Alors que plus d'un enseignant sur dix étaient en grève mardi pour protester contre le manque de moyens, une étude de l'OCDE confirme un mal-être au sein de la profession en France. Les enseignants français sont plus nombreux à se plaindre de leurs salaires et conditions de travail que dans le reste de l'OCDE.

Cyrielle Thevenin - Aujourd'hui à 06:45 - Temps de lecture :

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Un peu plus d'un enseignant sur dix (13,71%) était en grève ce mardi, selon les données du ministère de l'Education nationale. Ils protestent, aux côtés du reste de la fonction publique, contre le recul du pouvoir d'achat et réclament plus de moyens. « Les personnels tiennent à bout de bras un service public d'Éducation exsangue, asphyxié par des années de suppressions de postes et de coupes budgétaires », souligne le syndicat Snes-Fsu.

Hasard du calendrier, c'est ce mardi que l'OCDE publiait son enquête "regards sur l'éducation", dont l'accent a été mis cette année sur les pénuries d'enseignants. Cette enquête confirme leur mal-être en France : seulement 4% des enseignants français estiment que l'enseignement est valorisé dans la société, le plus faible niveau de l'ensemble des pays présents dans l'enquête.

Des enseignants moins bien payés 

Seul un quart des enseignants français se disent satisfaits de leur salaire (26,6%). C'est plus de dix points de moins que dans le reste de l'OCDE (38,7%). En 2025, un enseignant de collège titulaire du Capes et avec 15 ans d'ancienneté gagnait 18% de moins que la moyenne observée dans les pays de l'OCDE. L'écart est plus limité en début de carrière (-2%) et en fin de carrière (-4%). Sur les dix dernières années, le salaire d'un enseignant de collège titulaire du Capes et avec 15 ans d'ancienneté a même diminué en France en euros constants, contrairement à la plupart des autres pays où il a augmenté.

Seulement un quart des enseignants se disent satisfaits de leur salaire. Photo d'illustration Sipa/Philippe Lissac

Seulement un quart des enseignants se disent satisfaits de leur salaire. Photo d'illustration Sipa/Philippe Lissac

Les enseignants français sont aussi moins nombreux que dans le reste de l'OCDE à se déclarer satisfaits de leurs conditions d'emploi (58,7% contre 68,4% en moyenne dans les pays de l'OCDE). Ils assurent en moyenne plus d'heures d'enseignement annuel que leurs collègues : 900 heures d'enseignement élémentaire, contre 770 dans l'OCDE et 720 dans le premier cycle du secondaire, contre 710 dans l'OCDE.

7,1% d'enseignants contractuels

Malgré ces difficultés, les enseignants quittent peu la profession. La France présente même l'un des taux d'attrition les plus faibles des pays de l'OCDE (1,9% contre 6,4% en moyenne dans l'OCDE). Le départ à la retraite est la principale cause de départ en France (83%). Toutefois, les enseignants démissionnaires avec moins de 5 ans d'expérience représentent près de la moitié (40%) de l'ensemble des enseignants démissionnaires. C'est nettement moins qu'au Luxembourg (74%) ou en Autriche (69%) mais légèrement supérieur à la moyenne de l'OCDE (38%).

La France présente aussi un taux de postes non pourvus relativement faible (0,4%). Mais ce taux ne rend pas compte de l'impact des absences temporaires d'enseignants pendant l'année scolaire. La Cour des comptes a estimé qu'environ 9% des heures d'enseignement ont été perdues dans le premier cycle de l'enseignement secondaire public sur l'année 2023-2024, rappelle l'organisation dans son rapport. Cette année-là, 7,1% des enseignants dans les établissements publics en France étaient des contractuels. C'est une proportion inférieure à la moyenne de l'OCDE (9,1%) mais en progression par rapport à 2017 (+2,1%).

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