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En couvrant 420 km² du plateau tibétain de panneaux solaires depuis 2011, les Chinois ont littéralement ramené des moutons dans un semi-désert

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Le parc solaire de Talatan couvre 420 km² du plateau tibétain, dans le comté de Gonghe, province du Qinghai. Les travaux ont commencé en 2011. Aujourd’hui, des troupeaux de moutons paissent sous les panneaux, sur des terres qui relevaient du semi-désert, et la presse locale les a surnommés les « moutons photovoltaïques ».

420 km², c’est environ 4 fois la superficie de Paris intra-muros.

À retenir

  • Le parc de Talatan couvre 420 km² sur le plateau tibétain, à environ 3 000 m d’altitude.
  • La teneur en eau du sol sous les panneaux a augmenté de 75 %.
  • Les éleveurs font paître leurs moutons dans le parc de juin à octobre.

Sommaire

  1. Un parc géant posé à 3 000 mètres d’altitude
  2. Ce que l’ombre des panneaux a changé dans le sol
  3. Des moutons pour entretenir l’herbe
  4. Un modèle à regarder avec recul

Un parc géant posé à 3 000 mètres d’altitude

Talatan se trouve sur le plateau tibétain, à environ 3 000 m d’altitude, à côté du barrage de Longyangxia. La capacité installée atteignait environ 16 GW en 2022. En mars 2026, elle s’élevait à 21 000 MW, soit 21 GW, pour une production annuelle moyenne supérieure à 18 000 GWh. Considéré comme un site unique, il est présenté comme la plus grande centrale solaire du monde, par la surface comme par la puissance.

Entre 2022 et mars 2026, le parc a donc gagné environ 5 GW de capacité. Un chantier lancé en 2011 n’a jamais vraiment fini de grandir.

Il ne s’agit pas d’une centrale unique mais d’un ensemble de stations solaires, avec plusieurs propriétaires. Le principal développeur est Huanghe Hydropower Development, rattachée à State Power Investment Corporation. Selon les sources, la surface varie : 420 km² pour la fiche de référence sur le parc, alors que des médias officiels chinois évoquent une zone de 609 km², un chiffre qui correspond plutôt à la surface planifiée.

Ce que l’ombre des panneaux a changé dans le sol

La teneur en eau du sol sous les panneaux a augmenté de 75 %. C’est le chiffre qui explique le reste. Sur un plateau sec et venteux, retenir l’eau est ce qui permet à la végétation de s’installer. Et c’est elle, ensuite, qui nourrit les troupeaux.

Le sol est passé de « pauvre » à « moyen ».

Trois facteurs sont avancés : l’ombre portée par les modules, l’humidité conservée dans le sol et des températures plus stables. La végétation y est aussi de meilleure qualité. Une étude de 2025 parue dans Environmental Research Letters, rapportée par la presse, a observé que les fermes solaires du Qinghai peuvent augmenter le « verdissement » de la végétation, avec des effets jusqu’à environ 1 km des installations.

Cette même étude pose une limite : le climat et les travaux de construction ont aussi pesé lourd dans l’évolution observée. Les panneaux ne sont donc qu’une partie de l’explication.

Des moutons pour entretenir l’herbe

Le pâturage sous les panneaux est organisé, et non laissé au hasard. Les animaux ont été baptisés « moutons photovoltaïques » par la presse locale.

L’herbe qui repousse a créé un problème que personne n’avait prévu. Selon CGTN, une herbe trop haute bloquait la lumière et faisait baisser la production d’électricité. L’herbe sèche de l’hiver représentait en plus un risque d’incendie. La réponse des autorités locales a été de laisser les éleveurs entrer dans le parc avec leurs troupeaux.

Le pâturage est autorisé de juin à octobre.

Le modèle séduit les éleveurs. Un reportage de l’agence officielle chinoise cite Zhao Guofu, qui fait paître ses bêtes dans le parc depuis 6 ans : son troupeau compte environ 800 moutons et ses revenus du pâturage ont doublé. Un responsable de l’énergie de la préfecture de Hainan affirme de son côté que la couverture végétale est remontée à 80 % sur une zone autrefois balayée par la poussière.

Dans le village de Xiahelesi, un éleveur raconte que les pâtures voisines manquaient d’herbe à cause de la désertification. Il fallait conduire les bêtes plus loin, puis ajouter de la nourriture le soir, ce qui alourdissait les coûts. Depuis 2020, le village fait partie des premiers de la préfecture à associer élevage et photovoltaïque. Le parc y accueille plus de 4 000 moutons, sans frais de pâturage pour les éleveurs.

Un modèle à regarder avec recul

Presque tous ces chiffres viennent de communiqués officiels et de médias chinois. Les protocoles de mesure derrière le +75 % d’eau dans le sol ne sont pas détaillés dans les sources consultées, et un point précis sur l’écart entre zones ombragées et zones nues manque. Il faut donc lire ces résultats comme des observations locales, pas comme une loi applicable à tous les déserts.

Le mot « ramené » mérite lui aussi une nuance. Selon l’agence officielle, des décennies de sécheresse et de surpâturage avaient transformé Talatan en désert quasi continu. Les moutons ont donc fait partie du problème avant de faire partie de la solution, ce qui explique pourquoi le calendrier de pâturage et les enclos comptent autant que les panneaux.

Les moutons du parc sont aussi devenus un produit commercial. Selon CGTN, une marque de « PV sheep » est vendue par des achats d’entreprise des sociétés solaires, par des ventes en direct sur les plateformes de commerce en ligne et sur les marchés de détail.

Sources : news.cgtn.com | en.people.cn

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