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Le président de gauche a accusé la plateforme américaine de restreindre la circulation de ses contenus sur Instagram et WhatsApp.

Flavio Bolsonaro et Lula, à Sao Paulo (Brésil), le 18 octobre 2026. Flavio Bolsonaro et Lula, à Sao Paulo (Brésil), le 18 octobre 2026.

La justice électorale a donné vingt-quatre heures à Meta pour prouver que la plateforme réserve un traitement égalitaire sur ses réseaux aux campagnes du président sortant, Luiz Inacio Lula da Silva, et de son adversaire d’extrême droite, Flavio Bolsonaro.

Dans le cas contraire, Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, devra payer une amende d’un million de reales (environ 176 000 euros) par jour, selon un document du tribunal consulté par l’Agence France-Presse (AFP).

Le président de gauche Lula, 81 ans, en quête d’un quatrième mandat, et Flavio Bolsonaro, 45 ans, sont à égalité dans les sondages à quelques jours du deuxième tour.

Lula a dénoncé « l’interférence » de Meta dans l’élection brésilienne après avoir été devancé de peu au premier tour par Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Le président de gauche a accusé la plateforme américaine de restreindre la circulation de ses contenus sur Instagram et WhatsApp.

Par ailleurs, Lula a mis en garde contre la « sélectivité » des algorithmes du modèle d’intelligence artificielle de WhatsApp. Ce modèle refuserait selon lui de générer du contenu électoral qui lui soit favorable, ce qui ne serait pas le cas pour Bolsonaro. Son parti a saisi la justice électorale ainsi que l’Organisation des Etats américains.

Des « incidents » techniques selon Meta

Meta a nié tout parti pris dans les élections. L’entreprise a reconnu la désactivation par erreur d’annonces de campagne de Lula, l’attribuant à des « incidents » techniques qui n’affectent pas seulement le Brésil.

Jeudi, un juge du tribunal supérieur électoral a ordonné à la plateforme américaine d’appliquer les mêmes règles aux deux candidats. Le tribunal a interdit à Meta de réduire de façon inégale la portée des contenus électoraux, les recommandations et les résultats des recherches. Il était également demandé à Meta de ne favoriser aucun candidat avec son outil d’intelligence artificielle, comme l’ont dénoncé des usagers. L’arrêt du tribunal prévoyait déjà une amende de 500 000 reales par jour (88 000 euros) en cas de non-respect.

Dans sa nouvelle décision, le tribunal électoral a conclu que Meta n’avait pas prouvé qu’il avait mis en œuvre la majorité des injonctions antérieures. « La persistance de l’absence de mise en œuvre [des décisions], à quelques jours du second tour, met en évidence l’insuffisance de l’amende », selon cette décision antérieure.

Pendant la campagne, Lula a affirmé que le gouvernement américain tentait d’interférer dans les élections en faveur de Flavio Bolsonaro, dont le père et ancien président, Jair Bolsonaro (2019-2023), est un allié de Donald Trump.

Le Monde avec AFP