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Élections québécoises : le PQ toujours en tête, mais la majorité demeure incertaine

3 week_ago 18

         

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À moins d’un mois du scrutin du 5 octobre, le Parti québécois demeure en tête des projections électorales, mais plusieurs batailles pourraient encore faire basculer le résultat. Selon la projection actuelle de Vote-Scope de Kim Leclerc, le PQ obtiendrait 60 sièges, contre 32 pour le Parti libéral du Québec, 20 pour la CAQ, neuf pour le Parti conservateur du Québec et sept pour Québec solidaire.

Si le scénario d’un gouvernement péquiste minoritaire demeure le plus probable, une majorité est loin d’être exclue. La campagne pourrait notamment être déterminante dans plusieurs circonscriptions où les écarts sont très faibles.

Quelle est votre projection actuelle du nombre de sièges pour chacun des partis?

Kim Leclerc : «Le Parti québécois serait à 60 sièges, le PLQ à 32, la CAQ à 20, le Parti conservateur du Québec à neuf et Québec solidaire à sept.

Les chiffres ont légèrement bougé avec les derniers sondages, mais dans l’ensemble, le portrait demeure assez stable depuis quelques jours. Le modèle avait anticipé certains mouvements, notamment du côté de la CAQ, mais les intentions de vote semblent maintenant davantage se stabiliser.»

La CAQ a-t-elle réussi à profiter de sa remontée récente?

Kim Leclerc : «Elle a plafonné. Dans mon modèle, elle a même légèrement redescendu. Les sondages montrent essentiellement une stabilisation de la CAQ.

Pour l’instant, on est dans une situation où les cinq partis semblent relativement verrouillés. Il faudrait un événement important pour provoquer un changement majeur dans les projections.»

La stratégie de Christine Fréchette, notamment son discours très critique envers Donald Trump, a-t-elle fonctionné?

Kim Leclerc : «Elle a probablement contribué à sa remontée en popularité, mais ça ne semble plus produire de gains importants dans les intentions de vote. Sa popularité a augmenté, mais la CAQ ne semble pas pour autant être en mesure de transformer complètement cette progression en sièges supplémentaires.»

Le PLQ domine-t-il toujours dans la grande région de Montréal?

Kim Lcclerc : «Oui, très clairement. Montréal et Laval demeurent pratiquement les seuls endroits où les libéraux sont véritablement dominants.

On retrouve également quelques circonscriptions libérales en Outaouais et sur la Rive-Sud, mais leur présence ailleurs au Québec demeure limitée. Dans plusieurs circonscriptions traditionnellement libérales, le parti doit maintenant composer avec une compétition beaucoup plus forte.»

Dans la région de Québec, la lutte entre le PCQ et le PQ est-elle toujours serrée?

Kim Leclerc : «La situation s’est un peu divisée avec la remontée de la CAQ. Le PQ a reculé à certains endroits, tandis que les conservateurs sont, pour la première fois, en mesure de se retrouver en première position dans certaines circonscriptions de la région.

Cependant, cette division du vote ne permet pas encore nécessairement aux conservateurs d’augmenter considérablement leur nombre de sièges. Leur position est toutefois beaucoup plus solide qu’elle ne l’était auparavant.»

Et dans les couronnes nord et sud de Montréal?

Kim Leclerc : «C’est très variable. Dans certaines circonscriptions, le PQ possède une bonne avance. Dans d’autres, la bataille avec la CAQ est extrêmement serrée.

Saint-Hyacinthe est un bon exemple. Le siège passe pratiquement d’un sondage à l’autre entre le PQ et la CAQ. Il ne manque parfois qu’un ou deux points à la CAQ pour transformer complètement le portrait.

Si la CAQ gagnait quelques points supplémentaires dans les sondages, elle pourrait potentiellement aller chercher de 10 à 15 sièges de plus.»

Le PQ domine-t-il dans les autres régions?

