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Les dernières séances avant la démolition des trois grandes salles du cinéma Mercure d’Elbeuf auront lieu dimanche 26 avril 2026, lors d’une journée spéciale remplie d’émotions.
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Par Emilien Jacques Publié le 22 avr. 2026 à 21h35
Ce sera probablement l’une des journées les plus marquantes de l’histoire du Grand Mercure. Dimanche 26 avril 2026, à la veille du début des travaux de 18 mois qui transformeront en profondeur le cinéma d’Elbeuf (Seine-Maritime), seront diffusés dans les salles 1, 2 et 3, les derniers films avant leur démolition. « La fin d’un cycle », pour Richard Patry, patron emblématique du Mercure, présent lors de l’inauguration de ces trois salles en 1983, et qui a fait en sorte que dimanche soit une journée spéciale, tant pour les salariés que pour les spectateurs.
Une dernière danse
Il était déjà là, en 1983, quand les trois grandes salles du Mercure ont été inaugurées. À l’époque, Richard Patry n’était pas encore le patron du cinéma d’Elbeuf, ni celui des cinémas Noé, ni le président de la Fédération nationale des cinémas français. Il travaillait simplement en tant que guichetier, avec comme seul salaire les séances gratuites.
« J’ai déchiré le premier ticket de la grande salle », se rappelle-t-il. Alors forcément, pour les dernières projections dans les trois grandes salles avant qu’elles ne disparaissent, il voulait marquer le coup.
« On a voulu faire une dernière séance dignement », rapporte le natif d’Elbeuf, amoureux inconditionnel du grand écran. Si la salle 3 connaîtra une projection classique, avec en point d’orgue Michael, le biopic sur le roi de la pop Michael Jackson (à 19h30), ce qui se déroulera dans les deux autres salles n’aura rien de commun aux séances classiques.
43 ans après
Les adieux de la salle 1 débuteront à 14h30 avec le film Projet dernière chance, avec Ryan Gosling notamment, suivi de Marty Supreme, avec Timothée Chalamet, à 17h45.
Deux projections tout à fait exceptionnelles puisqu’elles seront en 70mm, un format de pellicule cinématographique rare que le Mercure d’Elbeuf est l’un des derniers cinémas au monde à utiliser et qui lui avait déjà valu les éloges de Christopher Nolan.

« On en fait une fois par an », précise Richard Patry. Proposer deux séances de ce type dans une après-midi est « totalement exceptionnel », souligne-t-il. Puis il en sera fini de celle qu’on nomme la grande salle.
L’émotion sera palpable également dans la salle 2, lorsqu’à 18h15 sera diffusé, comme lors de l’inauguration de 1983, le classique du cinéma français Papy fait de la résistance. Une manière de boucler la boucle et de tirer le rideau sur 43 ans de diffusion au Mercure. « On sera tous là, ça va être un moment important pour tout le monde », sait Richard Patry, qui suivra avec toute l’équipe du cinéma d’Elbeuf ces derniers moments privilégiés.
Tout reconstruire, ou presque
De cette salle 2, les spectateurs pourront ramener un souvenir peu commun, à condition qu’ils viennent avec une clé de 13. Cela peut paraître une idée saugrenue, mais elle permettra de repartir littéralement avec son siège sous le bras, et emporter avec soi un bout de l’histoire du Mercure.
Il y a 180 fauteuils, tout doit disparaître. C’est une forme de tradition, quand un cinéma ferme pour travaux, à la fin du film, vous pouvez démonter votre fauteuil.
Ceux qui ne trouveront pas preneurs seront détruits, tandis que ceux des salles 1 et 3, plus récents, seront réutilisés et participeront au renouveau du Grand Mercure.
Cette renaissance du cinéma d’Elbeuf débutera donc le lundi 27 avril 2026, pour un chantier long de 18 mois à l’issue duquel cinq salles flambant neuves verront le jour en lieu et place des salles 1, 2 et 3. Durant cette période, seules les salles 4 et 5, construites en 1997 et situées à l’entrée du cinéma resteront ouvertes.
« On pourra continuer à venir au cinéma à Elbeuf », rassure Richard Patry. Pour le reste, tout sera reconstruit « avec une exigence très forte », rappelle-t-il. Resteront figés les emblématiques piliers extérieurs, pensés par Marcel Lods et Raymond Laquerrière, architectes d’un Grand Mercure érigé en 1963.
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