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La commune des Rousses a commémoré les journées tragiques de l’été 1944, vendredi 21 août 2026. Fernande Smaniotto, fille d’une des victimes, raconte.
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Par Rédaction Voix du Jura Publié le 30 août 2026 à 14h00
Au monument aux morts des Rousses (Jura) s’est déroulée, vendredi 21 août 2026, la cérémonie souvenir des journées tragiques de l’été 1944. En représailles d’une attaque des maquisards sur le fort des Rousses, les Allemands tuaient seize otages civils les 22 et 23 août 1944.
Michel Demolly a dirigé le déroulé, succédant à Jean Cretin, qui avait conduit, durant plusieurs années auparavant, ce protocole. Une émotion palpable et renforcée par la présence des familles et des proches des victimes, qui ont déposé un bouquet en mémoire de leurs disparus.
Ceci en présence de François Huet, sous-préfet de Saint-Claude, de la députée Marie-Christine Dalloz, de Maryvonne Cretin-Maitenaz et Sébastien Benoit-Guyod, conseillers départementaux, des corps constitués et associations patriotiques et des sapeurs-pompiers.
« Des vies interrompues »
Christophe Mathez, maire de la commune, a rappelé les faits : « Des vies interrompues, des familles bouleversées, des destins brisés. Derrière les dates, derrière les chiffres et derrière les récits historiques, il y avait des hommes, des femmes, des pères, des époux, des frères, des fils, des amis… »

Léon Sagnères, le docteur Henry Creisson, Auguste Salvin, Adrien Michaud, Robert Lacroix à la Barbe, l’abbé Chalumeaux, André Bariod, Charles Bonnefoy-Claudet, Marcel Buffard-Moret, André Cordier, Eugène Godet, Louis Lamy-Chapuis, Joseph Paget, André Pensa, Mansuetto Smaniotto, le docteur Walder-Mendel : des noms gravés au marbre dans la mémoire du village.
« C’est comme si je voyais mon papa »
La fille de Mansuetto Smaniotto, Fernande Smaniotto, 94 ans, était très émue au moment de déposer un bouquet au monument. Un rendez-vous qui lui tient à cœur et qu’elle a seulement manqué les années où elle a eu ses enfants, deux fils, Philippe et Gérard.
« J’avais douze ans, je me souviens trop bien comment ça s’est passé. Aujourd’hui, c’est comme si je voyais mon papa, je n’arrive pas à l’oublier », confie-t-elle en se rappelant. Habitant aujourd’hui dans le Vaucluse, à Vaison-la-Romaine, elle est venue accompagnée de sa nièce Josiane. « C’est le soir même qu’on a appris la terrible nouvelle par la mairie de Morez et une sœur de ma mère, Edith Saule ».
Fernande Smaniotto a travaillé à La Doye, à l’usine Chevassus et chez Prost, avant de partir à 22 ans dans l’Eure lors de son mariage. Ensuite, elle est devenue mère au foyer, s’occupant de ses enfants et petits-enfants.
Avant de regagner sa demeure, elle se rendra à Morez, là où son père Mansuetto, scieur demeurant au hameau de La Doye, a été abattu au tunnel de la gare SNCF. Elle se recueillera devant la plaque mémoriale 82 ans après cet événement à jamais gravé dans sa mémoire.
Les témoins directs sont de moins en moins nombreux. « Le temps fait son œuvre, et c’est précisément pour cela que notre présence aujourd’hui est essentielle. Car lorsque les témoins disparaissent, la mémoire devient notre responsabilité. Nous devons continuer à raconter, transmettre, expliquer. » a conclu Christophe Mathez.
René Delobelle (CLP)
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