Kim Leclerc : «Oui, particulièrement dans plusieurs régions comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean et l’Abitibi. La Mauricie est toutefois davantage disputée avec la CAQ.

Sur la Rive-Sud et dans le Centre-du-Québec, les conservateurs ne sont pas très loin non plus. Ils demeurent compétitifs dans certaines circonscriptions, même lorsqu’ils arrivent derrière le PQ ou la CAQ.»

Les projections indiquent actuellement un gouvernement péquiste minoritaire. Une majorité du PQ est-elle néanmoins possible?

Kim Lcclerc : «J’estime actuellement à environ 28 % la probabilité d’une majorité péquiste. C’est donc à peu près une chance sur quatre, ce qui est loin d’être négligeable.

On arrive maintenant dans une zone où les candidats peuvent faire une véritable différence. Un candidat particulièrement efficace peut faire basculer une circonscription. Et ça peut fonctionner dans les deux sens : le PQ peut gagner un siège supplémentaire, mais un candidat caquiste peut également réussir à reprendre une circonscription.

La région de Québec n’est pas nécessairement l’endroit où les sièges supplémentaires sont les plus faciles à aller chercher. Il y a davantage de possibilités en Mauricie et en Montérégie, où plusieurs circonscriptions demeurent accessibles.

Cela explique probablement pourquoi on observe une sorte de pacte informel de non-agression entre le PQ et les conservateurs dans certains secteurs. Même s’ils se retrouvent parfois en compétition directe, ils ne se nuisent pas nécessairement autant qu’on pourrait le croire.»

Les conservateurs peuvent-ils faire des gains à l’extérieur de la région de Québec?

Kim Leclerc : «Oui, particulièrement dans le Centre-du-Québec et les Bois-Francs. C’est là que je vois leurs meilleures possibilités de progression.

La Mauricie demeure une possibilité, mais les conservateurs sont plus compétitifs vers le Centre-du-Québec. Certaines circonscriptions où ils arrivent troisième ne sont d’ailleurs pas très loin d’une victoire.»

Quelle est la tendance actuelle dans les comtés des chefs conservateur, péquiste, libéral et caquiste?

Kim Leclerc : «Éric Duhaime est l’un des chefs les plus solides dans sa circonscription. Je lui donne environ 99 % de chances de gagner, avec une projection d’environ 44 % des voix.

La CAQ arrive derrière lui, mais il faudrait une remontée importante de ce parti pour que sa victoire soit véritablement menacée.

PSPP est également très solide dans Camille-Laurin. Je le projette autour de 48 % des voix, avec les libéraux loin derrière, à environ 23 %.

C’est donc une circonscription qui semble très sécurisée pour le chef péquiste.

Charles Milliard n’est pas encore en danger, mais son siège n’est absolument pas acquis. Je lui donne environ 83 % de chances de gagner.

L’écart est d’environ 6,6 points et la circonscription se retrouve dans une véritable course à trois. C’est notamment ce qui explique la présence répétée de Charles Milliard sur le terrain en Estrie au cours des derniers jours.

Si les libéraux continuent de reculer dans les sondages, la situation pourrait rapidement devenir beaucoup plus difficile.

La course est relativement serrée avec le PQ, mais je ne considère pas Christine Fréchette comme étant en situation de danger immédiat.

La situation est moins préoccupante que celle de Charles Milliard. La CAQ demeure toutefois confrontée à une compétition importante dans cette circonscription.»

Christine Fréchette semble pourtant gagner en popularité. Qu’observez-vous?

Kim Leclerc : «Je constate effectivement une progression de sa popularité dans les derniers sondages, notamment lorsqu’on demande qui ferait le meilleur premier ministre.

Sur cette question, Christine Fréchette se démarque davantage. La question du meilleur chef est toutefois plus serrée entre elle et Paul St-Pierre Plamondon.

Les trois autres chefs se retrouvent relativement proches les uns des autres.»

