À retenir
- Le Snowy Mountains Scheme a réduit le débit du Snowy à moins de 1 % entre 1955 et 1967 en détournant ses eaux vers l’ouest.
- L’objectif officiel actuel est de restaurer 21 % du débit annuel moyen naturel, soit 212 milliards de litres par an.
- Des lâchers environnementaux obligatoires depuis 2002 visent à recréer un chenal, oxygéner les seuils et reconnecter la rivière.
Sommaire
Un fleuve détourné vers l’intérieur des terres
Moins de 1 %. C’est la part du débit annuel moyen naturel du Snowy qui subsistait à Jindabyne après la construction du Snowy Mountains Scheme, entre 1955 et 1967, selon une note du gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud. moins d’un litre sur 100 continuait de suivre le lit d’origine, et le reste partait ailleurs.
L’objectif officiel est aujourd’hui de 21 %.
Le principe du Scheme tient en une phrase. Selon Snowy Hydro, l’ouvrage détourne les eaux de tête de bassin du Snowy, de l’Eucumbene et du Murrumbidgee vers l’ouest, à travers la Grande Chaîne de partage, pour les déverser dans le Murray et le Murrumbidgee. Cette eau soutient l’agriculture de trois territoires : la Nouvelle-Galles du Sud, le Victoria et l’Australie-Méridionale. L’entreprise, qui gère ce réseau de barrages, de tunnels et d’aqueducs depuis presque 70 ans, agit dans le cadre d’une licence délivrée par le gouvernement néo-gallois.
Des travaux universitaires australiens sur le coût de la restauration du Snowy rappellent que les règles de lâcher fixées dans les années 1960 depuis le barrage de Jindabyne ne tenaient compte que de l’électricité et de l’aval, à l’ouest de la ligne de partage. Le fleuve d’origine n’entrait pas dans le calcul.
Un litre sur 100, puis 4 sur 100
La même note néo-galloise donne un second chiffre, mesuré plus loin sur le cours : 4 % du débit annuel moyen naturel à Dalgety. Le chiffre grimpe parce que d’autres cours d’eau viennent alimenter la rivière en route. Même ainsi, 96 litres sur 100 manquent à l’appel.
Atteindre 21 %, c’est multiplier la part de départ par plus de 21.
Le département de l’Environnement de Nouvelle-Galles du Sud traduit l’objectif en volume : 212 gigalitres par an, soit 212 milliards de litres. Cela représente environ 85 000 piscines olympiques chaque année, à raison de 2,5 millions de litres par bassin. Ces lâchers visent à creuser un chenal plus étroit au fond rocheux ou graveleux, à oxygéner les mares et les seuils, et à reconnecter la rivière pour que la nourriture et les animaux puissent descendre son cours. Mais le but n’est pas de rendre au Snowy son régime d’avant : même à 21 %, il manquerait encore 79 % du débit annuel moyen naturel.
Lâcher l’eau, par obligation
Le premier lâcher environnemental date d’août 2002.
Soit 35 ans après 1967, l’année qui clôt la période de construction citée par la note officielle. Entre-temps, un fleuve avait vécu avec un filet d’eau, et les cartes de l’irrigation s’étaient dessinées autour de ce détournement. Revenir en arrière n’a rien d’un geste anodin.
L’ouvrage conçu pour apporter de l’eau aux terres de l’intérieur oblige désormais l’État à en relâcher pour sauver le fleuve. Les autorités néo-galloises expliquent que les partenaires publics ont convenu de récupérer ce volume auprès des zones d’irrigation de l’ouest. Le Snowy récupère donc une partie de ce que l’agriculture recevait.
La contrainte est inscrite dans le dispositif : Snowy Hydro doit effectuer des lâchers environnementaux dans le Snowy sous le barrage de Jindabyne, et dans le Murrumbidgee sous le barrage de Tantangara. Le chiffre de 21 % reste une cible à atteindre, pas un bilan.
Sources : britannica.com | power-technology.com


1 day_ago
59



























.jpg)






French (CA)