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Bassirou Diomaye Faye a limogé Ousmane Sonko le 22 mai 2026. Un geste qui se voulait une reprise en main. Mais dans les cercles politiques sénégalais, un parallèle circule depuis quelques heures, et il n’est pas flatteur pour le président : Abdou Diouf avait fait exactement la même chose avec Abdoulaye Wade. On connaît la suite.
Wade, Diouf, et un scénario qui se répète
Le précédent est connu des fins connaisseurs de la politique sénégalaise. Abdoulaye Wade avait été nommé Premier ministre par Abdou Diouf dans le cadre d’un gouvernement de cohabitation, déposé, puis reconduit après des législatives favorables, déposé à nouveau, avant de finir par remporter la présidentielle de 2000. Trois décennies de résistance, jalonnées de chutes qui s’avéraient à chaque fois des tremplins.
Sonko a 52 ans. Il a le temps.
Le limogeage du 22 mai le libère d’un bilan économique qui ne plaidait pas pour lui : une dette estimée à environ 130 % du PIB, une croissance sous pression, des réformes inachevées. Il repart les mains propres, officiellement victime d’une décision présidentielle. C’est exactement la position qu’il ne pouvait pas s’offrir lui-même en démissionnant.
Législatives anticipées, l’hypothèse qui change tout
Le vrai terrain de jeu sera l’Assemblée nationale. Le parti de Sonko, Pastef, y détient une majorité confortable. Si Faye dissout l’Assemblée pour nommer un Premier ministre qui lui soit loyal, des législatives anticipées deviennent inévitables. Et là, le scénario wadeiste prend toute son ampleur : Sonko campaigne en tribun libre, sans la contrainte du gouvernail, contre un pouvoir exécutif qu’il a contribué à installer et dont il peut maintenant dénoncer les dérives.
Peut-on vraiment exclure qu’il sorte renforcé de ce vote ?
Rien ne le confirme à ce stade. Les rapports de force peuvent se retourner, les alliances se recomposer. Mais une chose est quasi certaine : se faire déposer était, pour Sonko, bien plus rentable politiquement que de partir de lui-même. En acceptant le limogeage sans résistance visible, il a transformé une défaite administrative en récit de persécution. C’est du classique. Et ça marche.
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Jean-Paul Dzomo Nana
Journaliste pour 237online.com, Jean-Paul Dzomo Nana couvre l'actualité politique et diplomatique du continent africain.


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