Le PLQ demeure-t-il aussi fort chez les anglophones?

Kim Leclerc : «Les libéraux demeurent dominants dans plusieurs circonscriptions fortement anglophones, mais leur pourcentage de vote a diminué. Ils seraient passés d’environ 70 % chez les anglophones en juin à moins de 50 %, voire autour de 40 % selon les sondages.

Les conservateurs profitent en partie de cette baisse. Ils seraient maintenant le deuxième parti chez les électeurs anglophones.

Pour l’instant, cette progression ne se traduit pas nécessairement par beaucoup de sièges, mais elle pourrait devenir problématique pour les libéraux dans certaines circonscriptions de Laval, de la Montérégie et de l’Outaouais.»

Enfin, où se situe Québec solidaire?

Kim Leclerc : «Québec solidaire va perdre des sièges par rapport à la dernière élection, c’est assez évident. Toutefois, la situation est nettement meilleure qu’au lancement de la campagne.

Le parti était alors autour de 7 % dans les intentions de vote. Il est maintenant autour de 11 %, et sa progression semble se poursuivre. La popularité de sa cheffe augmente également.

C’est une remontée discrète, mais elle pourrait permettre à Québec solidaire de sauver davantage de sièges que ce que les premières projections de la campagne laissaient croire.»

Les sondages montrent aussi une remontée de Québec solidaire (QS). Comment expliquez-vous cette progression?

Kim Leclerc : «Québec solidaire a effectivement remonté depuis le début de la campagne. On les projetait autour de sept sièges et il est maintenant près de dix ou onze. Il ne fait pas nécessairement une campagne exceptionnelle, mais il fait une bonne campagne et sa situation est nettement meilleure qu’au début.

Les Solidaires pourraient notamment conserver leurs deux circonscriptions dans la région de Québec (Jean-Lesage et Taschereau). Sherbrooke est toutefois devenue plus compétitive. Si QS réussissait à gagner un ou deux points supplémentaires, le parti pourrait avoir une chance de conserver cette circonscription.»

Avec les débats des chefs qui approchent, peut-on encore s’attendre à des changements importants?

Kim Leclerc : «Certainement. Il y a encore beaucoup de flottement dans l’opinion publique. Une proportion importante des électeurs n’est pas véritablement arrêtée dans son choix. Même ceux qui disent avoir fait leur choix peuvent encore changer d’idée en fonction du déroulement de la campagne.»

Vous projetez actuellement une majorité pour le PQ, alors que le modèle de QC125 est plus prudent. Pourquoi cette différence?

Kim Leclerc : «C’est essentiellement une question de variance entre les modèles. Lorsqu’on arrive dans une zone aussi serrée, chaque petit point de pourcentage peut faire une énorme différence sur le nombre de sièges.

Notre modèle considère notamment que le PQ est légèrement surestimé dans les sondages. Cela lui fait perdre environ un point. Mais si la CAQ gagnait seulement un demi-point, par exemple, la carte pourrait rapidement basculer. Avec un demi-point supplémentaire, les caquistes pourraient aller chercher plusieurs sièges de plus.»

Une majorité péquiste demeure-t-elle donc possible?

Kim Leclerc : «Oui. Ce n’est pas le scénario le plus probable, mais notre modèle lui accorde environ 28 % de probabilité. C’est donc à peu près une chance sur quatre.

Il faut toutefois comprendre qu’il s’agit d’une photographie de la situation actuelle. Ce n’est pas une prévision de ce qui va arriver dans quelques semaines. Si les sondages changent, les probabilités changent elles aussi.

Pour conclure, le PQ demeure en position très favorable, mais la marge de manœuvre est extrêmement mince. Dans cette zone de la campagne, une variation de quelques dixièmes de point peut faire basculer plusieurs circonscriptions d’un parti à l’autre. Les débats des chefs pourraient donc être particulièrement déterminants.»

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