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Élections provinciales de Nouvelle-Calédonie : les loyalistes gagnent du terrain, mais n'obtiennent pas la majorité au Congrès

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Publié le 28/06/2026 à 18:54 - Mis à jour le 28/06/2026 à 18:59

Sonia Backès, présidente de la liste Les Loyalistes-Le Rassemblement, a recueilli 50,14% des suffrages en province Sud, après le résultat du scrutin. [Delphine Mayeur / AFP]

Ce dimanche 28 juin avait lieu les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie qui ont marqué la victoire relative de la liste Les Loyalistes-Le Rassemblement, devant les candidats indépendantistes. Le scrutin aurait dû se dérouler en 2024, mais avait été reporté après des émeutes meurtrières.

Les partis non-indépendantistes ont gagné du terrain, ce dimanche 28 juin, lors des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, les premières depuis 2019, mais ils n'atteignent pas la majorité au Congrès du territoire, selon les résultats provisoires du haut-commissariat. La liste d'union Les Loyalistes-Le Rassemblement compte 24 des 54 sièges, contre 19 sous la précédente mandature, mais elle reste sous la majorité absolue de 28 sièges.

Les listes indépendantistes en totalisent 26, mais elles sont divisées en trois: le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) en réunit 16, l'UNI-Palika 7 et la Dynamique autochtone 3. Entre ces deux blocs, l'Éveil océanien (EO), un parti créé en 2019 pour représenter les quelque 22.000 Wallisiens et Futuniens de l'archipel, se retrouve en position d'arbitre avec quatre élus.

Les modérées en perdition

Le scrutin se caractérise par l'effondrement des listes non-indépendantistes modérées, parties divisées et dont aucune n'a atteint le seuil de 5% des inscrits nécessaire pour obtenir des sièges au détriment de l'union Les Loyalistes-Le Rassemblement, dans un climat polarisé depuis les émeutes de mai 2024.

En province Sud, qui regroupe 75% de la population et l'essentiel du tissu économique calédonien, la liste Les Loyalistes-Le Rassemblement, menée par la présidente sortante Sonia Backès, a recueilli 50,14% des suffrages, devant le FLNKS (15,59%) et l'Éveil océanien (10,2%), selon les résultats provisoires.

En province Nord, fief indépendantiste, l'UC-FLNKS a devancé l'UNI de Paul Néaoutyine (39,93% contre 35,72%), qui dirigeait la province depuis 1999. Aux îles Loyauté, l'UC-FLNKS et la Dynamique autochtone sont arrivés au coude-à-coude, devant le Palika.

"L'union a gagné"

Aucun camp ne disposant à lui seul d'une majorité au Congrès, l'heure est désormais aux tractations pour former une coalition et désigner un président de l'institution. "Tout l'enjeu, ça va être de pouvoir être unis", a commenté Laurie Humuni, élue pour le FLNKS, en appelant à "l'unité des indépendantistes, toutes couleurs confondues". Selon elle, l'accord de Bougival signé en 2025 avec l'Etat et qui avait divisé les indépendantistes "n'a plus sa place dans le paysage calédonien".

Côté non-indépendantiste, la leader de la province Sud, Sonia Backès, a salué devant ses partisans réunis à Nouméa "le choix d'un vote utile" et "un message sans ambiguïté sur le maintien de la Calédonie dans la République". "C'est l'union qui a gagné ce soir", a renchéri un autre chef de file loyaliste, Gil Brial.

Le scrutin a été marqué par une baisse de la participation, à 63,71% contre 66,50% en 2019, selon le haut-commissariat. Il s'est déroulé dans le calme, avec peu de queues dans les bureaux de vote, a constaté un journaliste de l'AFP. Environ 2.400 membres des forces de l'ordre étaient déployés.

Un mode de scrutin source d'émeutes meurtrières en 2024

Le scrutin reposait sur un corps électoral gelé depuis 2007: seuls votaient les résidents installés avant 1998 et leurs descendants. C'est précisément une tentative d'élargir cet électorat à des résidents plus récents qui avait déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024, qui ont fait 14 morts et plus de deux milliards d'euros de dégâts.

Au printemps, une loi organique a finalement intégré 10.575 natifs jusque-là exclus. Le corps électoral est ainsi passé de 169.000 inscrits en 2019 à 192.500. Le vote sert de test avant la reprise des négociations institutionnelles, que le Premier ministre Sébastien Lecornu a promise dès juillet, avec un objectif d'accord avant la fin de l'année.

Mais les positions restent éloignées. Le FLNKS réclame un nouveau cycle de discussions, quand une partie des loyalistes juge que les principaux compromis ont déjà été trouvés.

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