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À Tirana, les manifestants, principalement des lycéens et des étudiants, accentuent la pression contre le Premier ministre Edi Rama, fragilisé par la contestation. Avant les violences du lundi 19 octobre, 295 personnes avaient déjà été blessées, dont 186 policiers, selon les chiffres officiels. Mais la journée du 19 octobre a marqué une nouvelle escalade dans les affrontements.
«Dès l'instant où l'État négocie avec eux, l'État tombe», a déclaré Edi Rama aux chefs de police, le visage fermé, en brandissant une pierre lancée contre les forces de l'ordre dimanche 18 octobre. À Tirana, un commissariat et des bâtiments gouvernementaux ont été attaqués au cours des manifestations. Les étudiants revendiquent de meilleures conditions dans les universités. Mais la colère gronde également face à la corruption qui gangrène le pays.
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Dans la rue se trouvaient, selon le Premier ministre, «des jeunes hommes et femmes qui ont été radicalisés par des forces obscures en Europe et aux États-Unis». «L'Albanie est devenue l'une des cibles d'une attaque bien coordonnée», a-t-il ajouté.
Violence exacerbée
Sous un soleil radieux pour un 19 octobre, des gens arrachaient des pavés pour les jeter sur la police, dans le parc de Rinia, également appelé «parc de la jeunesse». En réponse, un convoi de véhicules des forces de l'ordre a remonté le large boulevard, mené par un camion blindé tirant des jets d'eau et des grenades lacrymogènes. Des unités antiémeutes ont poursuivi la foule à travers le parc. Les scènes où les policiers aspergent à bout portant du spray au poivre au visage de jeunes se sont multipliées.
«Les interventions policières sont souvent chaotiques et stupides», dénonce auprès de la BBC Gentian Sejrani, avocat spécialisé dans les droits de l'homme. Il apporte une assistance juridique à plus d'une centaine de personnes qui ont été arrêtées depuis le début du mouvement de révolte. «Ceux qui lancent réellement des projectiles sur la police se font rarement attraper, car ce sont eux qui courent le plus vite», ajoute-t-il.
Devant le café du parc, une fois les fumigènes dissipés, Sidorela Vatnikaj, militante de 27 ans et étudiante en master, retrouve un lieu qu'elle connaît bien. Cette habituée des manifestations antigouvernementales est en première ligne depuis huit ans. Elle décrit une journée type de rassemblement: «Le matin, on essaie de se coordonner avec tous les groupes: où ils se trouvent et où la manifestation a lieu. On vérifie si l'on a besoin d'avocats, d'une trousse de premiers secours ou de tout autre type de matériel. Et il faut aussi s'assurer que tous vos amis et les membres de votre famille qui participent au mouvement vont bien.»
Si elle comprend la colère des manifestants, elle se dit mal à l'aise face à la violence de certains camarades envers les forces de l'ordre. Dimanche, le Premier ministre a posé la question, sur un ton rhétorique, de ce qui se passerait s'il venait à démissionner. «Nous avons besoin d'un gouvernement technocratique pendant un an, afin de préparer le pays à de véritables élections démocratiques», répond la militante.
Figure incontournable de la politique albanaise, Edi Rama est au pouvoir depuis treize ans. Il a notamment promis que le pays adhérerait à l'Union européenne (UE) d'ici 2030. Il assure que son gouvernement est le seul à pouvoir y parvenir.





























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