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ENTRETIEN - Dans son livre Paris–Téhéran, le grand dévoilement (Cerf), le spécialiste du Moyen-Orient raconte l’aveuglement des intellectuels de gauche français au moment de la Révolution islamique, en 1979. Ces représentations, déplore-t-il, pèsent encore lourdement sur notre lecture du régime au pouvoir depuis près de cinquante ans et ses oppositions.
Passer la publicitéFranco-Iranien, Emmanuel Razavi est grand reporter et spécialiste du Moyen-Orient. Il publie avec Jean-Marie Montali «Paris–Téhéran, le grand dévoilement» (Cerf, 2026), illustré par les photographies d’Alfred Yaghobzadeh.
LE FIGARO. – Pourquoi estimez-vous qu’une partie du débat français sur l’Iran repose sur des récits falsifiés ?
Emmanuel RAZAVI. - On a relu les papiers d’intellectuels et de journalistes français de gauche qui ont couvert la révolution islamique de 1978-1979. Et ce qu’on voit est accablant : des textes écrits sans connaissance sérieuse de l’Iran, avec des faits non vérifiés, et une lecture idéologique. Au moment où Michel Foucault qualifie Khomeyni de «saint», son projet est déjà lisible. Il annonce très clairement une dictature islamique. Il écrit noir sur blanc des choses d’une violence idéologique extrême, notamment sur la mise à mort des homosexuels. Il suffisait de faire traduire, puis de lire. Ils ne l’ont pas fait. Il y a aussi la fascination de Jean-Paul…


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