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Des entrepreneurs matanais répondent présents à l’appel à la mobilisation lancé par des élus de la région au début du mois pour le port commercial de Matane.
Pour les élus, le projet peine à être financé et n’avance pas assez vite pour une infrastructure en fin de vie.
Le problème est aussi le prix. Il y a près de 10 ans, Ottawa a cédé le port au gouvernement provincial avec une enveloppe de 80 millions de dollars pour la mise aux normes du port. Aujourd’hui, le coût du projet est maintenant évalué à plus de 200 millions.
Québec précise que le projet est inscrit au Plan québécois des infrastructures (PQI) au stade de planification, c’est-à-dire qu’il doit franchir certaines étapes, notamment l’examen des impacts environnementaux.

Une quarantaine de personnes était présente à la conférence de presse organisée jeudi.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Parmi les raisons qui expliquent l’augmentation des coûts, il y a la construction d’un deuxième poste à quai. Il s’agit d’un site supplémentaire qui permettrait le transbordement des marchandises pendant la rénovation du quai principal.
S’il n’est pas construit, les activités commerciales seront arrêtées quelques années.
Pour Duravit, entreprise de fabrication d’accessoires de salle de bain nouvellement installée dans le parc industriel matanais, l’arrêt des activités au port ferait perdre beaucoup d’argent.
Québec nous a promis, parce que, si on n’utilise pas le port de Matane pour nos importations, nos coûts de production seront vraiment très élevés et pas compétitifs, soutient le directeur d’usine Anis Kahouli.
Sans port de Matane, et c’était une promesse que ce port-là puisse accueillir nos matières premières, franchement, on ne serait pas venu à Matane.

Anis Kahouli est le directeur de l'usine Duravit.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Deux autres joueurs importants du paysage industriel matanais étaient présents à la mobilisation jeudi : Béton provincial et le Groupe Rioux. Pour eux, la réfection du port est intimement liée à la protection d’emploi.
C’était un des choix fondamentaux de venir s’installer à Matane pour une troisième usine, plutôt que d’aller s’installer dans le plus grand centre. On a un port de mer en profondeur, on a la capacité et on connaît les projets de développement qui s’en viennent pour le port de Matane, expose le président du Groupe Rioux, François Rioux.
Aujourd’hui, on voit qu’on est dans un point mort. Il faut que les gouvernements contribuent à l’aspect économique et aux plus de mille emplois qui en dépendent.

Le président du Groupe Rioux, François Rioux.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
C’est un enjeu majeur pour la protection des emplois, pour notre développement. Il faut absolument que le gouvernement du Québec aille dans le sens des élus et de notre demande de pouvoir de déployer les fonds et de décider d’investir dans notre part. C’est essentiel pour le développement économique, ajoute pour sa part Bruno Carrier de Béton provincial.

Bruno Carrier est le directeur des ventes chez Béton provincial à Matane.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Impatience vive des élus
Les élus interpellent le gouvernement du Québec depuis trop longtemps à leur goût. Ils demandent le feu vert pour lancer les travaux.
Pour le maire de Matane, le projet est à l’étape de planification du PQI depuis trop longtemps et la région a besoin d’un message clair du gouvernement que le projet peut aller de l’avant avec l’assurance que l’argent sera au rendez-vous, exhorte-t-il.
[La mobilisation] c’est pour qu’ils saisissent que c’est le temps d’agir maintenant, c’est le temps de donner le feu vert pour notre projet du port de mer, renchérit Eddy Métivier.
Ce qu’on veut, c’est que notre message se rende à bon port.

De gauche à droite : Jean Langelier, directeur général de Développement économique Matanie; Alexis Deschenes, député de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj; Eddy Métivier, maire de Matane, et Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Le député de Matane-Matapédia partage aussi ce sentiment d’urgence. Pascal Bérubé persiste et signe, il veut que ce dossier soit réglé d’ici la fin juin, dit-il.
Je ne veux pas que ça soit un enjeu électoral, c’est aussi clair que ça. Et je suis d’avis que c’est le dossier économique le plus important du Bas-Saint-Laurent en termes d’emploi qui dépend essentiellement d’une annonce gouvernementale, fait valoir l’élu matanais.

La première phase des travaux vise la construction d’un nouveau poste à quai, nécessaire pour le maintien des opérations portuaires.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Ce genre de mobilisation n’est pas nouveau en Matanie. Il y a presque dix ans, la Coalition urgence port de Matane était lancée pour forcer le gouvernement fédéral à réaliser des travaux de réhabilitation du port.
Les entreprises Béton provincial et le Groupe Rioux, notamment, faisaient partie des organisations fondatrices de cette coalition.


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