg de rester chez eux et de ne pas sortir », a-t-il ajouté.

L’aéroport international Poulkovo, au sud de la ville, a annoncé une interruption temporaire du trafic, sans préciser la raison.

Au total, le ministère de la défense russe a annoncé l’interception de 376 drones ukrainiens au cours de la nuit au-dessus du pays. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a affirmé que huit drones avaient été abattus alors qu’ils se dirigeaient vers la ville.

L’Ukraine a récemment intensifié ses frappes de drones sur les territoires occupés et la Russie en représailles aux bombardements russes quotidiens contre son territoire.

La Russie dit avoir intercepté 25 drones autour de Saint-Pétersbourg

Les forces russes ont intercepté, dans la nuit, 25 drones dans les alentours de Saint-Pétersbourg, ville où se déroule un important forum d’investissements.

« Vingt-cinq drones ont été abattus au-dessus de la région de Leningrad. Les opérations de combat se poursuivent », a écrit sur Telegram le gouverneur de l’oblast, Alexandre Drozdenko.

Mercredi, à l’ouverture du forum de Saint-Pétersbourg, autrefois surnommé le « Davos russe », en référence au Forum économique mondial, des drones ukrainiens avaient frappé une installation pétrolière et un site militaire à proximité. Les invités arrivant à l’événement avaient été accueillis avec un panache de fumée noire en arrière-plan. Ce forum s’achève samedi, au lendemain d’une intervention du président russe, Vladimir Poutine.

Par ailleurs, huit drones ukrainiens ont été interceptés à l’aube alors qu’ils se dirigeaient vers Moscou, a rapporté sur Telegram le maire de la ville, Sergueï Sobianine.

Le point sur la situation, vendredi 5 juin à 23 heures

  • La guerre en Ukraine cessera « quand la Russie aura atteint ses objectifs », a déclaré Vladimir Poutine au Forum économique de Saint-Pétersbourg. Selon lui, la lettre que Volodymyr Zelensky lui a adressée est « irrespectueuse » et contribue à rendre une rencontre impossible.
  • Vladimir Poutine refuse une rencontre avec Volodymyr Zelensky, qui dénonce un choix « de la guerre ».
  • Vladimir Poutine minimise la crise économique en Russie et mise sur la « souveraineté » et les partenariats avec le Sud.
  • Macron, Merz et Starmer rencontreront Zelensky dimanche à Londres. « Cette réunion permettra également de faire le point sur les travaux engagés en faveur d’une paix juste et durable en Ukraine », selon l’Elysée.
  • Les autorités roumaines expliquent que l’Ukraine a perdu le contrôle de quatre drones maritimes, qui se sont autodétruits, dans le port roumain de Constanta.
  • L’Ukraine revendique des frappes contre cinq cargos russes, l’Azerbaïdjan annonçant de son côté la mort de cinq de ses marins dans des attaques de drones.
  • Un bateau de pêche turc attaqué et coulé près de la Crimée, selon les garde-côtes turcs.

Un bateau de pêche turc attaqué et coulé près de la Crimée, selon les garde-côtes turcs

Un navire de pêche turc, le Duru-67, a été attaqué vendredi au large de Sébastopol, en mer Noire près des côtes de la Crimée – territoire ukrainien annexé par la Russie –, faisant un mort et quatre blessés, ont déclaré les garde-côtes turcs. Le navire a coulé après l’attaque, a expliqué le commandement des garde-côtes dans un communiqué, sans immédiatement donner de détails sur les circonstances de l’attaque ni identifier les responsables.

Un autre bateau de pêche à proximité a rapidement évacué les cinq pêcheurs blessés du navire en train de couler et a mis le cap sur Inebolu, sur la côte turque de la mer Noire, a-t-on ajouté de même source. « Malheureusement, l’un des pêcheurs blessés, qui était dans un état critique, est décédé pendant l’évacuation », ont précisé les garde-côtes.

Fin mai, la Turquie avait mis en garde contre une « escalade incontrôlée » dans la région de la mer Noire après une attaque de drone contre un cargo turc. La marine ukrainienne a affirmé qu’un drone russe avait attaqué le navire.

