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J’ai retrouvé dans le fond de mes vieilles archives un article dont j’avais oublié l’existence et, par le fait même, que je croyais perdu. Il s’agit d’un article du journal L’Indépendant daté du 21 novembre 1998, dans lequel il était annoncé un récital de poésie que j’allais donner le soir même au Gîte d’étape de mes amis Nicole Lelièvre et Charly Cayla, dans le petit village de Granès dans l’Aude (France). J’avais déjà obtenu un entrefilet dans le quotidien La Dépêche du Midi, mais la particularité de l’article de L’Indépendant est qu’il donne des détails sur mes activités culturelles.
Créé le 18 Juillet 1988, le Gîte d’étape de Granès (ou Ferme Équestre du Causse) proposait à cette époque des circuits dans le Pays Cathare, avec transport des bagages et pique-niques en 4×4. Les circuits comportaient des gîtes en dortoirs ou en chambres, permettant aux cavaliers de rencontrer les habitants et de partager avec eux des repas de cuisine familiale et traditionnelle accompagnés de vins du Languedoc-Roussillon. La ferme équestre existe encore et elle compte à ce jour plus de 38 ans d’ancienneté. Elle est aujourd’hui dirigée par Lucile Chivot, la fille de Nicole Lelièvre et de François Chivot.
Au XVIIIe siècle, Granès faisait partie des seigneuries qui appartenaient à la famille Hautpoul, seigneurs de Rennes-le-Château. Au partage qui, le 22 septembre 1770, suivit la mort de François d’Hautpoul, marquis de Blanchefort, elle échut à sa seconde fille, Elisabeth d’Hautpoul, connue comme « la dernière Demoiselle de Rennes », et morte en mai 1820 (lire l’histoire de mon cousin au 12e degré d’un ancêtre à la 4e génération, Paul Boyer de Bouillane). Le village, dont le nom signifie « terrain à petites graines » en occitan, constitua le grenier à céréales de la commune de Saint-Ferriol dont il dépendait jusqu’en 1789.
J’avais rencontré Nicole Lelièvre lors de mon deuxième séjour en France, après avoir lancé la revue Acacia dans plusieurs villes de l’Hexagone, dont Douarnenez, Albi, Vauvert, Mâcon et Charleville-Mézières. Ce deuxième séjour en France a duré plus de deux années. Nicole Lelièvre et son compagnon Charly Cayla ont toujours été très généreux avec moi. Ils m’accueillaient toujours avec le sourire. Un an après le lancement de la revue Acacia, j’avais fondé le Conseil Franco-Québécois de la Culture (CFQC) avec mon ami Philippe Bâcle (qui me prêtait sa maisonnette pour y loger). C’est ce que relevait le journal L’Indépendant en 1998, faisant aussi une rétrospective de mes activités culturelles de l’époque.
La gentillesse et le professionnalisme de Nicole Lelièvre et Charly Cayla étaient reconnus mondialement. À peu près à la même époque (5 mai 2002), David Nussbaum écrivait dans le New York Times : « Au printemps 1999, nous l’avons trouvée : une randonnée en liberté dans l’Aude, à environ une heure au sud de Carcassonne. En partenariat avec la société américaine Equitours, les cavaliers confirmés pouvaient parcourir en autonomie un circuit de 130 kilomètres en cinq jours à travers la campagne, en s’arrêtant chaque soir dans une auberge ou un gîte d’étape différent. L’organisateur français, La Ferme Équestre du Causse, située dans le petit village de Granes, fournissait les chevaux et l’équipement, s’occupait des repas et de l’hébergement, du transport des bagages et intervenait en cas d’urgence. » Il poursuivait plus loin dans l’article : « À leur arrivée à Granes, les cavaliers passent une journée d’orientation et d’évaluation avec Nicole Lelièvre et Charly Cayla, propriétaires de La Ferme Équestre du Causse. Si ils estiment qu’une randonnée en autonomie n’est pas adaptée, ils proposent un guide (moyennant un léger supplément) ou les cavaliers peuvent en faire la demande eux-mêmes s’ils préfèrent ne pas partir seuls. »
Afin de remercier mes hôtes et les Audois en général pour leur accueil chaleureux, j’avais organisé un récital de poésie au Gîte d’étape de Granès (ou Ferme Équestre du Causse). Autrement dit, ce n’était pas simplement une animation touristique improvisée : ce récital constituait en quelque sorte une soirée d’adieu à la région avant mon retour au Québec. Le journal L’Indépendant écrivait : « Dans un peu moins de deux semaines, il repartira pour le Québec, afin de mettre sur pied le Conseil franco-québécois de la Culture dans son propre pays. » En effet, deux mois plus tard j’organisais une conférence au restaurant Le Commensal sur la rue Saint-Denis, à Montréal, pour annoncer la création du CFQC au Québec.
