En Bretagne, les choucas des tours nicheraient à 80 % sur des bâtiments, d’après le recensement que cite l’encyclopédie. Un nid logé dans un conduit de cheminée peut provoquer des refoulements de gaz de combustion, voire des incendies.
Le premier feu de l’automne en est le test grandeur nature.
Le nid a été bâti au printemps. Les partenaires construisent un nid assez sommaire, fait de branchettes, d’herbes, de bouts de laine, de crins, de plumes. Les petits quittent le nid au bout de 30 à 45 jours, mais la construction, elle, peut rester en place dans le conduit.
À retenir
- 80 % des choucas bretons nichent sur des bâtiments, principalement dans les conduits de cheminée
- Un nid dans une cheminée obstrue le conduit et provoque des risques d’intoxication au monoxyde de carbone et d’incendie
- Le grillage des cheminées est testé depuis 2025 comme alternative aux tirs, régulièrement suspendus par la justice
Sommaire
Une falaise de substitution, faite de briques
À l’origine, le choucas niche en falaise. Il lui faut une cavité, et un conduit de cheminée en est une, étroite, abritée, à hauteur de toit. Les bourgs bretons en alignent des milliers. Quant à l’effectif breton actuel, aucune source consultée ne le chiffre de façon fiable : mieux vaut ne pas avancer de nombre.
Ce qui est établi, c’est la tendance. Le nombre d’individus a fortement augmenté entre 1954 et 2010, et l’oiseau a pris ses habitudes dans le bâti. Il cause aussi des dégâts aux cultures, notamment en Bretagne et dans les Pays de la Loire, en particulier sur les semis de maïs, ce qui nourrit le conflit avec le monde agricole.
Ce que le conduit bouché peut faire au salon
Un conduit encombré d’un nid laisse mal passer les gaz de combustion. Les nids dans les cheminées présentent un risque d’intoxication au monoxyde de carbone et d’incendie, selon une commune bretonne qui alerte ses habitants.
Les oisillons partis, la construction reste.
Plusieurs gestes de prudence circulent dans les communes concernées. Gainer la cheminée, couvrir le faîtage d’une grille solide, installer un détecteur mixte fumée et monoxyde : la liste de cette commune est de bon sens. Une inspection du conduit avant d’allumer le premier feu fait partie des précautions raisonnables, d’autant que le choucas est protégé et qu’on ne dégage pas un nid n’importe comment.
10 500 tirs autorisés, quatre arrêtés suspendus
Le choucas des tours est une espèce protégée en France, par un arrêté ministériel du 29 octobre 2009. Cela n’a pas empêché les quatre préfectures bretonnes (Finistère, Côtes-d’Armor, Morbihan, Ille-et-Vilaine) d’autoriser en 2026 le tir de 10 500 oiseaux. Le 9 juin 2026, la juge des référés du tribunal administratif de Rennes a suspendu les quatre arrêtés. Elle a relevé un doute sérieux sur leur légalité, faute de démonstration que les solutions alternatives étaient inefficaces, et le printemps est une période sensible pour l’espèce.
Ce n’était pas la première fois. La cour administrative d’appel de Nantes avait annulé des arrêtés similaires le 17 décembre 2024, et le tribunal de Rennes en avait suspendu trois le 30 juin 2025.
Les recours viennent d’associations : Bretagne Vivante, la LPO Bretagne et One Voice. Elles s’appuient sur l’étude de 2022 de l’université Rennes 1, qui concluait que les tirs étaient inefficaces. L’étude recommandait d’agir plutôt sur l’accès à la nidification, donc les cheminées, et sur l’alimentation dans l’espace agricole.
Le grillage, solution de rechange en test
L’oiseau qu’on voulait régler au fusil pourrait se régler par un grillage.
Le projet Fonds vert, accordé par la DREAL pour 2025-2027, réunit la LPO Bretagne, l’université Rennes 1 et la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne. Il explore des solutions comme l’engrillagement des cheminées, dont le test est en cours sur deux communes. L’idée est simple : sans cavité accessible, pas de nid, donc pas de conduit obstrué en octobre.
Le projet court jusqu’en 2027, et le grillage reste pour l’instant une piste testée plutôt qu’une solution validée. Une chose se vérifie tout de suite : l’état de son conduit, avant la première flambée.
Sources : data.megalis.bretagne.bzh | lpo.fr


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