L’Ukraine revendique des frappes contre cinq cargos russes, l’Azerbaïdjan annonce la mort de cinq de ses marins dans des attaques de drones

Les Forces ukrainiennes des systèmes sans pilote annoncent, vendredi, avoir frappé cinq navires cargo russes utilisés pour soutenir la logistique militaire de Moscou dans les territoires occupés du sud et de l’est de l’Ukraine. Elles ont visé un navire près de Berdiansk, dans la région de Zaporijia occupée, ainsi que quatre autres bâtiments à proximité de Marioupol et de Yalta, dans la région de Donetsk sous contrôle russe.

« Tout navire impliqué dans la logistique militaire ennemie ou dans l’exploitation illégale des ressources des territoires occupés finance effectivement la poursuite de la guerre contre l’Ukraine et constitue donc une cible légitime », déclare l’armée ukrainienne.

De son côté, le ministère des affaires étrangères azerbaïdjanais a annoncé que deux cargos avaient été touchés lors d’une attaque de drones dans la nuit de jeudi à vendredi dans la baie de Taganrog, en mer d’Azov. Selon Bakou, cinq citoyens azerbaïdjanais ont été tués et trois autres blessés dans l’attaque qui a visé les navires Natra et Zirkon alors qu’ils faisaient route depuis la Turquie vers le port russe de Rostov-sur-le-Don pour y charger des céréales. Les autorités azerbaïdjanaises n’ont pas précisé si les drones à l’origine de l’attaque étaient ukrainiens ou russes. Ni Moscou ni Kiev n’avaient commenté ces morts dans l’immédiat.

Bonjour,

Elle est accessible sur le site de la présidence ukrainienne et ci-dessous.

Vladimir Poutine refuse une rencontre avec Volodymyr Zelensky : l’Ukraine dénonce un choix « de la guerre »

Le président ukrainien a accusé vendredi la Russie de « choisir une nouvelle fois la guerre » après le rejet par le Kremlin de sa proposition de rencontre avec le président russe, Vladimir Poutine.

« Tout le monde a entendu sa réponse aujourd’hui. Une réponse faible. Il ne veut tout simplement pas mettre fin à la guerre », a déclaré Volodymyr Zelensky dans son adresse quotidienne, estimant que « beaucoup de personnes dans le monde » avaient été déçues par la réaction du dirigeant russe. Le président ukrainien a accusé Vladimir Poutine de ne rien vouloir changer et de poursuivre un conflit qui ne profiterait, selon lui, qu’au chef du Kremlin et « à ceux qui s’enrichissent grâce à lui ».

« Cela signifie que la Russie doit disposer de moins d’argent et qu’une pression accrue doit être exercée sur elle », a-t-il ajouté, appelant la communauté internationale à renforcer ses efforts pour contraindre Moscou à mettre fin au conflit. Volodymyr Zelensky a enfin remercié les pays soutenant l’Ukraine, saluant ceux qui « veulent une paix véritable ».

L’Irlande examine les exportations d’alumine vers la Russie

L’Irlande a annoncé vendredi se pencher sur les exportations d’Aughinish Alumina, une raffinerie d’alumine détenue par une entreprise russe. Propriété du géant russe de l’aluminium Rusal, l’entreprise est considérée comme l’une des plus grandes raffineries d’Europe, avec une capacité de production annuelle d’environ deux millions de tonnes de ce matériau utilisé notamment pour fabriquer de l’aluminium.

En mars, des journalistes du Irish Times et du consortium international de journalistes d’investigation Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) ont publié une enquête révélant que des traces de cette alumine avaient été retrouvées au sein de la chaîne d’approvisionnement destinée à fournir des fabricants d’armes en Russie.

Selon un article du Irish Times publié vendredi, Aughinish Alumina a affirmé avoir rectifié les chiffres qu’elle avait communiqués à l’Office central des statistiques irlandais, selon lesquels 83 % des exportations ont été expédiées vers la Russie au premier trimestre 2026. L’entreprise a précisé que le chiffre réel s’élevait à 51 %.

Dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse vendredi, le ministère des entreprises irlandais a déclaré avoir « pris connaissance d’écarts dans les chiffres d’exportation communiqués par Aughinish Alumina ». Les autorités ont « pris contact avec l’entreprise, qui s’efforce de régler cette question avec les autorités compétentes », ajoute-t-il.

Toujours selon The Irish Times, qui s’appuie sur un rapport confidentiel des autorités fiscales suédoises, l’homme d’affaires russe Oleg Deripaska continue de contrôler Rusal en dépit des sanctions occidentales qui le visent depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.

Bien que l’alumine ne soit pas soumise aux sanctions de l’UE, plusieurs députés européens appellent, depuis la publication de l’enquête, à restreindre ou interdire les exportations de ce composé vers la Russie. De son côté, Aughinish a déclaré respecter l’ensemble des sanctions et règles commerciales de l’Union européenne.

Lors d’une visite à Budapest jeudi, le premier ministre irlandais, Micheál Martin, s’est inquiété que l’alumine irlandaise puisse « être utilisée pour aider la Russie à mener sa guerre brutale contre l’Ukraine ». Mais M. Martin a également prévenu que des sanctions visant Aughinish, qui emploie environ 500 personnes dans le sud-ouest de l’Irlande, pourraient « nuire » aux chaînes d’approvisionnement industrielles européennes du fait de son important volume de production.

Crise diplomatique entre Varsovie et Kiev après l’hommage à l’UPA : tensions autour des massacres de Volhynie et de l’aide à l’Ukraine

Le chef de cabinet du président ukrainien, Kyrylo Boudanov, a rencontré vendredi à Varsovie le vice-ministre polonais des affaires étrangères, Marcin Bosacki, a rapporté à l’Agence France-Presse (AFP) le porte-parole du ministère. « La partie ukrainienne a eu l’initiative de cette rencontre », a précisé Maciej Wewior, ajoutant que la question d’une unité militaire baptisée du nom de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) avait été « le sujet principal de la rencontre ».

Varsovie a condamné la décision du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, de baptiser une unité militaire du nom d’une organisation nationaliste de l’époque de la seconde guerre mondiale, que Varsovie accuse de la mort de plus de 100 000 Polonais dans les années 1943-45.

« Indigné », le président nationaliste polonais Karol Nawrocki a proposé de priver son homologue ukrainien de la plus importante distinction polonaise, l’ordre de l’Aigle blanc, qui lui avait été remise trois ans auparavant. Dans un message vidéo publié vendredi sur X, le ministre polonais de la défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a appelé les autorités ukrainiennes à « reconsidérer cette décision ». « Pour les Polonais, l’UPA est avant tout le symbole des crimes commis contre des civils sans défense », a expliqué le ministre, qui devrait rencontrer M. Boudanov samedi.

Manifestement embarrassé, le premier ministre polonais, Donald Tusk, un proeuropéen engagé dans le soutien à l’Ukraine, a appelé cette semaine les deux chefs d’Etat à l’apaisement, tout en jugeant « inquiétante » la décision de Volodymyr Zelensky. Selon des médias polonais, M. Boudanov devait rencontrer aussi des représentants du président Nawrocki.

L’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) fut la branche militaire d’un mouvement indépendantiste ukrainien qui a combattu l’Armée rouge et les forces polonaises, tout en collaborant parfois avec les nazis et en se retournant contre eux à d’autres moments. En Ukraine, l’UPA est honorée comme une force ayant combattu pour l’indépendance du pays. Les autorités ukrainiennes reconnaissent les massacres de Polonais commis par certaines unités de l’UPA et ont présenté des excuses officielles à Varsovie, mais elles rejettent le terme de génocide. La Pologne ne cesse de demander que Kiev reconnaisse la responsabilité des massacres de Volhynie (nord-ouest de l’Ukraine actuelle). En 2025, après des années d’interruption, les deux pays ont repris les exhumations de victimes de ces massacres.