Voici donc l’histoire du Gîte d’étape de Granès… ou Ferme Équestre du Causse…
➤ Une photographie prise peu de temps avant mon récital de poésie du 21 novembre 1998. Nicole Lelièvre et Charly Cayla, debout, et un employé sous la table, occupé à une tâche de préparation ou d’entretien.➽ L’Indépendant, samedi le 21 novembre 1998
Soirée poétique avec Guy Boulianne
Surtout connu dans la Haute-Vallée en tant que président du Conseil franco-québécois de la culture, Guy Boulianne se montrera, samedi prochain, sous un nouveau jour en dévoilant quelques-uns de ses plus beaux poèmes.
Le poète a débuté sa carrière au Québec en 1983, à l’âge de 20 ans, alors qu’il publiait un premier recueil, « Avant-propos d’un prince fou ». Depuis, Guy Boulianne a publié un second livre intitulé « La bataille des saints », deux fanzines culturelles et la revue littéraire Acézia. Cette dernière a d’ailleurs fait l’objet d’une tournée promotionnelle dans 12 villes de France en 1996.
Mais Guy Boulianne n’est pas seulement poète, il est aussi peintre. C’est encore une fois en 1983 qu’il commença à côtoyer le milieu des arts visuels en devenant un des responsables de la galerie Frère Jérôme. Trois ans plus tard, il fondait, en association avec ses collaborateurs, la galerie Lézart, avant de devenir propriétaire de la galerie Imagine à Montréal, au Québec.
Souvent sollicité par ses pairs afin d’organiser des événements culturels, Guy Boulianne côtoie quelques-uns des plus grands artistes de sa génération tels que Armand Vaillancourt, Frédéric Back, Janou Saint-Denis, Bob Desautels et Cécilia Buonocore.
Dans un peu moins de deux semaines, il repartira pour le Québec, afin de mettre sur pied le Conseil franco-québécois de la Culture dans son propre pays. Avant son départ, et pour remercier les Audois de leur accueil chaleureux, Guy Boulianne a donc décidé de les inviter à entendre quelques-uns de ses poèmes de jeunesse.
Le rendez-vous est fixé à 21 h ce samedi 21 novembre au gîte d’étape de Granès. L’entrée est gratuite. ◾

➽ Le Gîte d’étape de Granès, ou Ferme Équestre du Causse
Les années 1990 sont reconnues comme étant l’âge d’or des grandes traversées à cheval dans la région, notamment grâce au tracé de la Transéquestre. À Granès dans le département de l’Aude, l’hébergement équestre et le gîte d’étape étaient historiquement liés à La Ferme Équestre du Causse, où l’accueil des cavaliers et des chevaux impliquait notamment Mme Nicole Lelièvre (pour les chevaux) et M. Stevenson (pour les cavaliers) dans le cadre de circuits de randonnée comme la Transéquestre. Voici ce qu’il en est de la situation passée et actuelle de la structure et de son équipe.
Dans les années 1990, la Ferme Équestre du Causse s’était forgé une solide réputation de gîte d’étape incontournable pour les cavaliers au cœur du Pays Cathare. La Ferme équestre se trouve toujours à Granès, dans la Haute Vallée de l’Aude, entre Quillan et Rennes-le-Château, au cœur du Pays cathare. Elle est aujourd’hui présentée comme un centre équestre et de tourisme équestre proposant cours, promenades, randonnées, pension et élevage. À l’époque, l’organisation reposait sur un binôme mémorable :
- Nicole Lelièvre gérait avec passion l’accueil logistique, l’intendance et les soins liés aux chevaux.
- M. Stevenson s’occupait quant à lui de l’accueil chaleureux des randonneurs et du fonctionnement du gîte d’étape.
Ensemble, ils incarnaient l’esprit pionnier de la randonnée équestre en Occitanie, accueillant les voyageurs venus de loin pour découvrir la rudesse magnifique et la liberté des plateaux de l’Aude. Le Recensement national des équipements sportifs (RES) répertoriait les installations de la Ferme Équestre du Causse à Granès et donnait une date de mise en service de 1997 pour la carrière de dressage. Les autres équipements sont également situés dans la période 1995–2004.
L’association Gites et Sentiers du Pays Cathare a été créée à Granès le 7 février 1996, avec publication au Journal officiel le 21 février 1996. Elle est aujourd’hui connue sous le nom “Association gites et sentiers et cheval pour tous en pays cathare” (JO, 18 novembre 2017). Active depuis plus de 30 ans, cette association est spécialisée dans le secteur « gîtes ruraux, camping, caravaning, naturisme ». Elle contribue au dynamisme de cette thématique qui rassemble aujourd’hui 14711 structures dans le département de l’Aude. Son objet inclut le développement des activités équestres autour de la randonnée ; le tourisme rural ; la mise en place et le référencement de gîtes d’étape ; l’ouverture et l’entretien de sentiers de randonnée ; le développement de l’équitation classique ; le tourisme équestre ; l’organisation d’itinéraires de randonnée ; la promotion touristique de la région et de ses professionnels.
La documentation électorale montre que Nicole Lelièvre est bien implantée dans la vie municipale de Granès. Elle a été élue conseillère municipale en 2014, puis de nouveau en 2020, avec 57 voix (55,88 %).
Le prospectus du Gîte d’étape de Granès (ou Ferme Équestre du Causse) de la période 1997-1998 que j’ai retrouvé dans mes archives personnelles. Il s’agit d’un document unique et très rare.
La Ferme Équestre du Causse aujourd’hui
Le domaine du Gîte d’étape de Granès a su traverser les décennies et reste une véritable référence locale, mais son activité a évolué. Bien que Nicole Lelièvre et M. Stevenson ne soient plus aux commandes opérationnelles de la structure, celle-ci est restée très dynamique sous une nouvelle impulsion familiale et professionnelle.
- Ce qui a changé : La structure s’est modernisée pour devenir un centre équestre complet et un poney club renommé. Elle s’est fortement développée dans l’enseignement (du loisir à la compétition, comme le Concours Complet ou le CSO).
- Ce qui perdure : L’esprit de nature et le voyage à cheval n’ont pas disparu. Le centre propose toujours des formules de randonnées en liberté (self-guided) ou accompagnées de un à plusieurs jours à travers le Pays Cathare, les bagages étant acheminés d’étape en étape pour les cavaliers. Le pôle tourisme équestre et randonnées autonomes est géré en collaboration avec Sammie (Samantha Goos), maintenant ainsi le flambeau de l’aventure équestre qui vous a marqué dans les années 90.
➤ Granes (avec ou sans son accent grave è) s’éveille lentement tandis que les cavaliers se réunissent pour planifier leur journée. [Source : Weekly Wanders]C’est Lucile Chivot, la fille de Nicole Lelièvre et de François Chivot, qui a repris le flambeau et assure la continuité de l’aventure familiale à la Ferme Équestre du Causse. Si Nicole conserve toujours un œil bienveillant sur la structure et s’est longtemps occupée de la partie randonnée, c’est sa fille Lucile qui gère le quotidien de l’exploitation, de l’école d’équitation et de l’élevage. C’est elle qui a insufflé cette dynamique moderne de centre équestre, de poney club et de valorisation des jeunes chevaux, tout en préservant le cadre naturel et préservé du Causse. Dans une entrevue consacrée à son parcours, Lucile explique que sa mère était guide de randonnée équestre et qu’elle-même avait commencé l’équitation par la randonnée (Association France Complet, 27 novembre 2018) :
« Nous faisons de l’élevage (environ 2 naissances par an), de la compétition, un peu de valorisation (j’ai 3 à 4 chevaux à sortir en concours chaque année en plus de Vagalame), du Club et encore une partie de tourisme équestre. L’élevage sert surtout à renouveler ma cavalerie, je ne vends les produits que s’ils ne me correspondent pas. »
Nicole Lelièvre est toujours nommément associée à l’établissement. Le site actuel la présente comme Guide de Tourisme Équestre (GTE), responsable notamment des randonnées et de la pension.
En 2026, la ferme fonctionne toujours. Elle propose notamment des randonnées accompagnées et des randonnées « liberté » de plusieurs jours. La formule actuelle permet à des cavaliers expérimentés de partir seuls avec les chevaux de la ferme, avec cartes, traces GPX, itinéraires préparés et transport des bagages. La Ferme Équestre du Causse possède également aujourd’hui d’une activité d’élevage : plusieurs chevaux portent le suffixe « du Causse », et l’établissement explique que certains chevaux sont nés sur place, puis formés pour le loisir, la randonnée ou le concours complet.
L’esprit de transmission et la passion du cheval sont bel et bien restés à Granès.
La petite maisonnette surplombant le village de Granès dans laquelle j’ai longtemps habité : Le Lauzet, située à 5 Km de Rennes-le-Château. On voit dans la dernière photo mon ami Didier Lutz.
En savoir plus sur Les œuvres d’art de Guy Boulianne
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